Face aux conséquences de la sécheresse et des épisodes de canicule de l’été 2026,
Banque Populaire annonce la mise en place d’un plan exceptionnel destiné aux exploitations agricoles et viticoles. Le dispositif repose sur trois axes principaux : le soutien à la trésorerie, le réaménagement de la dette pour les situations les plus fragiles et l’accompagnement des investissements visant à renforcer la résilience des exploitations face aux futurs épisodes climatiques. Les douze Banques Populaires régionales doivent adapter ces mesures aux réalités de leur territoire.
Cette annonce intervient dans un contexte de forte tension sur la ressource en eau. Selon le communiqué, 95 départements ont été concernés cet été par des restrictions d’eau, dont 79 placés en situation de crise. Le plan bancaire s’inscrit par ailleurs dans le prolongement du dispositif d’urgence de plus d’un milliard d’euros annoncé début septembre par le gouvernement pour soutenir les exploitations touchées par la sécheresse et la canicule.
Des crédits de trésorerie à taux plafonné
Le premier volet du dispositif concerne les besoins immédiats de financement. Banque Populaire indique vouloir accélérer le renouvellement des crédits de campagne et examiner les situations au cas par cas. Pour les exploitations disposant encore d’une capacité d’endettement, des crédits de trésorerie spécifiques pourront être proposés afin de couvrir certaines dépenses devenues plus lourdes, notamment l’achat de fourrage, la hausse du coût des intrants ou encore celle du GNR. Le communiqué précise que ces financements pourront bénéficier de conditions préférentielles avec un taux plafonné à 2,5 %.
Ce type de mesure vise principalement à éviter qu’un choc climatique ponctuel ne se transforme en difficulté durable de trésorerie. Dans les exploitations agricoles et viticoles, où les cycles de production peuvent être longs et les charges concentrées sur certaines périodes, la combinaison d’une baisse de rendement, de surcoûts liés à l’alimentation animale, à l’irrigation ou aux intrants et d’une hausse des besoins de trésorerie peut rapidement peser sur les équilibres financiers.
Réaménagement des dettes pour les exploitations les plus fragiles
Pour les structures davantage affectées, Banque Populaire prévoit également des solutions de réaménagement des dettes. Après étude de chaque situation, les banques régionales pourront proposer des reports d’échéances lorsque cela est possible ou des restructurations plus larges. Le communiqué cite notamment le recours au dispositif RDRTEA, le prêt de réaménagement des dettes et de renforcement de la trésorerie des exploitations agricoles, bénéficiant d’une garantie de Bpifrance.
L’objectif est ici de redonner de la marge de manœuvre à des exploitations qui restent économiquement viables mais dont la structure financière a été fragilisée par l’accumulation de charges exceptionnelles, la baisse des volumes produits ou le décalage de certaines recettes. Ce type de restructuration ne constitue toutefois pas une réponse uniforme : les modalités doivent dépendre de la capacité de remboursement, de l’endettement déjà existant et des perspectives propres à chaque exploitation.
Financer l’adaptation face aux prochains épisodes climatiques
Au-delà de la gestion de l’urgence, le troisième volet du plan porte sur la résilience. Banque Populaire prévoit de mobiliser des enveloppes de refinancement de la Banque européenne d’investissement ainsi que différents dispositifs de garantie du Fonds européen d’investissement, dont INAF et certains mécanismes régionaux. Ces outils doivent contribuer au financement d’investissements permettant aux exploitations de mieux faire face à de futurs épisodes de chaleur et de sécheresse.
Le communiqué ne détaille pas la nature précise des investissements qui pourront être accompagnés, ceux-ci étant appelés à varier selon les territoires et les filières. Dans les faits, la notion de résilience peut recouvrir des besoins très différents selon les exploitations : sécurisation de l’accès à l’eau, adaptation des bâtiments, évolution des équipements, modification de certains itinéraires techniques ou encore investissements destinés à réduire la vulnérabilité aux fortes chaleurs.
Anthony Clément, directeur du développement professionnels et entreprises Banque Populaire, résume ainsi la logique du dispositif : apporter des réponses rapides sur la trésorerie, réaménager les dettes lorsque cela devient nécessaire et permettre aux exploitations d’investir pour mieux résister aux prochains épisodes climatiques. Le plan doit être décliné localement par les douze Banques Populaires régionales, en lien direct avec les clients agricoles et viticoles.
Pour les exploitants concernés, l’enjeu sera donc de se rapprocher de leur interlocuteur bancaire afin d’évaluer les mesures effectivement disponibles dans leur région et leur adéquation avec la situation économique de l’exploitation. Le cadre annoncé est national, mais sa mise en œuvre doit rester territorialisée, avec des réponses ajustées à la réalité de chaque dossier.
Source : Groupe BPCE