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Une absence de pros

12 mars 2009

salon_vins_1_opt.jpegLe 1er Salon picto-charentais des vins régionaux, qui s’est tenu à La Rochelle les 1er et 2 avril, misait sur la cible grand public le dimanche et la cible professionnelle le lundi. Les professionnels ont totalement zappé le salon. Les organisateurs vont revoir leur copie.

 

 

Dimanche 1er avril, pluie, vent et ciel plombé sur La Rochelle. Plutôt de quoi donner envie de se réfugier au sec, un verre à la main. Si le salon a joui d’une fréquentation discrète le matin, l’après-midi s’est plutôt mieux passée. Pas de houle, de vague ni de flots mais un honnête courant qui rassura les exposants tout en leur laissant le temps de bien accueillir les visiteurs. Apparemment, les choses prirent un tour plus délicat le lundi. Les professionnels attendus – cavistes, restaurateurs, acheteurs de la grande distribution… – ne sont jamais venus. Non qu’ils n’aient pas été dûment invités, mailés. Mais ils n’ont pas répondu à l’appel. Sans doute par manque de notoriété du salon, rendant son repérage difficile par des professionnels comptables de leur temps ou pour certains bien indifférents à ce qui se passe hors de leurs boutiques. Lors du débriefing, trois semaines plus tard, les organisateurs n’ont pas fait l’économie de questions existentielles comme « Y a-t-il une place pour un salon uniquement dédié aux vins en Poitou-Charentes ? » « Ne vaudrait-il pas mieux se raccrocher à un événement existant type Gastronomades à Angoulême ou Carrefour des métiers de bouche à Niort, quitte à renforcer la visibilité de l’espace vin ? » Certes, ont été pointés du doigt le déficit de communication, le manque d’affichage, d’insertions dans les journaux. Mais il aurait fallu dégager encore plus de moyens face à un budget déjà conséquent (110 000 €). Certes, les organisateurs ont admis qu’il avait été peut-être aventureux de cibler d’emblée les professionnels alors que le salon n’avait pas eu le temps de s’installer. Mais, au final, la question centrale qui a prévalu porta sur la persistance même d’un salon des vins : « Admettons que l’on cible le grand public, qu’on investisse à fond dans la communication, qu’on mette tous les atouts de notre côté et qu’au final ce soit l’échec ! » Aucune décision n’est prise pour l’heure. Les cinq vignobles doivent se réunir au sein du comité régional des vins picto-charentais pour discuter « entre présidents ». A l’évidence, il n’est jamais simple de faire vivre une construction un peu théorique qui ne partage ni le même vécu ni les mêmes priorités.

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Henk Alferink, Cave du Liboreau.

 

 

 

Si les organisateurs de Vinicales s’honorent du regard sans concession portée sur cette première expérience, les exposants, paradoxalement, se sont montrés moins sévères. Peut-être parce qu’ils n’attendaient pas énormément de la manifestation. Plus venus par solidarité « et pour se situer dans la dynamique de promotion des vins régionaux », ils ont unanimement salué l’image « haut de gamme » du salon. Décoration très soignée, stands fonctionnels, accueil agréable… Aucune fausse note n’était à déplorer à l’intérieur de l’enceinte. Les exposants ont juste signalé un défaut de fléchage extérieur et peut-être un prix d’entrée trop élevé (6 €). Mais les quelques pochards éméchés qui hantaient les allées – et qui s’en sont pris physiquement à une jeune femme – mettent en garde contre un trop grand laxisme.

Sur-représentés à ce 1er salon, les producteurs de Vins de pays charentais ont fait plus que jouer le jeu. Un peu normal, ils étaient sur leur terre. Glané au hasard des rencontres, un micro-allées a permis de recueillir un instantané des impressions et des motivations.

Les vignerons de Roc-Chadan – Ils sont une vingtaine de copains venant d’horizons divers. Rares sont les agriculteurs parmi eux. Pourtant ils ont créé une SCEA pour exploiter 3 ha de vignes dans la région de Rouillac-Angoulême. Certains vinifient (Pascal Gonthier), d’autres cultivent tandis qu’un troisième groupe s’occupe de vendre. Ils proposent un Colombard en blanc (vignes de 15 ans) et un Merlot en rouge (vignes en début de production). Ils commercialisent environ 15 000 bouteilles par an, fifty-fifty sur les deux couleurs. Vignerons charentais Roc-chadan – 16560 Jauldes – Tél. 06 70 79 34 27.

Cave « Soleil d’Oléron » – Stand haut en couleurs pour la cave Viti-Oléron dotée de bouteilles aux étiquettes « impeccables », très festives. Louis Auvray avait fait le déplacement ainsi que son directeur M. Delage. Pas déçus de la faible fréquentation à laquelle ils s’attendaient : « On verra ça dans trois ou quatre ans. » Sinon ils dépeignent un « vrai salon » doté de tous les attributs (animations…). Cave Viti-Oléron – 17130 Saint-Pierre-d’Oléron – Tél. 05 46 47 00 32.

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Louis Auvray, Cave Viti-Oléron.

Vignoble Thierry Jullion – Ici on a faire à un vieux routier de la diversification et de la vente directe de vin de pays, Pineau, Cognac. Son image de marque n’est plus à faire. Il salue la belle allure générale du salon qu’un groupe d’étudiants a rendu plus ludique (détournement de consommables de la vigne, fil de fer…). Présent « pour ne pas dire que l’on ne fait rien », il a tout de même enregistré une belle commande en matinée, pour un mariage. Mais, juge-t-il, « c’est très dur quand on n’est pas connu. Il faut avoir de l’ancienneté dans le métier et un bon produit ». Il travaille bien avec les restaurateurs de La Rochelle, de moins en moins avec les cavistes « qui veulent faire comme les supermarchés sans en avoir l’envergure ». Ses remarques : une entrée un peu chère comparée aux autres salons. L’intérêt des visiteurs se porte davantage sur les rouges et rosés. Vignobles Thierry Jullion – 17520 Saint-Maigrin – Tél. 05 46 70 00 73.

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La Maison des Maines.

La Maison des Maines – Emplacement très visible pour LMDM (La Maison des Maines) qui, sur le salon, présentait en avant-première sa nouvelle identité export, Mainart. Contraction franco-anglaise de Maine et Art, Mainart ce veut une belle carte de visite pour aborder les marchés anglo-saxons et asiatiques mais aussi la clientèle des cavistes et restaurateurs français. Mainart se décline en trois gammes : une gamme cépage (prix de vente conseillé 4,95 €), une gamme terroir (rouge, blanc, rosé 6,95 €) et une grande réserve (rouge uniquement pour l’instant) à 14,95 €. LMDM entend plus que jamais « communiquer positivement sur l’image des vins de pays charentais ». Le lancement officiel de Mainart aura lieu durant Vinexpo. Maison des Maines – 16130 Segonzac – Tél. 05 45 36 48 38.

Domaine de Chauvillière – Les frères Hauselmann sont connus, entre autres, pour leur Chardonnay qu’ils furent parmi les premiers à introduire. Leur idée du vin est celle d’un vin « franc, net, que les gens aiment boire ». Ils ne se reconnaissent pas dans des vins très complexes. « Il s’agit d’un autre type de créneau. C’est autre chose. » Ils qualifient le vin 2006 de « bête de course », riche en arôme sans trop de sucre. « On va le faire concourir. »

Cave du Liboreau – Quand Henk Alferink « part en foire », il ne part pas sans biscuit. Son stand, acheté en Hollande, attire l’œil avec ses rayonnages profilés. Une belle présentation fait patienter le chaland quand il y a foule. Pas exactement le cas à La Rochelle mais tout de même. Cave du Liboreau – 17490 Siecq – Tél . 05 46 26 61 86.

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Maria et Patrick Brillet.

Domaine du Breuil de Segonzac – Maria et Patrick Brillet sont les parents très attentifs de deux beaux bambins, le Plantier de Chipre et, plus récemment le vin issu de la vigne Sainsi. En agriculture bio depuis 2003, l’exploitation a été récompensée au dernier Biofach de Nurnberg, en Allemagne mais aussi à Bruxelles, aux Citadelles internationales du vin (Bourg-sur-Gironde), à Londres. Maria Brillet se défend « d’une pêche aux médailles pour accumuler des breloques ». Elle voit dans cette présentation aux concours un moyen de médiatiser le vin de pays charentais. « Il a besoin qu’on parle de lui. » L’inscription aux concours coûte cher (par bouteille de 75 € à 180 €), suppose un fort engagement qualitatif mais constitue aussi une sorte de passage obligé « pour se forger des lettres de noblesse ». Le couple remercie la grande restauration locale et régionale de participer à cette construction de notoriété. Et de citer quelques noms : La Grange aux Oies à Nieuil, La Ribaudière à Bourg-Charente, le Château d’Yeuse à Cognac, le Moulin de Marcouze à Mosnac, Le Richelieu à La Rochelle, Chez Paul à Angoulême, le restaurant du Futuroscope, Saint-Fortunat à Neuville-de-Poitou… Maria et Patrick Brillet, domaine du Breuil de Segonzac -16130 Segonzac – Tél. 05 45 83 41 79.

 

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