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Une organisation de type interprofessionnelle

27 décembre 2008

tribu1.jpgQu’on se le dise ! Les vins de pays charentais se réorganisent. Lors de la dernière assemblée générale du Comité de promotion des vins de pays charentais, le 21 février dernier, ont été annoncées en vrac la création d’un syndicat des producteurs et sa suite logique, la transformation du Comité de promotion en quelque chose qui ressemblerait à terme à une organisation interprofessionnelle, accueillant à parité Syndicat de producteurs et Syndicat de négociants. Et pour faire bonne mesure, les deux associations de restructuration fusionnent. Si ça n’est pas du changement !

Il y a 21 ans, Robert Häuselman assurait la première présidence du Comité de promotion, créé dans le sillage de la commission des débouchés nouveaux du BNIC. C’était l’ère des pionniers, des défricheurs, dans l’indifférence plus ou moins générale, au moins au début. Puis c’est au tour de Michel Pelletier, il y a une dizaine d’années, de se saisir des destinées du Comité de promotion. Et ce n’est pas exactement une promenade de santé. Il faut être solide à la barre pour contenir ces producteurs de vins de pays, la tête souvent près du bonnet. Produire des vins de pays à l’époque, c’est manifester une certaine énergie sinon une énergie certaine. Cela vous donne des querelleurs et des bagarreurs en veux-tu en voilà. Souvenir de réunions plus qu’animées dans la petite salle du Crédit Agricole de Saintes. Ça grogne et ça tonne dans les rangs, au sujet de l’encépagement, des subventions, de la marque collective, des campagnes de promotion, des visuels pas assez ceci ou trop cela. Car le Comité de promotion est à la fois au four et au moulin. Il s’occupe de communication certes, mais en jetant un œil plus que concerné sur l’aspect production. Qui s’en occuperait à sa place ? Et cela fonctionne pas si mal. De « Marine en galères », les vins de pays charentais progressent. Pensez qu’au début des années 90, on les créditait d’un « niveau d’étiage » de 30 000 hl. En dix ans, ils ont triplé de volume. C’est ce Comité qui se réforme aujourd’hui et qui va, dans la foulée, changer de président, sans d’ailleurs qu’il faille y voir une relation de cause à effet. Il l’avait annoncé l’an dernier et l’a confirmé le 21 février. Michel Pelletier passe le relais mais c’est encore sous sa présidence que s’est tenue l’assemblée générale extraordinaire qui a porté à parité le nombre de producteurs et de négociants, une parité sans laquelle toute évolution vers une structure interprofessionnelle serait impossible.

Au cours de la réunion, Jean-Jacques Häuselman, le technicien du Comité, a resitué le vin de pays charentais dans ses grandes masses. Sur la récolte 2000, ont été agréés 90 268 hl de vins de pays charentais, un chiffre dans la lignée du « virage » de 1998, qui avait vu bondir le vin de pays charentais de 46 000 hl à plus de 90 000 hl. C’était aussi la première année où le négoce avait le droit d’élaborer des vins de pays charentais. Par couleurs, les volumes se répartissent comme suit : 62 % pour le blanc, 25 % pour le rouge et 13 % pour le rosé. Chaque année, les vins rouges progressent régulièrement tandis que les vins rosés présentent la caractéristique d’être totalement ajustés à leur marché. Du soleil l’été et le rosé fleurit. « A la louche », il a été estimé que 90 % des vins de pays charentais se consommaient intra muros, dans la région de production. M. Pelletier y voit un processus de développement similaire à celui du Pineau, qui s’est d’abord imposé sur son marché avant d’aller chercher ailleurs la voie de son salut.

L’affichage, premier acte de communication

De loin, l’affichage reste le premier axe de publicité du vin de pays charentais, un affichage sur les deux départements avec l’accent mis sur la frange côtière. Blanc Marine, Rosé fraîcheur et Rouge soleil, les trois bouteilles siamoises sur fond d’écume feront encore les beaux jours du VPC, même si le visuel concocté en collaboration avec le Comité de diversification a soulevé pas mal de débats. A quelques réglages près, c’est cette affiche que l’on retrouvera l’été prochain. François Bonnin, responsable de la commission promotion, a attiré l’attention sur deux nouveautés : un concours de recettes à base de vin de pays charentais et un projet de Fête des Vins de pays charentais à Angoulême. Pour la première manifestation, il s’agit d’impliquer le maximum de restaurateurs. Grâce à l’entregent du lycée hôtelier de La Rochelle, le Comité s’est rapproché d’un grand du métier, Jean Bardet, Charentais d’origine bien qu’officiant à Tours. Reste à convaincre les fines toques du cru. Les producteurs sont invités à sensibiliser leurs clients restaurateurs, ce qui ne devrait pas être insurmontable. Prévu en mai ou juin, le concours se soldera par la promotion des restaurateurs « ayant joué le jeu » dans la presse locale, sur budget du Comité. Le second projet est peut-être un peu plus compliqué à mettre en place dans la mesure où il implique la participation des producteurs eux-mêmes. Premier épisode : la mairie d’Angoulême demande au Comité d’organiser une Fête des Vins de pays charentais le dernier week-end de juin, sur les bords de la Charente. Une opportunité à saisir, selon F. Bonnin. L’idée tourne autour d’un village vigneron avec guinguette, stands des producteurs, chapiteau, bar à vin, librairie, orgue à arômes, banquet du terroir, éventuellement associé au concours des Vins de pays charentais… Mais pour que tout ceci se matérialise, faut-il encore l’adhésion de 20 à 25 producteurs. C’est le deuxième épisode, encore en pointillé. « La balle est dans votre camp » lance F. Bonnin à l’attention des producteurs qui vont recevoir très vite une lettre explicative et un formulaire de préinscription. Le responsable de la commission promotion en profite pour en appeler aux bonnes volontés. En novembre, trois ou quatre producteurs seulement se sont retrouvés autour de la table pour discuter de la promotion. « Ce n’est pas satisfaisant. Venez nous rejoindre. » Trésorier de l’association, Jean-Frédérique Plassard a souligné le poids des cotisations des membres dans le financement du Comité – 955 756 F soit 58 % des recettes – qui s’explique par les volumes importants agréés depuis trois ans. En charges, le poste « services extérieurs » représente à peu près la même somme – 997 595 F – et sert à couvrir presque exclusivement les frais de publicité, la vocation première du Comité. Un Comité qui peut se targuer de finances particulièrement saines puisque, pour un budget 2000-2001 de 1 598 380 F, ses capitaux propres (son trésor de guerre) s’élèvent à 2 069 346 F. Le Comité, suivant en cela le mouvement général qui semble prévaloir cette année dans à peu près toutes les structures, a décidé d’allouer aux administrateurs des indemnités compensatrices du temps passé, les fonctions d’administrateurs demeurant gratuites. En AGE, il a donc fallu voter pour la modification de l’article 8 des statuts, le règlement de l’association interdisant jusqu’à alors toute indemnité. « J’émets d’autant plus aisément cette proposition que je quitte le Comité » a relevé Michel Pelletier, « mais si l’on veut faire avancer les choses, il faut y consacrer du temps et la gratuité n’est plus de mise. » S’étonnant du peu de réactions suscitées par l’annonce de changements structurels d’envergure – naissance d’un Syndicat des producteurs, évolution du Comité de promotion vers une structure de type interprofessionnelle – il en a tiré la conclusion que les choses étaient certainement mûres dans les esprits. « Nous avons bien avancé dans notre réflexion collective. Maintenant, reste à traduire dans le concret cette démarche qui vise à reconnaître à chacun son rôle. »

Michel pelletier président d’honneur

michel_pelletier.jpgLe Comité possédait déjà un président d’honneur en la personne de Robert Häuselman. Prenant la parole, Roger Girard a proposé d’en nommer un second, Michel Pelletier, à titre d’hommage non pas posthume mais bien vivant pour sa contribution au développement du Comité. « Jeune dans le secteur » comme il le dit lui-même, Henri Jamet, le président de la coopérative de Saint-Sornin, se souvient de sa première rencontre avec Michel Pelletier. Avec ce léger accent du sud qui ne le quitte pas, il en brosse un portrait à la fois drôle et plein de vérité. « Je fus frappé par ses petits yeux noirs très déterminés, ses cheveux bien plantés et ses grosses mains. Il avait l’air d’être un grand têtu. Remarquez, il faut l’être quand depuis 10, 20 ans, l’on œuvre au service du Comité, plutôt dans l’ombre. Mener à bien une telle entreprise demande beaucoup de courage. J’avais aussi constaté que sur cette tête à la chevelure bien coiffée, il y avait beaucoup de casquettes, fruits d’un investissement important au service de la profession, peut-être parfois lourd à assumer. Michel Pelletier est un homme qui a pris des décisions et qui s’y est tenu. Dans cette situation, il arrive que l’on se retrouve parfois un peu seul. Merci à Michel Pelletier. Je vous demande de lui faire une ovation, sa modestie dut-elle en souffrir. » S’exprimant à son tour, Michel Pelletier a retracé en quelques mots simples son parcours. « J’ai exercé mes mandats avec conviction, avec foi. Je n’ai pas toujours pris de gants mais j’ai toujours essayé de créer une ambiance où les gens puissent s’exprimer, se respecter, se confronter dans le respect de l’autre. C’est comme cela que l’on fait avancer les choses. Parfois il faut donner de petites impulsions, de petits coups d’accélérateur, sans perdre de vue l’objectif à atteindre. Aux jeunes générations de prendre leurs responsabilités. La vie est un combat permanent, où il convient d’être là au moment où il faut. »

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