Entreprises, artisans, commerçants, industriels, start-up, indépendants mais aussi exploitations agricoles sont invités à présenter leurs projets en faveur de la prévention et de la réduction des déchets.
Pour son édition 2026, le concours « J’agis pour réduire » mobilise une enveloppe globale de 20 000 euros afin d'accompagner trois initiatives développées sur le territoire charentais. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 1er novembre.
Transformer un déchet en ressource, réduire les emballages, repenser un procédé de fabrication, favoriser le réemploi ou encore concevoir un produit générant moins de déchets : derrière l'économie circulaire se trouvent souvent des initiatives très concrètes, dont le déploiement dépend autant de l'innovation technique que de la capacité des entreprises à faire évoluer leurs pratiques.
C'est précisément ce type de démarches que souhaite mettre en lumière le Comité J'agis pour Réduire, qui lance une nouvelle édition de son concours départemental. Coordonné par Calitom, service public des déchets de la Charente, le dispositif est ouvert depuis le 1er août aux professionnels implantés dans le département ou y exerçant leur activité. L'objectif affiché est de repérer des projets innovants permettant de réduire la quantité de déchets produits ou leur nocivité, tout en favorisant leur développement à l'échelle locale.
L'opération s'inscrit dans une politique départementale plus large. Issu du débat public conduit en Charente en 2017, le Comité J'agis pour Réduire rassemble les collectivités du territoire autour des politiques de prévention ; le programme poursuit désormais un objectif de réduction de 30 % des déchets à l'horizon 2030.
Des projets agricoles également éligibles
Si la communication du concours évoque principalement les entreprises artisanales, commerciales et industrielles, le règlement ouvre plus largement la candidature aux structures professionnelles exerçant en Charente. Les exploitations agricoles sont ainsi explicitement mentionnées parmi les entités susceptibles de présenter un projet, aux côtés des entreprises individuelles, TPE, PME ou start-up ; les associations sont en revanche exclues du dispositif.
Pour les filières agricoles et viticoles, le champ d'application peut donc être particulièrement large. Optimisation des emballages, réutilisation de contenants ou de matériaux, valorisation de coproduits, réduction des consommables à usage unique, écoconception ou mutualisation d'équipements peuvent, selon les projets, s'inscrire dans les grands principes recherchés par le concours.
Calitom met d'ailleurs quatre axes en avant pour cette édition : l'écoconception des matières et des procédés, la sensibilisation des parties prenantes, l'optimisation des emballages et des achats durables, ainsi que le réemploi, la réparation, la transformation ou la réutilisation des matériaux.
Cette ouverture au monde agricole n'est pas anodine. L'édition 2025 avait déjà récompensé des initiatives touchant notamment à l'alimentation et à la valorisation de ressources : parmi les projets distingués figurait ainsi la transformation de drêches de brasserie en farine destinée à la fabrication de pain, associée à la réutilisation de pain invendu dans une bière.
Trois prix, de 3 000 à 10 000 euros
Pour 2026, trois catégories permettront de distinguer des projets à des niveaux de maturité et selon des approches différentes.
Le Grand Prix « J'agis pour réduire », doté de 10 000 euros, récompensera le projet jugé le plus innovant et capable de répondre aux grands principes de l'économie circulaire. Un deuxième prix, intitulé « J'agis pour réduire les déchets chez mes clients », attribuera 7 000 euros à une solution ayant un impact sur les déchets produits ou générés chez les clients de l'entreprise. Enfin, le prix « J'agis pour réduire mes déchets », doté de 3 000 euros, concernera les démarches internes permettant à une structure de réduire ses propres déchets.
Au total, 20 000 euros seront donc consacrés à l'accélération des trois projets lauréats. À cette dotation financière s'ajoutera une valorisation des entreprises auprès du réseau des collectivités du département.
L'innovation ne sera pas le seul critère
Le jury ne s'intéressera toutefois pas exclusivement à la nouveauté technique. Le règlement prévoit une analyse plus large des candidatures, avec notamment la capacité à mesurer effectivement la réduction des déchets, l'impact du projet sur le territoire charentais, son utilité sociétale, son caractère collaboratif, sa pérennité économique ou encore sa possibilité d'être reproduit à plus grande échelle.
Cette approche est particulièrement intéressante dans le contexte de l'économie circulaire, où une innovation spectaculaire mais difficilement applicable peut avoir moins d'impact qu'une solution relativement simple, économiquement viable et reproductible par de nombreuses entreprises.
Le projet présenté peut d'ailleurs être de nature très différente : technique, scientifique, commerciale, organisationnelle ou méthodologique. Le règlement impose surtout qu'il soit innovant, qu'il produise un impact sur la prévention des déchets en Charente et qu'il soit suffisamment documenté pour permettre son évaluation.
Dix projets pourront accéder à la finale
Les candidats ont jusqu'au 1er novembre 2026 à 23 h 59 pour remettre leur dossier. Celui-ci doit notamment comprendre une présentation complète du projet, un plan de financement équilibré, au moins un élément visuel permettant de l'illustrer ainsi qu'un justificatif attestant l'existence juridique de la structure. La participation est gratuite.
Les dossiers seront ensuite examinés par un jury intermédiaire au cours de la semaine 45. Jusqu'à dix projets pourront être sélectionnés pour participer à la finale, organisée le 2 décembre 2026 ; chaque finaliste disposera alors de dix minutes pour présenter son initiative devant le jury, avant la délibération et la remise des trois prix.
Calitom prévoit également un accompagnement pendant la période de candidature : les porteurs pourront compléter progressivement leur dossier et solliciter le service Zéro Déchet afin d'en améliorer la lisibilité, d'en vérifier la cohérence ou d'identifier certains éléments manquants, sans que cet accompagnement n'intervienne dans la présélection des projets.
Après une sixième édition organisée en 2025, le concours poursuit ainsi son installation dans le paysage économique charentais. Pour les entreprises comme pour les exploitations agricoles, l'enjeu dépasse la seule récompense financière : il s'agit également de montrer que la réduction des déchets peut devenir un sujet d'innovation, de maîtrise des coûts et de création de nouvelles pratiques, plutôt qu'une contrainte supplémentaire.