L’optimisme vient du marché

12 mars 2009

Ce ne sont encore que de légers signes, assez ténus, mais ils convergent pour dire que les vins de pays ont de plus en plus de grain à moudre auprès des consommateurs. Le marché va-t-il se charger de faire mentir le moral en berne des professionnels ?

photo_513.jpgEt si pour une fois en Charentes l’on oubliait de parler ha pour ne parler que marché. Oui, on peut être déçu des 1 500 ha de fraîche reconversion. C’est moins que les ambitions affichées. Mais est-ce vraiment si grave docteur ? Avant de recenser ceux qui n’ont pas planté, peut-être pourrait-on s’intéresser à ceux qui ont franchi le pas. Et pour eux, cela ne va pas si mal. Deux exemples récents, piochés un peu au hasard du calendrier de la micro-actualité charentaise, justifient ces propos. Quitte à paraître « un brin démago ». Il s’agit d’abord de la journée professionnelle organisée par la Fédération des vignerons indépendants des Charentes, le 12 mai dernier à Bassac. L’autre exemple est tiré d’une des nombreuses initiatives privées de producteurs individuels. En l’occurrence, c’est le « casse-croûte du vigneron » de Jean-François et Juliette Quéron, de Macqueville, qui a eu lieu samedi 17 mai.

première journée professionnelle des caves

photo_513_1.jpgA Bassac, les vignerons indépendants avaient plutôt bien répondu à l’invitation de la fédération, les professionnels cavistes, restaurateurs, sommeliers du Poitou-Charentes un peu moins. Sur 850 invitations envoyées, une petite vingtaine de personnes seulement s’étaient déplacées. Pour une première cependant, ce n’était déjà pas si mal et Paul-Jean Giraud, président des caves, promettait d’en tirer les enseignements pour la seconde édition. Au programme de cette journée : petit déjeuner du terroir, mini-exposition, buffet et balade sur la Charente en gabare. Mention spéciale (parce que dégusté et apprécié) à un Pineau vieux de 25 ans de la famille Estève à Celles, qui n’était pas sans évoquer un vieux Banyuls par la complexité de ses arômes. Mais la vraie surprise est venue de l’attrait exercé par les vins de pays charentais. Les professionnels s’étaient surtout déplacés pour les découvrir et les vignerons venus avec leurs vins de pays avaient flairé la bonne aubaine. Témoin de cet intérêt, le président des hôteliers, restaurateurs, cafetiers du département de la Charente, propriétaire de La Vieille Auberge à La Rochefoucauld. « La valorisation de nos établissements va de pair avec la mise en avant des produits du terroir. » Lui-même avait souhaité rencontrer ce jour-là le président de la coopérative des Coteaux de l’Angoumois, un rendez-vous remis pour cause de journée des caves, mais pas annulé. Jean-Marie Floirat, caviste à La Rochelle, place du Marché, était venu avec son « filleul » dans le métier, Philippe Piquet-Pellorce, de la cave Saint-Léger à Cognac. Pour les deux compères, experts ès Pineau-Cognac, il s’agissait davantage d’une visite « de courtoisie » mais l’intérêt pour le vin ressortait aussi. Au final, Jean-Noël Collin, de Salles-d’Angles, résumait simplement et justement la journée. « Je me suis aperçu que beaucoup de professionnels étaient à la recherche de vins. Le Cognac, le Pineau, c’est bien mais c’est toujours très difficile de faire passer le message. Sur le vin, je pense qu’il y a quelque chose à faire. Le produit est encore assez méconnu. J’en parle d’autant plus aisément que je n’en propose pas encore. »

« casse-croÛte DU vigneron »

L’idée du « casse-croûte du vigneron » c’est à un de ses collègues alsacien, rencontré sur un salon, que J.-F. Quéron la doit. A la recherche de quelque chose de simple et de convivial, le prétexte d’un pique-nique improvisé (pas trop improvisé tout de même) se révèle une excellente introduction aux vins. Voilà la troisième année que la maison aux couleurs méditerranéennes – crépi rosé, volets bleus – ouvre son allée de cyprès aux visiteurs. Des balades en calèche avec un fringant cheval de 13 ans (des enfants ne viennent que pour le tour de voiture à cheval). « Nous sommes persuadés qu’il faut s’orienter vers ce type de rencontres, sans prétention ni décorum. » Le couple regrette l’occasion manquée d’Angoulême, qui reste, qu’on le veuille ou non, un creuset de consommateurs. Mais plus qu’un événement coûteux – on parlait de 20 000 euros d’engagement – ils l’auraient plutôt vu du style guinguette, sur les bords de la Charente, sous quelques parasols. Jean-François Quéron dit se régaler à Virollet et a foi dans les vins de pays charentais. Ses ventes en hausse semblent lui donner raison. Et comme les bouteilles les mieux vendues sont celles vendues à la maison, le couple réfléchit au moyen de faire venir davantage de gens au Plantis des Vallées. Le prix à payer ! Celui d’une grande disponibilité. « Mais d’autres régions l’ont fait avant nous. » Et foin d’ha en plus ou en moins. Apprenons à faire confiance au marché.

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