La recherche d’unité au cœur des enjeux et des priorités
Élu le 27 mai 2026 à la présidence de l’UGVC pour un mandat de trois ans, Julien Massé prend la tête d’un Copil renouvelé dans un contexte de crise pour la viticulture charentaise, marqué par la baisse des expéditions, les tensions économiques et les interrogations sur l’avenir des exploitations. Dans ses premières prises de parole, le nouveau président place l’unité au centre de son mandat, revendique une gouvernance collective, ouverte à tous les profils d’exploitations. L’objectif : faire fi des dissentions et erreurs du passé pour restaurer la confiance au sein et autour du syndicat dans un contexte où la viticulture doit montrer de l’unité pour faire face à la crise, sur fond de tensions, d’initiatives contestataires anonymes, du débat sur l’arrachage et des incertitudes réglementaires qui pèsent aujourd’hui sur les choix de campagne.
Autour de Julien Massé, la nouvelle équipe du Copil réunit Guillaume Duluc à la vice-présidence, Gaëtan Bodin au secrétariat général, Matthieu Augier au secrétariat général adjoint, Delphine Bellebeau en tant que trésorière et Yannick Moreau en tant que trésorier adjoint.
Légende photo : Le nouveau Copil de l’UGVC. De gauche à droite, Gaëtan Bodin, Yannick Moreau, Guillaume Duluc, Julien Massé, Delphine Bellebeau et Matthieu Augier. © UGVC
Une élection collective pour installer une gouvernance resserrée
Julien Massé n’a pas voulu d’une candidature solitaire. Pour prendre la présidence de l’UGVC, il a choisi de se présenter avec une équipe constituée et de porter une démarche collective jusqu’au vote. Son idée : engager le Copil sur une même trajectoire dès l’élection. Il le dit simplement, il voulait « y aller en équipe » et faire en sorte que tous soient élus ensemble, afin de « lier [leurs] destins jusqu’au bout ».
Ce choix a donné le ton de la séquence du 27 mai. La nouvelle gouvernance s’est installée sur la base d’un vote collectif, avec la volonté de poser immédiatement un cadre de travail commun. L’enjeu n’était pas seulement de désigner un président, mais de mettre en place un exécutif capable de fonctionner rapidement dans une période tendue pour la viticulture charentaise.
Autour de Julien Massé, l’équipe réunit donc Guillaume Duluc à la vice-présidence, Gaëtan Bodin au secrétariat général, Matthieu Augier au secrétariat général adjoint, Delphine Bellebeau en tant que trésorière et Yannick Moreau en tant que trésorier adjoint. La composition du Copil répond à une recherche d’équilibre entre renouvellement et expérience. Julien Massé explique avoir voulu rassembler des profils « à la fois renouvelés », mais aussi des personnes disposant déjà d’une expérience utile pour entrer rapidement dans les dossiers.
Cette recherche d’équilibre vaut aussi pour la représentation des sensibilités viticoles. Le nouveau président insiste sur la diversité des exploitations réunies dans l’équipe, avec des profils, des avis et des réalités économiques différentes, afin que les décisions soient confrontées, dès leur élaboration, aux conséquences concrètes sur le terrain.
L’objectif est clair : faire en sorte que les principaux métiers et les différents crus trouvent leur place dans la gouvernance.
Cette volonté de cohésion s’accompagne d’un cadre plus strict sur le plan interne. Matthieu Augier défend une ligne de fermeté sur les responsabilités exercées au sein du syndicat. À ses yeux, il est « hors de question » de siéger au syndicat, au comité permanent ou dans une représentation extérieure tout en appartenant à un collectif parallèle. Une charte de déontologie sur les attendus des viticulteurs élus sera mise en place, pour préciser ces incompatibilités et fixer plus nettement les règles de fonctionnement attendues pour cette nouvelle mandature.
L’unité comme réponse aux fractures actuelles
Dès ses premiers mots, Julien Massé place son mandat sous le signe du rassemblement. Plus qu’un positionnement de principe, il en fait une ligne de conduite dans une période où les tensions se multiplient au sein de la filière. Son message est limpide : « l’enjeu, c’est vraiment l’unité ». Il dit avoir voulu construire un collectif capable de travailler malgré les écarts de sensibilité, en réunissant des personnes aux parcours, aux opinions et aux modèles d’exploitation différents.
Julien Massé insiste sur la nécessité de « bosser ensemble », de « s’écouter » et de « trouver des solutions qui conviennent à tout le monde ».
Dans son esprit, l’enjeu n’est pas d’effacer les divergences, mais d’empêcher qu’elles se transforment en fractures durables dans un moment où la viticulture charentaise traverse une crise profonde. Comme il le répète : « Tout seul, on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin. L’heure n’est plus aux divisions, mais à la défense de la viticulture » et en rappelant que « nous ne sauverons pas la viticulture en opposant les viticulteurs entre eux ».
Cette volonté de rassemblement passe aussi par une forme de clarification vis-à-vis des années passées. Julien Massé reconnaît que le syndicat a été sanctionné par une perte d’adhérents et il considère que ce signal doit être entendu. « On a perdu des adhérents, c’est une sanction, elle est méritée, on l’a compris », dit-il. Mais il fixe aussitôt une limite : « attention, à vouloir punir l’UGVC, peut-être par des décisions d’avant, on fragilise le collectif ».
Autrement dit, la critique des choix passés ne doit pas conduire à affaiblir davantage l’outil syndical dans une période où les exploitations ont besoin de cadre et de représentation.
Cette ligne trouve un écho dans les propos de Matthieu Augier, qui décrit lui aussi une volonté de « remettre un peu les choses à plat et partir sur de bons rails ». Derrière cette formule, il y a l’idée d’un nouveau départ, mais aussi d’un resserrement des règles internes face aux tensions en cours. L’unité, dans cette séquence, n’est donc pas seulement invoquée comme un mot d’ordre. Elle est présentée comme une condition de fonctionnement, de crédibilité et de défense collective dans une filière traversée par les doutes.
Une ligne d’horizon à reconstruire ensemble et dans le temps
La nouvelle équipe ne veut pas s’installer dans l’urgence sans clarifier son organisation. Julien Massé dit vouloir « prendre notre temps pour toujours maintenir cette unité », tout en avançant sur les désignations encore à venir. Après l’élection du Copil, l’UGVC doit encore compléter sa gouvernance avec les référents de cru, les membres du comité permanent et les représentations extérieures. Le calendrier est posé : ces étapes doivent être finalisées « d’ici fin juin ».
Cette phase de construction doit aussi permettre de mieux expliquer le rôle des instances aux administrateurs et aux adhérents. Matthieu Augier indique que les prochaines semaines serviront à « prendre le temps d’expliquer les postes », mais aussi à détailler « le rôle des commissions, les groupes de travail ». L’objectif est de rendre plus lisible l’architecture interne de l’UGVC et des instances en permettant aux nouveaux élus de s’approprier les sujets, d’expliquer ce que recouvrent les différentes commissions, les groupes de travail associés et ce qui a été mené au cours de la précédente mandature.
Il s’agit moins de communiquer que de remettre à plat le fonctionnement de la maison et de donner à chacun des repères sur les responsabilités exercées.
L’objectif affiché est de rouvrir des espaces de participation au moment même où la confiance s’est érodée. Julien Massé dit vouloir « ouvrir au maximum » et encourager les viticulteurs à revenir voir « ce qu’on fait ». Une réunion de présentation de l’équipe et des projets est envisagée avant la pause estivale, « fin juin ou courant juillet », pour prolonger cette volonté de remise en dialogue.