Défense du métier et accompagnement des Entreprises

22 mars 2009

Les VIC – Vignerons Indépendants des Charentes – ont tenu leur assemblée générale voilà quelques mois, en présence d’Eric Rozas, directeur de la structure nationale des VIF, Vignerons Indépendants de France. Tourné vers l’accompagnement des entreprises, le mouvement des VIF se bat pour faire reconnaître la spécificité et le métier des vignerons indépendants. Un challenge qui trouve des échos dans la région délimitée.

 

defence_du_metier_page_1.jpgJean-Noël Collin, le président des VIC, l’a encore redit cette année. « Les Vignerons Indépendants des Charentes se sentent en dehors des grandes décisions, ne disposant pas de responsabilités officielles au BNIC depuis le 1er test de représentativité. » Et même si J.-N. Collin a remercié personnellement le SGV Cognac de l’inviter régulièrement à ses réunions de travail, on a compris que les VIC en ressentent une certaine frustration. Au niveau national, le mouvement des VIF véhicule les mêmes revendications. Il souhaite que les vignerons indépendants soient reconnus « comme les autres, négociants ou coopérateurs ». Et de s’insurger contre cette image de marginaux, de « petite association sympa » qui, longtemps, leur a collé aux basques. « Nous entendons apporter l’éclairage des VIF, peser sur les décisions des instances politiques et professionnelles. Cette volonté fait grincer des dents. Parfois, on préfère nous traiter de “club”. » Pour contrecarrer cette idée et afin de s’insérer dans le jeu européen, les VIF se sont regroupés avec leurs homologues suisses, luxembourgeois et portugais pour créer la CEVI (Confédération européenne des vignerons indépendants).

Une gestion par bassin de production

Très favorables à l’idée de gestion par bassin de production « qui donne bien plus de latitude pour régler les problèmes par la voie de l’autogestion », les VIF prêchent pour l’union des énergies. « La situation requiert la participation de tous, vignerons indépendants, coopérateurs, négociants ». Car au national au moins on considère que « rien ne sera plus comme avant » La grosse récolte 2004 a porté au grand jour des déséquilibres structurels majeurs. « Peut-être pas ici mais pas très loin de chez vous, on parle de dépôts de bilan et même de suicides », a souligné E. Rosaz. « La qualité ne suffit pas pour s’en sortir. Il faut savoir vendre, c’est-à-dire parler au consommateur. » Christophe Chevré, du pôle formation des VIF, a bien insisté sur la relation qui devait s’instaurer entre le producteur et son client. « Si l’on ne connaît pas son client, on aura du mal à s’adapter à lui. » Pour faire bref, les VIF considèrent que « pour gagner de l’argent, il faut être proche du consommateur. Plus on s’en éloigne, plus ce sont les intermédiaires qui gagnent leur vie. Nous, au mouvement des Vignerons Indépendants, nous préconisons des circuits courts et rapides. » Ceci étant, les VIF ont pris la précaution oratoire d’indiquer qu’ils n’entendaient pas se désengager de certains partenariats. « Le négoce est tout de même le premier client des vignerons indépendants. Il est important de conforter les relations avec le négoce, si tant est qu’il veuille travailler avec nous, en nous proposant une juste rémunération. C’est vrai dans certaines régions, moins dans d’autres. »

En Charentes, Jean-Noël Collin a indiqué que le revenu du vigneron charentais restait toujours très faible. « Depuis des mois, les statistiques de ventes sont bonnes et tant mieux. J’espère que cela continuera. Mais les vignerons charentais, qui vendent moins de 1 % du Cognac en bouteilles, ne profitent pas de ces bons chiffres. Les prix à la production ne sont pas assez élevés. Et ce n’est pas en augmentant la QNV que les prix progresseront. L’augmentation de la QNV met plus de produit sur le marché, le banalise et nous allons de plus en plus vers un produit industriel. L’inverse de ce que souhaite le vigneron indépendant des Charentes. S’il est vrai que le vigneron doit fournir la demande du marché, attention à ajuster les chiffres au plus près. » Le président des VIC regrette qu’un faisceau de raisons – manque de visibilité, gel des prix, contraintes réglementaires – décourage les jeunes à s’installer et entraîne de plus en plus de monde vers la sortie. « De nombreuses exploitations se trouvent sur le marché, pour arrondir souvent de grosses structures. Cette concentration du vignoble n’est pas dans la philosophie du VIC. »

Le service aux adhérents

Pour tout l’aspect « accompagnement des entreprises » – une préoccupation autant régionale que nationale – c’est le secrétaire de la fédération, Claude Thorin, qui s’est chargé de la présentation. Il a notamment indiqué que les Vignerons indépendants des Charentes venaient d’acquérir une imprimante permettant de repiquer des étiquettes, créer des codes barres ou encore des contre-étiquettes dans divers formats. « Ce nouveau service vous donnera plus de souplesse dans la gestion de vos étiquettes, surtout pour les petites séries. » J.-N. Collin a réaffirmé l’intention de la fédération de développer les services aux adhérents. Annuellement, sont organisées plusieurs sessions de formations – dégustation et assemblages des Cognacs, détermination du prix de revient et du prix de vente… – et les achats groupés, bien que difficiles, se poursuivent. Les étuis d’une bouteille vont être remis en fabrication, des sacs sont à l’étude. Le président des VIC a insisté sur la bouteille « Miss. tell » aux couleurs des vignerons indépendants (présence du logo sur le col). « Cette bouteille est très jolie, elle plaît mais malheureusement elle est sous-utilisée. Le logo, c’est notre image et j’insiste pour que tous les adhérents le mettent en avant. Sachez que ce logo est un signe de reconnaissance. De plus en plus de clients le connaissent et notamment les 500 000 visiteurs qui fréquentent nos salons chaque année. C’est l’identifiant commun et la reconnaissance du VIF. Nous voudrions que dans les Charentes chaque exploitation de VIC soit indiquée par un logo. La difficulté de communiquer sur nos produits est bien assez compliquée. Utilisons les outils à notre disposition. »

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