Vins sans Indication Géographique : Une commission pour suivre les contrats 2015

11 juin 2018

En 2015, un contingent de 400 hectares d’autorisation de plantation a été accordé pour des vignes destinées à produire des vins sans indication géographique. Mais dans l’ancien régime, ces droits relevaient strictement de la même réglementation que les autorisations de plantation Cognac elles aussi classées VSIG. Afin de renforcer l’engagement des demandeurs dans cette filière, la délivrance des autorisations de plantation était conditionnée par la signature d’un contrat d’achat avec un négociant pour les superficies concernées. La très grande majorité de ces superficies ayant été plantées en cépages Cognac, le CIMVC met aujourd’hui en place des outils qui permettront de vérifier ces engagements.

Jean-Christophe BARAUD, le président du CIMVC explique les contours de ce dispositif et l’ambition qu’il se fixe pour l’avenir de ce débouché.

LPV : Quelle sera la mission de la commission de suivi des contrats et des surfaces nommée par le CIMVC ?

Jean Christophe BARAUD : Les contrats signés en 2015 stipulaient le fait qu’une commission ad hoc serait chargée de vérifier le respect des engagements des contrats. À l’époque, le CIMVC avait pris cet engagement auprès de la fédération des interprofessions pour garantir la destination des volumes produits. La commission est composée 4 membres à parité entre la viticulture et le négoce. Il y a Caroline Quere et Joël Chaussat représentant la viticulture et Gilles Merlet et Xavier Latreuille pour le Négoce. La commission sera chargée d’examiner au cas par cas l’ensemble des situations et de faire appliquer des sanctions si les engagements n’ont pas été respectés.

 

LPV : De quels moyens disposez-vous pour faire ce contrôle ?

Jean Christophe BARAUD : Jusqu’ici, ces parcelles n’étaient pas clairement séparées dans le CVI par rapport aux vignes destinées au Cognac. Mais depuis quelques semaines et grâce à l’évolution du statut des vignes aptes au Cognac, les superficies issues de ce contingent sont distinguées par la mention suivante « Vins sans IG blanc 2 015 ».

Au niveau des volumes, les signataires des contrats se sont engagés à communiquer au CIMVC les attestations de livraisons de volumes chaque année. Le rôle de la commission sera de vérifier si les engagements sont bien respectés et d’informer France Agrimer en cas d’écarts. La volonté de FranceAgriMer et du CIMVC est d’aller jusqu’au bout pour sanctionner les éventuels contrevenants et nous nous sommes attachés les services d’un avocat spécialisé pour y parvenir.

 

LPV : La plupart des superficies accordées en 2015 ont été plantées en Ugni blanc aux conditions de production du Cognac ?

Jean Christophe BARAUD : C’est un fait car la filière recherche des vins de base acide. J’aimerais, si notre filière se développe, que nous privilégions plutôt des cépages dédiés. Nous avions d’ailleurs lancé des travaux avec Jean-Michel Boursicot de Supagro Montpellier et sélectionné plusieurs cépages aptes à la production de vins de base Parmi lesquels des variétés résistantes et non-résistantes au mildiou et à l’Oïdium. Notre idée est de développer, à terme, des cépages spécifiques pour la filière. Concernant les modes de conduite, c’est la même chose, il faudra imaginer des méthodes qui nous permettront de réduire les coûts de production, en particulier sur la taille ou le palissage, et d’accroître la productivité avec par exemple la fertirrigation.

 

LPV : Sur quelle base de prix moyen les viticulteurs doivent-ils faire leur prévisionnel ?

Jean Christophe BARAUD : Prenons pour objectif de rendement un niveau de 150 hl/ha ce qui est une fourchette moyenne plutôt élevée. Si le rendement, c’est 30 €/hl, nous atteignons péniblement 4 500 €/ha. ça ne passe pas ! Il faut envisager au minimum 50 €/hl, pour atteindre 7 500 €/ha en vendange et intéresser des producteurs à condition que nous optimisions nos coûts de production. Certes, c’est loin du chiffre dégagé à Cognac en ce moment mais si je fais 15 km et propose ce revenu à des vignerons bordelais, beaucoup s’en satisferont ! Personnellement, je crois beaucoup à la possibilité de développer, des vins à la fois acides et aromatiques à hauts rendements avec très peu de pesticides grâce aux cépages résistants. C’est ce que nous avions vu en visitant les vignobles Pugibet du domaine la Colombette en Languedoc qui fait des rendements tout à fait conformes à notre objectif avec un nombre de traitements considérablement réduit. Le projet idéal pour notre filière serait de lancer un « Prossecco » charentais à partir de cépages résistants avec pas ou très peu de traitements.

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