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Le regard du négoce sur l’installation

26 février 2009

vincent.jpgPour assurer le renouvellement des générations, Vincent Géré met en avant la pérennité des relations entre les partenaires. Vincent Géré est directeur des Domaines et des Cognacs Rémy Martin.

 

 

« Le Paysan Vigneron » – Nourrissez-vous une crainte sur le maintien des effectifs viticoles ?

Vincent Géré – C’est un sujet qui nous tient à cœur. Je m’inscris complètement dans la continuité des relations avec nos partenaires. Bien sûr, il est plus facile d’aborder le sujet quand la relève est assurée par un jeune de moins de 40 ans sur l’exploitation. A terme, c’est vrai que le problème pourra se poser de manière plus aiguë, surtout quand on constate que la région a perdu 25 % de ses effectifs en dix ans. Cependant, je reste assez optimiste. Les raisons qui me poussent à l’être ? Quand je regarde le périmètre Rémy Martin, je m’aperçois que le nombre d’ha mis en œuvre par l’ensemble de nos partenaires Fine Champagne a augmenté de 10 %. Cela nous conforte dans notre vision contractuelle. Le contrat sécurise, solidifie les relations entre acheteur et vendeur. Avec 53 000 hl AP collectés par Alliance Fine Champagne, Rémy Martin maintient un engagement fort avec ses partenaires. Ce contrat fort se matérialise par des volumes, des prix et une vision à long terme.

« L.P.V. » – Accueillez-vous de manière privilégiée les jeunes ?

V.G. – Tout en souhaitant le renouvellement des générations, l’idée n’est pas non plus de faire du « jeunisme ». Par ailleurs, la coopérative Fine Champagne jouit d’une totale autonomie dans sa manière d’organiser les relations avec ses 1 255 adhérents. C’est le règlement intérieur de la coopérative qui décide des règles de fonctionnement, même si Rémy Martin a bien sûr un droit de regard sur la qualité des livreurs.

« L.P.V. » – Que pensez-vous du phénomène d’agrandissement des exploitations ?

V.G. – J’ai tendance à penser que la diversité est préférable à la sur-concentration. Ce qui importe, c’est d’avoir en face de soi des exploitations pérennes. Je pense qu’il faut se garder des extrêmes. Un juste milieu est sans doute à trouver entre la course aux ha et les micro-exploitations. Une fois de plus, notre perspective contractuelle, fondée dans le temps, nous conduit à rechercher un modèle de sécurité qui passe par une taille raisonnable.

« L.P.V. » – Cette taille raisonnable, où peut-elle se situer ?

V.G. – L’exploitation de 5 ha ne représente sans doute pas un modèle très efficace, comparée à une exploitation de 15 ou 20 ha. Mais quelqu’un peut démarrer avec 5 ha et suivre une courbe ascendante. C’est le sens de la courbe – ascendante ou descendante – qui forge le devenir d’une exploitation. Un viticulteur peut très bien gérer 15 ha et mal gérer 40 ha.

« L.P.V. » – Etes-vous favorable à l’exclusivité des apports ?

V.G. – A mon avis, Rémy Martin ne serait pas plus efficace à 600 livreurs qu’à 1 255. D’autant qu’il s’agirait, pour les livreurs, de quelque chose de complètement subie. Je m’inscris plutôt dans une logique d’efficacité pour les adhérents d’Alliance eux-mêmes. Ce n’est pas la notion d’exclusivité qui conditionne notre politique d’achat mais bien l’équilibre entre les deux types d’apports dont nous avons besoin : apports des bouilleurs de cru et apports des livreurs de vin. Ces deux canaux cohabitent parfaitement à l’intérieur de la structure fédératrice Alliance Fine Champagne, où la même règle s’applique à tous.

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