Vie des territoires : Tourisme gourmand, un label pour le cognac Grande Champagne

9 avril 2014

Qu’est-ce qui attire les touristes dans une région ? Les beaux paysages, un patrimoine intéressant, un accueil chaleureux mais aussi « ce qui se mange et ce qui se boit ». Le label « Sites remarquables du goût » récompense cette confluence des genres. Le
Cognac de Grande Champagne vient d’intégrer la confrérie des Sites remarquables du goût. Un compagnonnage éclectique qui compte une cinquantaine de lieux emblématiques, à la notoriété plus ou moins forte : la route des vins d’Alsace, l’ail rose de Lautrec, les marais salants de Guérande, le veau sous la mère d’Objat, la truffe noire du Tricastin…

 

 

p44.gifDerrière le label « Sites remarquables du goût » se cachent quatre ministères : Agriculture, Environnement, Tourisme, Culture. Normal ! Le label est polyphonique. Il ne détache pas un élément mais les retient tous. Il signe la reconnaissance d’un terroir, d’un territoire et, plus encore, d’une dynamique de territoire.

Réunis à la maison communautaire de Grande Chamapgne pour annoncer la labellisation, élus et membres des associations ont beaucoup insisté sur ce point.

« Ici, nous avons certes un joli patrimoine mais pas de grands châteaux ni de monuments exceptionnels. Ce qui prévaut avant tout, ce sont le savoir-faire des hommes, leur empreinte sur les produits, les paysa-
ges, les villages. Au fil du temps, nous avons mis des actions en place pour les faire connaître. »

Une Maison de la Grande Champagne ouvre ses portes en 1992. L’entité se transformera cinq ans plus tard en office du tourisme. Depuis 1994, les Nuits blanches en pays jaune d’or entraînent tous les étés, des cohortes de gens dans des balades nocturnes, sur les traces de la pierre, du sel, du blé, du Cognac… En mai 2010, Segonzac devient la première ville française à être reconnue « Cittaslow », dans le cadre du mouvement international Slow food. Depuis 2011, une balade gourmande et paysagère est organisée chaque dernier dimanche d’août dans une commune du cru. Comme l’appétit vient en marchant, repas et randonnée s’entrelacent : apéritif ici, entrée là, plat, dessert plus loin.

Accolée à l’office du tourisme, une boutique associative – la Maison de la Grande Champagne – regroupe 25 producteurs. Y sont référencés plus de 200 produits, vins, Pineaux, Cognac. Depuis 12 ans qu’elle existe, la boutique connaît une constante progression, souvent à deux chiffres.

Des producteurs toujours présents

« La force de la boutique, explique Marie-Nöelle Desse, présidente de l’office du tourisme, c’est que les producteurs y sont toujours présents, à tour de rôle. Ils vendent leurs produits mais échangent aussi avec les consommateurs. Ces derniers n’ont pas l’impression d’être dans un magasin. Ils découvrent un lieu, une région. »

La présidente de l’office du tourisme a rendu un hommage appuyé à Francine Forgeron. « Elle fut la pierre angulaire, l’initiatrice de la plupart de nos actions : office du tourisme, Nuits blanches… Sa pugnacité, sa volonté furent déterminantes. Je veux lui dire un grand merci. »

Le saviez-vous ! Le Cognac fut labellisé en son temps « Site remarquable du goût ». Et puis les choses restèrent en l’état. Le label était plus ou moins tombé dans l’oubli. En tout cas, il n’était plus activé. « Pourquoi ne pas le reprendre à notre compte ? » s’interroge-t-on à Segonzac. A travers cette approche, l’idée est que les touristes poussent un peu plus loin que La Rochelle, Royan ou même Cognac. Qu’ils diffusent dans le tissu rural. « Il s’agit d’une vraie démarche de producteurs » indiquent les protagonistes.

Quatre partenaires

Le dossier de candidature sera porté par quatre partenaires : la communauté de communes de Grande Champagne, la mairie de Segonzac, l’office de tourisme, la Maison de la Grande Champagne.

En se rendant sur place, les auditeurs du label découvrent une « mise en lumière du territoire » correspondant à leurs attentes. Quant aux éléments historiques et de notoriété, ils parlent d’eux-mêmes.

Le 7 décembre dernier, le conseil d’administration des Sites remarquables du goût adoube le Cognac de la Grande Champagne comme l’un des siens. Segonzac devrait accueillir au cours du premier trimestre 2014 le prochain conseil d’administration de la Fédération nationale. Et parce qu’il n’y a jamais de meilleur projet qu’un projet en marche, on envisage un Salon du goût en Grande Champagne, pourquoi pas couplé à la foire-exposition, pour donner à celle-ci un nouvel élan. On se donne un an pour y réfléchir. « Ce label nous confère une très belle image. Mais pour vivre, il devra être partagé par l’ensemble du territoire » déclare Marie-Noëlle Desse.

Cognac au patrimoine mondial de l’Unesco
La démarche d’inscription du Cognac au patrimoine mondial de l’Unesco est enclenchée mais rien ne permet de présumer du résultat. Une chose est sûre : ce sera long.
« Nous nous attaquons à l’Everest » déclare en souriant Jérôme Sourisseau, président du Pays Ouest Charente. Si ce n’est le plus haut sommet de la chaîne himalayenne, c’est en tout cas un très gros morceau que ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Certains vignobles y sont parvenus, peu nombreux : le tokaj en Hongrie, la vallée du Haut Rhin en Allemagne, la région de Wachau en Autriche, la Juridiction de Saint-Emilion en France, la région viticole du Haut Douro au Portugal, les vignobles en terrasses de Lavaux en Suisse… Moins d’une dizaine en tout de par le monde. Cognac a décidé d’entrer dans la compétition. Sur les rangs français : la Bourgogne mais aussi la Champagne de Reims, depuis longtemps.
Pour soutenir la candidature de Cognac, un comité de pilotage s’est constitué. Il se compose des quatre Pays – Ouest Charente, Vals de Saintonge (Saint-Jean-d’Angély), Saintonge romane (Saintes), Haute Saintonge – ainsi que du BNIC.
La première étape a consisté à toquer à la porte du ministère de la Culture, histoire de voir si la candidature de Cognac était recevable. C’est chose faite. La seconde étape – celle d’aujourd’hui – tient à la réalisation d’un document pour démontrer le caractère universel du Cognac. Et il ne suffit pas de dire que le Cognac « est la meilleure eau-de-vie du monde ». Ce serait même un tantinet contre-productif car l’Unesco compte dans ses rangs des pays prohibitionnistes de l’alcool. Pour étayer la candidature, une dizaine de critères sont sollicités dont au premier chef l’évocation des paysages, histoire, patrimoine… Le comité de pilotage avait pensé faire appel à Vincent Bretagnolle, chargé en 2010 par la ville de Cognac d’établir le dossier « Ville et pays d’art et d’histoire ». « Les trois quarts de notre dossier étaient faits ». V. Bre-tagnolle a décliné l’invitation, faute de temps. Les élus se sont alors tournés vers un enseignant-chercheur de La Rochelle, Jérôme Piriou, spécialisé dans la géographie et le tourisme. Il a accepté de relever le défi, avec l’aide d’une de ses étudiantes en master 2, Claire Alliat. Remise de l’étude attendue en juin 2014. Si les auditeurs de l’Unesco donnent leur feu vert, les choses sérieuses pourront alors commencer, sachant que le dépôt d’un dossier à l’Unesco coûte très cher. Car il suppose de faire appel à un cabinet spécialisé.

Salons du goût
Au bonheur des gastronomes

Dans la mouvance des Sites remar-quables, les spécialistes identifient quatre « vrais » Salons du goût : Beaufort, Billon, Salers et Najac. Programmés généralement sur deux jours, on y déguste un tas de produits goûteux.

à Beaufort – Si le Salon du goût Arè-
ches Beaufort accueille une multitude de produits, le « prince des gruyères » y tient le haut du pavé. À côté d’Albertville, en Savoie, la coopérative laitière du Beaufortais (fruitière) produit des meules de fromages d’environ 40 kg. AOC depuis 1968, le Beaufort est produit de novembre à mai.

à Billom – Petite ville d’Auvergne, à quelques encablures d’Issoire, Billom a une spécialité, son ail. Le condiment tire son goût des terres fertiles de la Limagne. Tressé pour une meilleure conservation – et parce que c’est joli – l’ail rose de Billom s’invite à la table des grands chefs.

à Salers – On ne présente plus le fromage de Salers, l’un des plus vieux d’Auvergne. La production de ce fro-mage à pâte pressée non cuite n’est autorisée que du 15 avril au 15 novembre. Les vaches se nourrissent d’herbes des alpages, là où se trouvent les fameux burons, cabanes de bergers couvertes de lauzes.

à Najac – A Najac, dans l’Aveyron, le produit emblématique est le veau du Ségala. Aujourd’hui, Najac a abandonné la référence aux Sites remarquables du goût (trop de contraintes) pour ne retenir que la dénomination « Salon du goût ». Prochain salon les 5-6 avril prochain. Depuis plus de 15 ans s’y pressent des producteurs venus de toute la France.

 

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