« Ne pas avoir la mémoire courte »

27 février 2009

En février, les vins de pays charentais ont tenu leurs assises annuelles, avec un tir groupé entre Association de restructuration, Syndicat des producteurs et Comité de promotion. Les fondamentaux sont plutôt bons même si la conjoncture n’épargne pas des vins de pays charentais pris en tenaille entre crise viticole et embellie du Cognac. Pourtant, les VPC ne sont pas parmi les plus exposés. Leur taille modeste les préserve des cataclysmes et la bonne santé du Cognac n’est tout de même pas un drame. Pour se garder de comportements erratiques, il suffit de « ne pas avoir la mémoire courte ».
caroline_roger_philippe.jpgA la fois président de l’Association de restructuration et du Syndicat des producteurs, Philippe Guélin a rendu hommage à ses prédécesseurs – Robert Hauselmann, Michel Pelletier, Roger Girard – qui jetèrent les bases de l’organisation des vins de pays charentais. Des vins de pays qui affichent 25 ans cette année. « Nous pouvons être fiers de ce qui a été accompli » a relevé Ph. Guélin. « Bon anniversaire aux vins de pays charentais ! » Les cépages hors cadre 1 – cépages blancs et rouges des cadres 2 et 3 de la D.R – représentent à ce jour 5 280 ha. Si les vignes Pineau en prélèvent une part, reste un potentiel intéressant. Philippe Guélin considère qu’environ 50 % de ce potentiel sont consacrés à la production de vins de pays charentais. Selon lui, l’outil interprofessionnel qui tend à se mettre en place (voir interview pages 7-8) a justement vocation à mieux valoriser le solde des vins. Et d’insister sur les progrès accomplis. « Nous disposons d’une qualité de vins dont nous n’avons pas à rougir. Les expérimentations réalisées par la Station viticole du BNIC, les lycées agricoles, les techniciens de Chambres 16-17, leurs collègues de l’antenne ITV ont permis aux VPC de disposer d’outils de travail assez extraordinaires, presque uniques en France. De mauvais élèves, nous faisons aujourd’hui partie des bons élèves. Nos vins jouissent d’une reconnaissance nationale. » En 2004, les volumes agréés en vins de pays charentais se sont élevés à 122 535 hl vol., dont 40 % en blanc, 20 % en rosé et 40 % en rouge. Présent à la réunion, le journaliste de Sud-Ouest César Compadre a fait remarquer que ce volume équivalait à la production d’une grosse coopérative du Midi ou encore à celle d’appellations comme Duras ou Marmande. Certes, mais c’est peut-être ce qui sauve les VPC du grand plongeon car, à 50 000 hl vol. près, le marché régional est encore capable d’absorber les quantités produites. Ce volume devrait continuer d’augmenter quelque peu avec l’arrivée en production des nouvelles plantations mais il ne crèvera pas les plafonds. Philippe Guélin a prévenu : « Ce n’est pas la peine de nous voiler la face. Les plantations vont sans doute chuter dans les années à venir. L’essentiel, c’est de garder un outil qui fonctionne, en nous gardant bien d’avoir la mémoire courte. La prospérité du Cognac repose sur quelques marchés et nous savons que tout est réversible. Digérons l’augmentation des surfaces en vin de pays et profitons de cette période pour mettre en harmonie notre production avec nos ventes. »

Depuis la campagne 1999-2000 – lancement du plan de restructuration charentais – jusqu’à aujourd’hui, il se sera planté 1 355 ha de cépages améliorateurs, 684 ha en Charente et 670 ha en Charente-Maritime. La production de VPC aura évolué de concert, passant de 83 000 hl vol. en 2001 à 122 500 hl vol. en 2004. Alors que les plantations nouvelles ayant fait l’objet d’un dossier auprès de l’Association de restructuration concernaient encore 91 ha en 2004, elles sont tombées à 47 ha en 2005 (13 ha de blanc et 34 ha de rouge), surfaces auxquelles il faut rajouter les 2 ha sous couvert du Groupement de producteurs de l’île d’Oléron et les 5,5 ha sous celui de l’île de Ré. Arrivent en tête des cépages les plus prisés le Sauvignon blanc (22 ha), le Merlot (13 ha) et le Chardonnay (12 ha).

C’est une évidence, les vins de pays charentais n’échappent pas à la crise, surtout sur le vrac. Une conviction anime Philippe Guélin : la valorisation des volumes passera par des grandes marques. « Il est tout de même symptomatique de constater que la consommation mondiale de vin augmente. Par contre une chute de consommation s’observe sur le marché français ainsi qu’une baisse des exportations de vins français. La raison en paraît simple : nos vins sont trop compliqués. » A cet égard, le délégué régional VINIFLHOR, Jean-François Bertran de Balenda, a cité quelques chiffes explicites : la France compte 450 AOC, 140 dénominations de vins de pays. Au terme d’un sondage réalisé auprès de 4 000 personnes, seulement 58 % d’entre elles connaissaient la signification du terme AOC. Et la confusion sévit à tous les étages. La bonne surprise – il y en a une – fut de voir figurer le vin de pays charentais dans le top 5 des vins de pays les plus connus de France avec ceux de l’Aude, de l’Hérault, du Gard et des Vins de pays d’oc. Qui l’eut cru !

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