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Le réemploi sous les projecteurs à Millésime Bio 2026

27 janv. 2026 Par La Rédaction
Le réemploi sous les projecteurs à Millésime Bio 2026

À l’occasion de Millésime Bio,

France Consigne et Adelphe ont officialisé, le 26 janvier, un partenariat destiné à structurer et à massifier le réemploi des bouteilles dans la filière viticole. L’accord, formalisé par Anne-Claire Degail (co-présidente de France Consigne), Clémence Hugot (coordinatrice nationale de France Consigne) et Yannick Astesana (directeur délégué d’Adelphe), vise à mobiliser l’ensemble des acteurs (vignerons, caves coopératives, collecteurs, centres de lavage et distributeurs) autour d’un objectif opérationnel : faciliter le passage au réemploi via des actions pratiques (webinars, guides, sensibilisation sur salons, dispositifs de financement).

Le partenariat s’inscrit dans un cadre règlementaire contraignant : la loi AGEC fixe des objectifs de réemploi ambitieux  (dont un seuil national ciblé à 10 % d’unités vendues en réemploi pour les metteurs en marché dépassant 10 000 unités d’ici 2027) et des obligations déclaratives pour les professionnels concernés. Ces jalons rendent urgente la mise en place de solutions industrialisables et standardisées.

France Consigne et Adelphe présentent leur action comme complémentaire au dispositif ReUse, une initiative portée par Citeo/Adelphe visant à déployer à l’échelle nationale des boucles de réemploi opérationnelles en distribution. Là où ReUse expérimente et structure la boucle logistique en grande distribution, le nouveau partenariat cible plus spécifiquement les acteurs de la filière vin : conseils techniques, aides au financement, et déploiement de chaînes de collecte et de lavage adaptées.

Sur le salon, Oc’Consigne (adhérent France Consigne) et Adelphe ont mis en place un dispositif de collecte de bouteilles réemployables, démontrant que le réemploi peut être traduit en actions concrètes dès aujourd’hui, tant pour sensibiliser que pour approvisionner des centres de lavage industriels. Par ailleurs, une table ronde organisée le 27 janvier a réuni acteurs publics, entreprises de conditionnement (Verallia), syndicats d’appellation et producteurs engagés pour débattre des leviers de réduction de l’empreinte carbone : déploiement du réemploi et allègement des contenants, deux approches complémentaires pour la décarbonation.

Si l’initiative est saluée pour son pragmatisme, plusieurs obstacles structurels persistent : logistique de collecte et de redistribution, coût des opérations de lavage et de transport, standardisation des formats de bouteilles, acceptation économique du modèle par l’ensemble des maillons, et comportement des consommateurs. Des retours d’expérimentation (notamment le déploiement pilote de ReUse) montrent que le taux de réemploi reste faible aujourd’hui et que la massification exigera des investissements et des incitations structurantes. Le partenariat France Consigne–Adelphe apparaît donc comme une étape utile  (mais non suffisante) dans une trajectoire qui demandera convergence technique, financements et adaptations réglementaires.

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