Bannière sponsorisée

Aucune catégorie ou étiquette associée.

Recours devant le Conseil d’Etat : Anthony Brun, président de l’UGVC voit dans le Collectif 78.37 une démarche « plus individuelle que collective »

20 mai 2026 Par Nina Couturier
Recours devant le Conseil d’Etat : Anthony Brun, président de l’UGVC voit dans le Collectif 78.37 une démarche « plus individuelle que collective »

Le président de l’UGVC dénonce une initiative anonyme qu’il juge étrangère à toute logique de défense collective et potentiellement lourde de conséquences pour la filière

Sans se prononcer sur le fond du dossier à ce stade, Anthony Brun, président de l’UGVC, livre une appréciation très nette sur la nature de la requête qui n’a, pour lui, « rien d’une démarche réellement collective », mais un comportement qui soulève déjà, selon lui, de nombreuses questions et pourrait entraîner de lourdes conséquences pour la filière, à un moment où elle n’en avait pas besoin.

Un recours qui fait monter les tensions dans la filière

Le dossier a changé de nature depuis la confirmation, par l’INAO, de l’existence d’un recours introduit en avril devant le Conseil d’État contre l’arrêté interministériel du 20 février 2026 fixant le rendement à l’hectare de certains vins d’appellation d’origine contrôlée de la récolte 2025. 

Derrière cette procédure, c’est le rendement annuel Cognac applicable à la campagne 2026 qui se trouve questionné. Et le calendrier ajoute de la sensibilité du dossier : saisi en avril, le Conseil d’État pourrait, selon les délais généralement observés en la matière pour ce type de recours en premier ressort, se positionner au cours du mois de juin. 

Une échéance scrutée de près, alors que la déclaration d’affectation 2026 peut être modifiée jusqu’au 31 juillet. Dans ce contexte, et compte tenu des conséquences qu’une décision pourrait avoir sur les choix de production, il sera prudent, pour les viticulteurs, d’attendre la position du Conseil d’État avant d’arrêter leur déclaration.

Anthony Brun condamne une action qui “n’a rien de collectif”

Réagissant à l’initiative engagée contre le rendement Cognac, Anthony Brun, président de l’UGVC, livre une appréciation sévère de la démarche. S’il précise que, du fait de l’anonymat entourant le collectif, il ne dispose « que des informations qui lui sont transmises », il n’en considère pas moins, à titre personnel, que cette action « n’est pas collective », entrainant de nombreuses question et potentiellement de lourdes conséquences pour la filière dans une période déjà extrêmement tendue. Si sur le fond, le président de l’UGVC indique vouloir «  prendre pleinement connaissance du dossier » avant toute suite, tout en assurant que le syndicat resterait « attentif » et « agirait comme il se doit », son jugement est en revanche sans ambiguïté sur la forme : le comportement à l’origine de ce recours « ressemble plus à un intérêt individuel que collectif » et ne correspond pas à ce que défend le syndicat.

Dans le vignoble, un anonymat du collectif qui nourrit les interrogations

Au-delà de la réaction syndicale, l’un des éléments qui revient le plus dans les échanges sur le terrain tient à l’anonymat revendiqué par le collectif 78.37. Plusieurs viticulteurs s’interrogent sur l’identité réelle de ceux qui se cachent derrière cette structure, sur leur nombre, sur leurs fonctions exactes et, surtout, sur les intentions qui sous-tendent une telle stratégie de discrétion. Sans avancer de noms ni de certitudes, beaucoup relèvent que la forme prise par cette initiative alimente inévitablement les spéculations et contribue à tendre encore davantage le climat. Dans une filière déjà secouée par la crise, certains jugent que l’anonymat protège peut-être ses auteurs, mais qu’il fragilise dans le même temps la possibilité d’un débat assumé à visage découvert sur un sujet aux conséquences potentiellement majeures pour l’ensemble du vignoble.

À lire aussi