Une fébrilité printanière inhabituelle

10 avril 2018

            Si le premier jour du printemps incarne en général le retour d’une certaine douceur, eh bien, le 20 mars 2018 déroge totalement à la règle ! Une perturbation neigeuse très inhabituelle à cette saison est venue « blanchir » presque toute la région. Cet événement exceptionnel s’inscrit dans la succession des séquences climatiques surprenantes auxquelles notre vignoble habitué plus de clémence est désormais confronté. On retiendra également de l’hiver 2017/2018 qu’il a été très pluvieux depuis quatre mois. De la mi-novembre à la mi-mars, le cumul des pluies dépasse régulièrement 550 à 600 mm selon les endroits ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. Cela représente 60 à 70 % de la pluviométrie moyenne annuelle. La nature a apprécié cette abondance ! Les sols ont « bu » cette eau avec appétence pendant des semaines et ce n’est qu’à partir de la fin janvier que leur gourmandise a semblé être rassasiée. Après plusieurs années de sécheresses successives, un hiver aussi pluvieux est bienvenu. Le niveau très bas de la Charente à la fin de l’été dernier a retrouvé du volume et le petit fleuve déborde avec générosité depuis la fin janvier. Il est probable que les nappes phréatiques superficielles et de moyennes profondeurs se sont plutôt bien rechargées.

           

            La climatologie plutôt froide et toujours pluvieuse de la deuxième quinzaine de mars semble pour l’instant avoir bloqué le réveil des bourgeons. Les premières pleurs dans les situations précoces avaient été observées fin février à une époque qui peut-être considérée désormais comme normale. Heureusement, les deux séquences de froid et de neige ont bloqué l’évolution de l’ensemble des parcelles. Seul, les bourgeons de chardonnay et de merlot implantés sur des terroirs très précoces ont commencé à bouger un peu mais pas au point d’éclater. Les ugni blancs plus tardifs sont pour l’instant très peu avancés et la perspective d’un débourrement précoce semble peu envisageable. Néanmoins, la forte hydratation des sols pourrait favoriser le réchauffement rapide des terres si les températures venaient à être clémentes pendant une à deux semaines. Le gel du printemps dernier reste présent dans l’esprit de beaucoup de viticulteurs car un second sinistre aurait des conséquences dramatiques sur l’économie des propriétés. Le risque gel a été souvent intégré  cette année dans l’organisation des travaux d’hiver. A la mi-mars, la taille et l’attachage sont loin d’être terminées dans beaucoup de secteurs gélifs. La sagesse terrienne est peut-être entrain un acte de gestion plein de modernité !

           

            L’économie du Cognac continue d’afficher une belle prospérité avec des sorties proches de 590 000 hl d’AP, des niveaux de progression supérieurs à 6 % sur de nombreux marchés et des augmentations de ventes dans tous les segments de qualité. L’optimisme ambiant de la filière de production est porté par des débouchés d’exportations plus équilibrés en chiffres d’affaires qu’en volume. Le continent d’Amérique du Nord reste le moteur de l’économie du Cognac avec des volumes d’expéditions proches de 250 000 hl d’AP représentant à elles seules 45 % des quantités totales. Or, les récentes tensions géopolitiques avec les Etats Unis constituent un sujet de préoccupation pour la stabilité de l’économie du continent Européen. Souhaitons que les efforts diplomatiques permettent de tempérer durablement les visions protectionnistes du gouvernement Américain. Les débats sur l’extension du potentiel de production constituent l’actualité du moment dans la région délimitée sachant que des plantations de surfaces supplémentaires représentent un engagement sur une échelle de temps longue de 30 à 40 ans. La problématique est à la fois simple et complexe : Quel est le niveau d’ambition dont il va falloir faire preuve pour répondre aux attentes d’un marché actuellement porteur ? Les responsables actuels de l’interprofession et de l’UGVC vont devoir déployer beaucoup d’intelligence pour construire ensemble, un projet d’avenir pour le potentiel de production.

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