Le fort développement du Centre de prémultiplication de la Station viticole du BNIC

10 avril 2018

Le centre de prémultiplication de la vigne de la Station Viticole du BNIC représente pour la pépinière Charentaise un pôle d’activité stratégique. En effet, cet établissement de prémultiplication agréé fournit 100 % des plants ugni blancs destinés à la production des vignes de mères de greffons et de porte-greffe des parcelles de multiplication. Les moyens conséquents mis en œuvre par l’interprofession ont permis de doubler l’activité en quelques années. C’est un maillon clé de la filière de production des plants certifiés peu connu des viticulteurs mais très important pour produire des plants ayant une qualité sanitaire et agronomique irréprochable.

 

Le centre de prémultiplication de la vigne de la Station Viticole du BNIC qui a été créé en 1971, joue un rôle capital dans la filière régionale de production de bois et plants de vignes certifiés. Sa mission est de fournir aux pépiniéristes le matériel de base nécessaire à la plantation des vignes mères de greffons et de porte-greffes. C’est en quelque sorte le sourcing régional des cépages Cognac et Pineau de bois et de greffés soudés indispensable à la chaîne de production des plants certifiés. Il est le seul organisme régional à disposer de tous les clones Charentais d’Ugni blanc, de Colombard, de Montils, de Folignan et de variétés de porte-greffes adaptés aux sols du vignoble de Cognac. L’activité du centre de multiplication est donc essentielle pour « nourrir » la filière de production de plants de vigne Charentaise.

 

L’ENTAV conserve le capital génétique de tous les cépages et les porte-greffes

 

            Dans la chaîne de production d’un plant de vigne certifié, les créations variétales sont issues en France de programmes de sélection pilotés par l’INRA et L’IFV. La grande rigueur scientifique déployée par ces organismes permet d’obtenir une qualité sanitaire irréprochable et des caractéristiques agronomiques en phase avec les attentes locales de chaque vignoble. Les créations variétales Françaises ont une crédibilité scientifique reconnue dans le monde entier. L’INRA et L’IFV ont mutualisé leur moyen au cœur du pôle national de matériel végétal qui est géré par l’ENTAV (Établissement National Technique d’Amélioration en viticulture). Cet organisme implanté au Grau du Roi dispose d’une équipe d’experts composée de scientifiques, d’agronomes, d’ampélographes, … qui travaille en relation avec les filières régionales pour finaliser les programmes de créations variétales. C’est au sein de ce site unique en France que sont conservés le capital génétique d’origine de tous les cépages et les porte-greffes certifiés. Des collections de chaque clone de cépage (5 souches par clone) et de porte-greffe sont cultivées, surveillées de près et utilisées pour alimenter les besoins en plants certifiés des régions viticoles Françaises. Ce capital végétal précieux porte le nom de matériel initial et l’ENTAV en est le seul producteur.

 

Le matériel initial est multiplié uniquement par des centres agréés : les Établissements B

 

            L’organisation des programmes de multiplication en France repose sur des procédures précises et encadrées. Le matériel initial produit par l’ENTAV ne peut ensuite être multiplié que par des centres agréés appelés les Établissement B. Ces structures implantées dans les régions viticoles sont en général confiées à des acteurs publics de la filière viticoles, des chambres d’agricultures ou des interprofessions. Les établissements B doivent multiplier le matériel initial en respectant des protocoles très rigoureux (et contrôlés) pour garantir la qualité sanitaire et agronomique des variétés certifiées. Les bois issus du matériel initial sont destinés à la plantation des parcelles de vignes produisant le matériel de base. Celles-ci sont référencées et contrôlées selon des procédures spécifiques répondant aux exigences de l’agrément du CTPS, des tests sanitaires pour les viroses tous les 6 ans (vis-à-vis du court noué et de l’enroulement 1 et 3), du traitement à l’eau chaude de 100 % du matériel végétal, de l’absence de Flavescence Doré et du contrôle de FranceAgrimer en serre et des pépinières.

 

Le centre de prémultiplication de la Station Viticole est piloté par Adrien Catté

 

            Le centre de prémultiplication de la vigne de la Station Viticole du BNIC remplit donc une mission essentielle qui est méconnue des viticulteurs. Il bénéficie d’un agrément du CTPS (Centre Technique Permanent pour la production pour la sélection des plantes cultivées) obtenu à l’issue d’audits réguliers qui ont lieu tous les 6 ans. Cet agrément a été renouvelé avec succès en 2016. Adrien Catté, le responsable, a en charge le suivi des parcelles de production de matériel de base et la production de boutures de porte-greffes, de boutures de greffons et de greffés soudés. Cette activité mobilise le jeune technicien tout au long de l’année. Il est présent lors de toutes les interventions clés et participe au contrôle de la conformité de la production. Après cinq années d’expérience au sein du centre de prémultiplication, A Catté a acquis une bonne connaissance de tous les maillons de la chaîne de production des plants de vigne. Sa mission englobe, le suivi des parcelles produisant le matériel de base, la collecte des bois dans les vignes mères, la préparation des boutures de greffons et porte-greffes, la phase de greffage de l’ensemble des lots, le suivi de la pépinière et le dialogue avec les acheteurs des plants, les pépiniéristes. Toute la production de boutures de porte-greffes et de greffés soudés du centre de prémultiplication est commercialisée auprès des pépiniéristes qui l’utilisent pour renouveler les parcelles de vignes mères de greffons et de porte-greffes.

 

Des vignes mères surveillées de près

 

            Les parcelles de vignes mères de greffons et de porte-greffes du centre de prémultiplication sont implantées chez des viticulteurs (Lycée de l’Oisellerie, Lycée de Barbezieux, Earl Polyviti-Danjou, Dimitry Chollet, Fredy Fradin Vignobles Rémy Martin, …..) dans le cadre de conventions d’entretien très précises. Leur suivi  durant la phase végétative est très rigoureux. En plus de toutes les procédures de suivis réglementaires évoquées précédemment, la Station Viticole effectue une identification systématique de l’esca et de l’eutypiose cep/cep tous les ans. La détection de la présence de ces maladies le plus tôt possible permet de mettre en œuvre une procédure de préservation des souches précoce. Dès le repérage des premiers symptômes, les souches sont recépées systématiquement pour essayer de maintenir le maximum de capital de ceps productifs. Si de nouveaux symptômes apparaissent, les souches sont alors considérées comme improductives pour produire du matériel de base et elles sont arrachées. Elles peuvent être remplacées par des par des jeunes plants (d’assemblage équivalent clone/PG) commandés auprès directement auprès de l’Entav.

 

Des règles très précises pour implanter de nouvelles parcelles

 

             La plantation de nouvelles vignes mères de matériel de base obéit à des règles bien précises, une implantation sur des terrains neufs, un isolement de l’îlot par rapport aux autres vignes, un agrément du site avant plantation par FranceAgrimer, l’obligation d’effectuer les trois traitements insecticides contre la Flavescence dorée, ……. . Durant toute la vie des parcelles, des contrôles en végétation effectués par la Station Viticole et les services de FranceAgrimer débouchent sur l’obtention d’un agrément à produire du matériel de base qui est remis en cause de façon régulière. L’aptitude de ces parcelles à produire du matériel végétal de qualité est conditionnée aux résultats des procédures de contrôle de l’état sanitaire (présence de viroses). Tous les 5 ans sur 100 % des souches sont testés vis-à-vis du court noué et de l’enroulement 1 et 3.

 

 

Des surfaces en production multipliées par deux en quelques années

 

            Les plantations de surfaces de vignes mère de greffons antérieurs à 2010 (1,2 ha d’ugni blanc et 0,4 ha de colombard, montils et folignan) ont connu une nette augmentation depuis quelques années. Il était indispensable de renouveler ces surfaces en raison de leur vieillissement et de la demande croissante de plants certifiés d’ugni blanc dans la région. Un premier programme de replantation du parc de vignes mères est intervenu entre 2014 et 2016 avec la plantation de 0,90 ha d’ugni blanc et de 0,60 ha de divers porte-greffes (RSB 1, 333 EM, fercal). Un second programme de renouvellement commencé en 2017 va se poursuivre jusqu’en 2020 pour implanter 1 ha supplémentaire d’ugni blanc, 0,4 ha d’autres cépages ( colombard, montils, …) et 0,70 de porte-greffes 41 B, R140, SO4, gravezac et 333EM. Ces efforts vont conduire à doubler la surface de vigne mères qui passera de 1,6 ha à plus de 3 ha dans les toutes prochaines années.

           

Une activité de pépinière sous-traitée et très encadrées

 

            L’activité de production de plants est confiée à un prestataire, l’Earl Lys-Charrier à Pérignac. Une convention encadre le protocole de production des boutures et des greffés Soudés. La totalité des boutures et des greffés-soudés mis en œuvre est traitée à l’eau chaude. Le stockage des bois et des boutures récoltées issus des vignes mères est isolé et parfaitement tracé. A Catté est présent lors des phases de débitage des boutures et de greffage pour contrôler l’identification des différentes variétés, des clones et des assemblages. Chaque année, environ 10 000 boutures de porte-greffes et 50 000 à 60 000 greffés soudés sont greffés. Les greffages d’ugni blanc représentent 75 % de la production totale avec plus 80 assemblages différents de 500 à 5 000 plants. La pépinière destinée à la production du matériel de base est isolée de celle du façonnier. Cela évite les risques de confusion au moment de l’arrachage et surtout facilite  l’identification des nombreux lots.

 

Un potentiel de plants permettant de renouveler une dizaine d’hectares de parcelles de multiplication/an

 

            Le potentiel de production de greffés-soudés du centre de prémultiplication se situe autour de 55 000 à 60 000 plants (des greffés-soudés et les pots). 75 % de cette production concerne le cépage ugni blanc ce, qui permet aux pépiniéristes de planter chaque année une dizaine d’hectares de vignes mères de greffons. Cela permet de disposer des quantités de matériel végétal suffisantes pour faire face à la forte demande de plant actuelle. Le reste de la production concerne principalement le colombard, un peu de montils et de petites quantités de divers autres cépages (merlot, cabernet, sauvignon blanc et chardonnay). Dans un avenir assez proche, l’activité du centre de multiplication production va sûrement continuer à se développer avec l’introduction probable du Monbadon, des variétés récitantes et du chauché gris pour le pineau.

 

Une approche confinée des conditions production des vignes mères à l’étude

 

            Une réflexion nationale est en cours pour faire évoluer les conditions de production des vignes mères. Un projet de recherche piloté par l’IFV étudie la possibilité d’implanter et de cultiver les vignes mère de greffons et de porte-greffes dans l’environnement confiné d’une serre. Cette démarche aurait le double intérêt de mieux se prémunir vis-à-vis des contaminations sanitaires extérieures (actuelles comme les viroses, la FD et émergentes) et de permettre une mise à disposition beaucoup plus rapide du matériel végétal issu de clones nouveaux et des variétés résistantes.

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