Association Viti-Bio

10 mars 2009

Parcours assez exemplaire que celui de Viti-bio. En quatre ans, l’association a réussi à jouer un rôle actif sur le marché des vins bio tout en ne négligeant pas le côté « éthique » de la profession, notamment par l’approche technique. A la tâche, David Ramnoux s’est révélé un excellent animateur.

Président de l’association Viti-bio, David Ramnoux a annoncé en A.G. qu’il abandonnerait son poste l’an prochain, tout en continuant d’épauler ses collègues au sein du conseil d’administration. Les éloges accompagnent souvent les départs. En ce qui concerne le président de Viti-bio, son rapport moral 2002 a encore prouvé que langage clair et pensée claire constituaient les deux faces d’une même pièce. « On n’exprime clairement que ce que l’on pense clairement. » « Etre bio, a-t-il dit, n’est pas ou n’est plus synonyme d’un débouché assuré pour tous. C’est un début et non un aboutissement, que ce soit sur le plan technique ou commercial. Certes, la demande existe mais il faut aller chercher le client avec un produit irréprochable, dans un marché qui devient de plus en plus concurrentiel. Depuis quatre ans, l’association a créé une dynamique collective qui commence à porter ses fruits. Le regroupement est une affaire de bon sens. »

Alain Rouby, secrétaire de l’association, a indiqué les deux axes majeurs qui sous-tendaient Viti-bio : la recherche de débouchés et les questions techniques et réglementaires. « Viti-bio n’est pas une agence commerciale mais une association qui se positionne entre viticulteurs et acheteurs. Elle regroupe des volumes et des informations pour mieux connaître le potentiel de production et mettre en relation les deux parties. » Sur la campagne 2002, cette organisation s’est révélée particulièrement efficace sur les jus de raisin. L’idée consistait à négocier directement avec les acheteurs finaux, afin d’augmenter les marges revenant aux viticulteurs. Une prise de contact précoce a permis de bien définir les exigences des acheteurs, de mettre en place une organisation collective et de fournir des garanties qualitatives (refroidissement des jus de raisin à la sortie du pressoir, absence d’additif quelconque, etc.). Un marché important s’est concrétisé auprès d’un acheteur, Foulon-Sopagly, à un prix rémunérateur. Lorsque l’association favorise une vente, l’adhérent verse une cotisation dite de « soutien », équivalente à 2 % du chiffre d’affaires. Un principe « d’équité » retenu par Viti-bio pour conserver à la cotisation de base (30 euros) son caractère attractif.

Interdépendance du marché et de la technique

« Marché et techniques sont interdépendants. » Ce qui s’annonce comme de plus en plus vrai pour l’agriculture conventionnelle (voir la traçabilité), l’a toujours été pour l’AB, où le cahier des charges faisait figure d’épine dorsale du système. Mais les exigences évoluent et les contraintes réglementaires avec. Les producteurs bio sont confrontés depuis plusieurs années déjà à la réduction des doses de cuivre. La réglementation l’impose mais aussi les marchés et, quelque part, « l’éthique de la profession ». « Nous faisons de l’agrobiologie et nous devons aller au bout de la démarche » note D. Ramnoux. Pas question bien sûr de remettre en cause l’utilisation du cuivre. Il conditionne non seulement la récolte mais aussi la qualité du vin. Par contre, l’heure est au raisonnement des apports. En 2002, les doses ont oscillé entre 4 000 et 8 000 g/ha, soit bien moins que les doses autorisées. Les essais fongicides bio conduits depuis trois ans à Bréville y sont sans doute pour quelque chose. Mis en place en 2000 sous l’initiative de l’association, suivis par Yann Lefèvre, de la Chambre d’agriculture 16 à partir d’un protocole défini par l’ITAB (Institut technique de l’agriculture biologique), ils ont pour but de mesurer les effets des différentes stratégies cuivre et d’essayer de trouver des substituts au cuivre. Si la phytothérapie à base de purin de prêle dosée à 20 % ou de décoction d’ail s’est révélée globalement inefficace, les essais de diminution de doses de cuivre donnent des résultats très encourageants. « La recherche-expérimentation a été conduite dans le but d’une application directe par le viticulteur » a précisé le président. Lui-même et deux autres adhérents se sont engagés dans une réflexion autour de « l’éthique » de l’agro-biologie. Il ne s’agit pas de « réinventer la poudre » mais de se situer dans une approche globale du bio. Et de rappeler « que l’on ne s’engouffre pas dans le bio pour la chasse aux subventions ou l’accès à des marchés potentiels. » Le groupe espère être rejoint par d’autres participants.

En 2002, Viti-bio comptait 55 adhérents pour 636 ha de vignes, dont 436 en AB et 200 en conversion. Que ce soit sur la répartition des cépages ou le poids de la vente directe, les adhérents de l’association reflètent assez bien l’agriculture charentaise dans son ensemble. Chez eux comme ailleurs, la présence des cépages dits « améliorateurs » est toujours contenue autour de 10 % et la vente en bouteille continue de jouer à la marge. Si 22 producteurs font de la vente directe ou en ont exprimé le désir, seulement 11 en retirent un revenu substantiel et 4 en vivent quasi exclusivement. Est-ce que ceci explique cela ? Parmi les membres de Viti-bio, moins de 30 % de la production Cognac est commercialisée et valorisée sous le label bio. En fait, à l’intérieur de la QNV Cognac, seul un faible pourcentage part sous le logo AB.

Jus De Raisin Bio :Une Demande Importante

Le jus de raisin bio suscite un intérêt croissant des consommateurs. Le marché est demandeur et les opérateurs prêts à y mettre le prix.

Foulon-Sopagly, le premier opérateur français de jus de raisin, a dû acheter cette année en Charentes quelque 5 000 hl de jus de raisin bio. Un volume à la fois dérisoire par rapport aux quantités enlevées en jus de raisin (cette année encore, les achats dans la région frôleront sans doute 1,3 million d’hl, tous opérateurs confondus*) et à la fois beaucoup par rapport au disponible bio dans les vignobles de l’hexagone. Départ des chais et pour des moûts refroidis, les jus de raisin bio se sont traités sur la base de 250 F l’hl vol., soit à peu près le double du prix des jus de raisin conventionnels (125 F). Pour les jus de raisin rouges, encore plus prisés que les blancs, les prix ont atteint dans le Midi les 500 F.

Sur ces jus de raisin bio, l’homme orchestre aura été Dominique Baribot, de Saint-Martial-sur-le-Né. Avec son équipement mobile de refroidissement, qu’il a dupliqué pour son fils, il aura traité l’ensemble de la production des viticulteurs adhérents de Viti-bio. A la satisfaction de l’acheteur. « C’est une belle réussite de la viticulture charentaise. Avec un équipement tout simple, ce viticulteur a compris ce qu’était la demande de jus de raisin. Il nous a fourni des échantillons corrects tout au long de la campagne. »

(*) Sur la récolte 2002, les achats de Foulon-Sopagly ont porté sur environ 750 000 hl vol., contre 450 000 hl enlevés par les Italiens.

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