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Face aux crises agricoles, l’Académie d’agriculture de France plaide pour un grand débat national

25 févr. 2026 Par La Rédaction
Face aux crises agricoles, l’Académie d’agriculture de France plaide pour un grand débat national

Dans un avis publié en février 2026,

le bureau de l’Académie d’agriculture de France appelle à l’organisation d’un grand débat national sur l’avenir de l’agriculture et des systèmes alimentaires. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué, depuis plusieurs années, par des mobilisations récurrentes d’agriculteurs, révélatrices d’une « crise agricole sévère ».

Selon l’Académie, la situation actuelle ne peut être réduite à une crise unique. Elle renvoie à une multiplicité de tensions agricoles, alimentaires et environnementales, qui traduisent des difficultés structurelles profondes. Les revendications professionnelles portent notamment sur les revenus, la compétitivité, le renouvellement des générations, les contraintes réglementaires, la lutte contre les maladies ou encore l’évolution de la politique agricole commune (PAC).

Mais ces enjeux dépassent le seul cadre agricole. Le système alimentaire, de la production à la consommation, dépend également des industries agroalimentaires, de la distribution et des comportements des consommateurs. Il s’inscrit dans un environnement international structuré par les règles de l’Union européenne, les accords commerciaux et les équilibres mondiaux. À ces dimensions économiques et géopolitiques s’ajoutent les défis environnementaux, notamment le changement climatique, l’érosion de la biodiversité et la pression sur les ressources en eau et en sols.

L’Académie identifie plusieurs défis majeurs : garantir des revenus décents et le respect des actifs agricoles et des salariés des filières ; assurer la souveraineté alimentaire à différentes échelles ; offrir une alimentation saine et accessible à tous ; contribuer à la lutte contre le changement climatique et à l’adaptation ; préserver les ressources naturelles et la santé humaine.

Pour répondre à ces enjeux, l’institution estime que les systèmes agricoles et alimentaires doivent s’inscrire dans une perspective agroécologique et sylvoécologique, adaptée aux contextes territoriaux et aux différentes filières, y compris en outre-mer. Elle souligne toutefois que les trajectoires de transition devront être pensées collectivement, à travers l’élaboration de scénarios, l’évaluation de leurs impacts et un dialogue permettant une adaptation progressive, socialement et économiquement acceptable.

Considérant que les objectifs comme les modalités de la transition relèvent de choix de société, l’Académie appelle l’État à fixer un cadre pour un débat large, informé par les connaissances scientifiques. Ce débat devrait, selon elle, associer agriculteurs, filières, citoyens et acteurs publics, avec une forte dimension régionale et une articulation avec les initiatives existantes, telles que les conférences de la souveraineté alimentaire.

Forte de plus de 600 membres (scientifiques et praticiens français et étrangers) l’Académie d’agriculture de France indique être prête à contribuer à cette réflexion à travers ses rapports, avis, groupes de travail et son encyclopédie en ligne. Plusieurs de ses publications récentes appellent déjà à un nouveau pacte social entre la société et les agriculteurs.

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