Un débourrement normal et un mildiou présent

17 mars 2009

ugni_blanc_arcure_au_s_opt.jpegLes années se suivent et se ressemblent ! En 2008, le débourrement est intervenu avec deux semaines de retard par rapport à 2007, mais le beau temps de début mai a stimulé la végétation. Les conditions climatiques pluvieuses depuis la mi-mars ont créé un contexte favorable au mildiou et les techniciens estiment qu’en début de saison, le niveau de risque est équivalent voire supérieur à celui de l’année dernière à pareille époque. Va-t-on encore vivre un cycle végétatif difficile à maîtriser ? Le gel du 7 avril dernier, un débourrement hétérogène et le démarrage précoce des pulvérisateurs renforcent pour l’instant cette inquiétude.

 

 

 

Le cycle végétatif de la vigne connaît un démarrage plus tardif que celui des trois dernières années, mais il reste dans la moyenne des données régionales. Le débourrement 2008 n’a été ni précoce ni tardif. Les successions de périodes pluvieuses et fraîches depuis deux mois ont retardé l’éclosion des bourgeons. L’hiver 2007-2008 a été normalement pluvieux mais pas réellement froid et jusqu’à la fin du mois de janvier, les travaux d’hiver ont pu se dérouler normalement dans le vignoble. Par la suite, le climat de février doux et sec avait « réveillé » la nature de façon rapide et déjà tout début mars, les écailles des bourgeons des cépages précoces comme le Chardonnay, le Sauvignon et le Merlot commençaient à « bouger ». Une période beaucoup plus fraîche et surtout très pluvieuse s’est installée de la mi-mars à la fin avril. Le cycle de développement de la vigne s’est alors bloqué, sauf dans les situations précoces. Les parcelles taillées tardivement jusqu’à la fin mars, les sols profonds ont amplifié cette année les retards de végétation.

L’événement marquant de ce début d’année est l’abondance des pluviométries depuis deux mois. Depuis la mi-mars, les niveaux de précipitations dépassent 200 mm, ce qui correspond à des niveaux bien supérieurs aux valeurs moyennes. Le déroulement des travaux mécaniques a été perturbé dans la plupart des situations. Les travaux de plantations qui n’avaient pas pu être réalisés dans le courant du mois de février ont été reportés à une date ultérieure faute de beau temps. Cette année, beaucoup de greffés soudés seront mis en terre dans le courant du mois de mai.

En Charentes, des dégâts de gel sur les cépages précoces et légers sur l’Ugni blanc

Les cépages précoces comme le Chardonnay, le Colombard et dans une moindre mesure le Sauvignon avaient commencé à débourrer dans les situations de terroir précoces au cours de la dernière décade de mars. Malgré des conditions climatiques pluvieuses et fraîches de ce mois, le stade pointe verte était atteint sur les cépages précoces dès les 7-8 avril, les Chardonnay arrivaient à marquer le rang et plus de 50 % des bourgeons avaient 1 à 2 feuilles étalées. Les Merlot et les Cabernet n’ont commencé réellement à pousser que plus tard. La gelée du 7 avril a été très inégale d’un endroit à un autre et les dégâts quatre semaines plus tard sont encore difficiles à apprécier. Cette gelée a été marquée par une forte chute du thermomètre qui est descendu bas (entre – 2 °C et – 4 °C en plein champ). L’intensité du gel a été plus limitée sur la frange littorale du vignoble alors qu’à l’intérieur les zones traditionnellement gélives ont été les plus touchées. Cependant, l’importance des dégâts est très variable. Les zones plus basses, l’absence de circulation d’air, la proximité de bois ou de haies, les tailles précoces ont bien sûr accentué les conséquences de ce coup de froid. Il semble aussi que dans certaines zones, des pluies dans la soirée du 7 avril ont amplifié les dégâts sur des bourgeons dans la bourre ou juste au stade pointe verte. Les faibles précipitations (de 2 à 4 mm) ont humidifié l’intérieur des bourgeons et les niveaux de températures bas ont amplifié l’effet de gel sur des stades végétatifs peu développés. Lors de la gelée historique du 21 avril 1991, ce phénomène avait déjà été observé.

Aussitôt la gelée, les dégâts ont été très visibles sur les pousses ayant atteint le stade 1, 2 ou 3 feuilles étalées. Par contre, les bourgeons encore dans la bourre ou au stade pointe verte ont mis plus de temps à exprimer des dégâts. Comme le climat dans les trois semaines qui ont suivi est resté froid et humide, la pousse de la vigne n’a pas évolué. Ce n’est qu’au bout d’une dizaine de jours que ces bourgeons se sont ramollis et les dégâts du gel sont alors apparus plus importants. Les mauvaises conditions climatiques de la fin avril n’ont pas favorisé la repousse rapide des contre-bourgeons et les viticulteurs confrontés au gel ont dû attendre début mai pour voir redémarrer leurs parcelles.

En Charentes, ce sont principalement les parcelles de Chardonnay, de Colombard et de Sauvignon situées sur des terroirs précoces (ou taillées très tôt) qui ont été les plus touchées. Quelques dégâts ont été observés sur des parcelles de Folle Blanche, de Montils et d’une façon marginale des Ugni blancs en situation très précoce. Néanmoins, le débourrement irrégulier dans certaines parcelles avec la présence de 10 à 30 % de bourgeons sourds n’est pas à relier totalement à un phénomène de gel de bourgeons dans la bourre du 7 avril dernier.

Le Muscadet très touché et des dégâts significatifs sur les sauvignon en Gironde

La gelée du 7 avril a touché beaucoup de vignobles de la façade atlantique et, d’une manière générale, les cépages et les terroirs précoces ont été les plus affectés. Dans la région du Muscadet, le cépage Melon a été très touché (avec des températures de – 2 à – 4 °C) et les premières estimations laissent à penser que les pertes de production seraient de l’ordre de 20 à 50 %. Les professionnels de cette région sont donc très inquiets d’autant que le climat de fin avril n’a pas favorisé une repousse rapide. Dans le Bordelais, des dégâts ont été observés mais l’intensité globale du gel est difficile à quantifier précisément. Le gel du 7 avril a touché toutes les zones du vignoble, le Blayais-Bourgeais, le Libournais, l’Entre-Deux-Mers, les Graves et le Médoc mais avec des gradients d’intensité très variables selon les situations. D’une manière générale, le Sauvignon et les terroirs précoces ont été les plus affectés. Trois semaines après le gel, une évaluation des dégâts faisait état de 10 à 15 % des surfaces touchées avec un impact plus significatif sur le Sauvignon blanc. Des parcelles de Merlot et de Cabernet franc situées sur des sols légers ont aussi révélé des dégâts sur des bourgeons dans la bourre et au stade pointe verte. Quel sera l’impact de ce coup de froid sur le potentiel de production 2008 en Gironde ? Il est trop tôt pour se prononcer car les dégâts sont très irréguliers à quelques kilomètres près. Néanmoins, l’inquiétude la plus importante concerne la production de Sauvignon blanc qui pourrait être la plus affectée. La sortie des contre-bourgeons n’a commencé que début mai et il est très difficile pour l’instant de savoir si ces repousses sont fructifères.

Des Colombard bien touchés dans le Gers

Dans le Gers, l’ensemble du vignoble a été concerné par le gel du 7 avril car tous les cépages précoces avaient atteint régulièrement le stade 1 à 2 feuilles étalées. Les secteurs les plus fortement touchés sont ceux de Cazaubon, d’Eauze, de Nogaro, de Mauléon alors que les secteurs de Saint-Mont, de Riscle, de Plaisance, de Condom ont été plus épargnés. L’évaluation précise de l’importance des dégâts reste difficile à quantifier car le gel a eu partout un gradient d’intensité très fluctuant selon la topographie, la présence ou pas de bois et l’état d’avancement de la végétation.

D’une manière générale, le Chardonnay, le Sauvignon et le Colombard sont les plus affectés, et comme ce dernier cépage représente environ 50 % des surfaces de cette région, une véritable inquiétude règne dans beaucoup de propriétés. Les Ugni blancs ont été beaucoup moins touchés car leur débourrement n’était pas aussi avancé. La situation liée au gel de 2008 n’est certes pas comparable à celle de 1991 au niveau de l’ensemble de la région Armagnac, mais localement certains viticulteurs ont perdu 50 % de leur potentiel de production. L’intensité des dégâts est restée difficile à apprécier pendant une à deux semaines car, dans certaines parcelles, des bourgeons au stade bourre avancée ont été détruits. C’est l’absence de pousse au bout d’une dizaine de jours qui a révélé l’ampleur des dégâts. Par ailleurs, le climat froid et pluvieux de la deuxième quinzaine d’avril n’a pas été propice à une repousse rapide et on ne sait pas si les contre-bourgeons seront fructifères. Un certain nombre de viticulteurs, de techniciens et de responsables de coopératives estiment déjà que le niveau de production de vins blancs aromatiques en 2008 dans le Gers sera bien inférieur à celui des récoltes précédentes.

Un débourrement normal homogénéisé par le beau temps de début mai

L’Ugni blanc aurait pu cette année encore débourrer de façon précoce à la suite de la douceur de février et de mars, mais à partir du milieu de ce mois les températures se sont refroidies nettement. Ce climat frais et pluvieux a bloqué nette l’évolution de l’Ugni blanc en Charentes et avec le recul on peut se dire que le « retour d’hiver » est arrivé à point. Le SRPV de Cognac a commencé les suivis de phénologie à partir du 25 mars et à cette époque le début du gonflement des bourgeons commençait. Les premiers bourgeons dans la bourre sont apparus autour du 1er avril. Même si les conditions climatiques de début avril sont restées fraîches et pluvieuses par rapport aux normales saisonnières, environ 50 % des bourgeons avaient atteint le stade bourre visible au milieu de ce mois. Au moment de la gelée du 7 avril, on peut penser que sur les situations précoces quelques bourgeons étaient au stade pointe verte. Avec le recul, les dégâts liés au gel sur l’Ugni blanc semblent peu importants même si des interrogations persistent sur les raisons d’un taux de débourrement plus faible dans certaines parcelles.

Globalement, les observations de la première semaine de mai des viticulteurs et des techniciens se recoupent : « Le débourrement s’est déroulé normalement dans l’ensemble avec un avantage net aux jeunes parcelles. Dans les parcelles plus âgées ou ayant porté en 2007 une charge de raisins plus abondante, la proportion de bourgeons sourds est plus importantes. »

bourgeon_par_dessous_opt.jpegLe débourrement 2008 est intervenu à une époque normale mais beaucoup de viticulteurs le considèrent comme tardif par rapport aux années 2005, 2006 et 2007. Aux alentours du 1er mai, les bourgeons d’Ugni blanc étaient l’année dernière régulièrement au stade 2 à 4 feuilles étalées (10 à 12 jours d’avance). Il semble par contre que les stades végétatifs soient en ce début de cycle végétatif assez hétérogènes au sein des parcelles et sur les bois de taille. M. Yoann Lefèbvre, le technicien viticole de la Chambre d’agriculture de Charente à Cognac, estime aussi que l’hétérogénéité des stades végétatifs lors du débourrement 2008 est aussi plus importante : « Le débourrement 2008 est marqué par une assez forte hétérogénéité des stades végétatifs dans les parcelles qui peut laisser à penser que le taux de débourrement est assez moyen. Des bourgeons au stade 4 à 6 feuilles étalées côtoyaient au 9 mai des pointes vertes. L’effet date de taille a eu cette année une incidence plus nette sur la précocité de débourrement dans les parcelles. La présence d’une proportion de bourgeons sourds plus importante reste difficile à interpréter. Le gel entre – 2 et – 4 °C a pu griller un certain nombre de bourgeons dans les situations précoces. Par contre dans les situations plus tardives, on peut se demander si l’historique de l’entretien agronomique des parcelles n’influe pas sur la qualité du débourrement. »

Quant aux premières indications de présences d’inflorescences, il est pour l’instant beaucoup trop tôt pour avoir une vision objective du futur potentiel de production. La période ensoleillée et plus chaude entre le 3 et le 12 mai a permis d’accélérer le débourrement et les inflorescences commencent à être visibles. Sur les Merlot, Sauvignon et les Colombard, les premières observations laissent à penser que la charge d’inflorescences s’annonce comme normale. Dans les Ugni blancs, le développement végétatif est rapide depuis le début mai et les rameaux ayant atteint le stade grappes visibles portent un nombre d’inflorescences tout à fait normal même si leur taille paraît petite. La deuxième quinzaine de mai va être déterminante pour la tenue et le développement des inflorescences.

Pendant cette période, des niveaux de températures basses pour la saison, des pluies fréquentes, des symptômes précoces de chlorose, des attaques précoces de mildiou… peuvent déjà réduire fortement le potentiel de grappes avant la floraison. A l’inverse, un nombre d’inflorescences moyen peut très bien se tenir si les conditions climatiques sont favorables. Ce n’est qu’après la floraison à la fin du mois de juin que l’on peut avoir une idée juste du potentiel de production de l’année.

Des œufs d’hiver de mildiou mûrs depuis le 7 avril

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L’incidence de la température sur la durée de germination des spores.

L’actualité de ce début de cycle végétatif est le mildiou qui inquiète beaucoup de techniciens. L’importance et la fréquence des pluies depuis la mi-mars ont fait monter progressivement le niveau de risque qui se situe au 10 mai à des niveaux équivalents à celui de 2007 à pareille époque. Au cours de ces deux derniers mois, les précipitations moyennes ont atteint 180 à 200 mm selon les endroits, soit des niveaux bien supérieurs de 50 % aux données sur 30 ans (plus de 47 jours de pluies en deux mois). M. Patrice Rétaud, l’ingénieur du SRPV Cognac, considère que le contexte mildiou de début de saison en 2008 a été marqué par deux événements marquants : « Il est indéniable que l’importance et la fréquence des pluies depuis le début mars ont été favorables à la maturation des œufs d’hiver de mildiou. Par contre, les niveaux de températures relativement bas pour la saison entre la mi-mars et la fin avril ont ralenti ce processus de maturation. Le suivi de maturation des œufs d’hiver que nous effectuons en laboratoire à partir d’échantillons en conditions naturelles a indiqué qu’à partir du 7 avril, la germination des œufs d’hiver s’effectuait en moins de 24 à 48 heures. Cette époque de maturation des œufs d’hiver se situe dans la moyenne car à titre de comparaison, en 2007, elle avait été atteinte le 23 mars. Dans la nature, il est possible que sur les sols se réchauffant facilement, des contaminations primaires aient pu se produire dès que la végétation s’est développée. Cette année, on trouvait sur Ugni blanc vers les 20-25 avril des bourgeons au stade 1 à 2 feuilles étalées juste à côté d’un piquet ou dans des environnements protégés. Les contaminations peuvent se produire dès le stade 1 feuille étalée et le repérage de ce stade est difficile à observer. Les niveaux de températures froids d’avril ont provoqué un allongement des durées de germination des spores, ce qui a limité les risques de contaminations jusqu’aux premiers jours de mai. »

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M. Patrice Rétaud, l’ingénieur du SRPV Cognac.

La température joue un rôle très important sur les conditions de germination des spores de mildiou. Pour des températures supérieures à 15 °C, la germination s’effectue en 1 h 30 alors qu’à 8 °C, il faut plus de 4 heures. L’autre élément qui rend difficile l’appréciation des premières contaminations de mildiou en 2008 est l’impact du gel du 7 avril sur les pousses qui étaient les plus développées. Les bourgeons « enrhumés » et détruits ont accusé un retard de croissance qui a empêché les contaminations. Les niveaux de températures bas d’avril ont aussi provoqué un allongement des durées d’incubation qui, en l’absence de taches foliaires, peut laisser à penser que la maladie n’est pas présente dans les parcelles. Le cycle de développement du champignon dans la plante est soit allongé soit accéléré par les niveaux de températures.

MILVIT indique un risque mildiou fort confirmé par les sorties de taches

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La durée d’incubation dépendante des niveaux de températures.

Le Modèle de prévision des risques mildiou du SRPV de Cognac a détecté les premières contaminations entre le 17 et le 20 avril, mais au 6 mai aucune tâche primaire n’avait été repérée dans la région. Par contre, le deuxième épisode de risque de contamination entre le 25 avril et le 1er mai a été confirmé par des sorties de taches (entre le 12 et le 15 mai) sur les secteurs de Marcillac (33), Chevanceaux, Saint-Thomas-de-Conac, Saint-Ciers-Champagne, Mons et Saint-Sulpice-de-Cognac. La fréquence des pluies très locales dans la région entre le 4 et le 12 mai a dû aussi provoquer des contaminations et le modèle MILVIT confirme la montée en puissance du risque mildiou pendant cette période. Dans un contexte de risque plutôt élevé, des niveaux de pluies faibles de l’ordre de seulement 1 à 2 mm en début ou en fin de journée sont suffisants pour provoquer des contaminations secondaires. Les viticulteurs ne doivent pas sous-estimer l’importance de ces petits épisodes pluvieux à partir de la mi-mai.

arcure_en_hauteur_opt.jpegP. Rétaud ne cache pas que le niveau de risque mildiou en ce début de cycle végétatif lui paraît élevé : « Les conditions climatiques depuis la mi-mars ont été favorables à la maladie, même si les températures ont retardé le processus de maturation des œufs d’hiver et les durées d’incubation des premiers cycles. Depuis début mai, toutes les pluies ont occasionné de nouvelles contaminations d’autant que les températures sont plus normales. A titre de comparaison, au 12 mai en 2007, le niveau de risque mildiou était à peu près identique à celui de cette année. Maintenant, le climat des trois prochaines semaines va être déterminant vis-à-vis de la dynamique de l’épidémie. Si les épisodes pluvieux se multiplient, le contexte de lutte pourrait devenir assez rapidement compliqué. A l’inverse, si le temps devient sec, le mildiou perdra de son agressivité. La situation actuelle est donc assez délicate à gérer pour les viticulteurs. L’un des enseignements majeurs de l’année 2007 a été les limites des actions curatives des produits de traitements. Aussi, dans un contexte de fort risque, il faut utiliser les produits pour leurs propriétés préventives, quitte à raccourcir les cadences pendant les périodes de pousse active. Les effets curatifs des produits doivent être considérés comme un plus et non pas comme une solution de rattrapage absolue. Sur les propriétés ayant beaucoup traité en curatif en 2007, il faudra être très rigoureux cette année dans le respect des préconisations d’utilisation des différentes familles de produits soumises à des phénomènes de résistance. Travailler en préventif et ne pas dépasser 2 à 3 applications d’anilides, de QOI et de CAA (diméthomorphe et iprovalicarbe) sont des principes indispensables. Les phénomènes de résistance aux QOI et aux anilides sont aujourd’hui généralisés et sur-employer ces produits risque de conduire à une perte d’éfficacité. Pour la famille des CAA, des souches résistantes avaient été détectées depuis uelques années dans le Sud-Est, en Bourgogne et dans le Gers. A l’issue de la campagne 2007, le suivi de la résistance du SRPV a mis en évidence une progression de la résistance au diméthomorphe et à l’iprovalicarbe dans le Bordelais et en Charentes. »

cycle_vgtatif5_opt.jpegLe fait de posséder sur une propriété un témoin 0 traitement en début de cycle végétatif est un outil intéressant pour observer l’apparition des premiers cycles de mildiou et d’oïdium. Cela oblige le viticulteur à prendre le temps d’observer 30, 50 ou 100 pieds une à deux fois par semaine. Le fait de voir apparaître les premiers symptômes et de suivre le déroulement des épidémies permet de pousser plus loin la recherche d’informations pour conduire la protection d’une manière plus raisonnée. En effet, l’interprétation des observations sur un seul témoin nécessite un travail en groupe pour tenir compte des effets sites. Un endroit sensible ne l’est pas forcément l’année suivante, ce qui justifie l’échange d’informations pour aborder la lutte dans de meilleures conditions.

L’EPI nettement positif confirme un risque mildiou de début de saison élevé

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M. Yoann Lefèbvre, le technicien viticole de la Chambre d’agriculture de Charente à Cognac.

Les Chambres d’agriculture de Charente et de Charente-Maritime réalisent un suivi de protection du vignoble qui s’appuie à la fois sur une approche de modélisation (le potentiel système) et l’observation d’un réseau de témoins non traités répartis dans l’ensemble de la région délimitée. En début de saison, deux éléments font l’objet d’un suivi spécifique au niveau de la modélisation, la maturation des œufs d’hiver et la courbe de l’EPI qui traduit le niveau de risque général. Yoann Lefèbvre, le conseiller viticole de la Chambre d’agriculture de Charente, ne cache pas que la situation mildiou du début de cycle végétatif est préoccupante. Les valeurs de l’EPI sont nettement positives, ce qui signifie que le niveau de risque mildiou est élevé et supérieur à celui de 2007 à pareille époque. Par contre, les niveaux de températures bas en avril avaient retardé le processus de maturation des œufs d’hiver. Les œufs d’hiver sont arrivés à maturité autour des 27-30 avril et le modèle avait indiqué que des contaminations de masse pouvaient se produire entre le 5 et le 10 mai si les conditions climatiques étaient favorables. Or, des averses orageuses locales ont eu lieu un peu partout dans la région délimitée entre le 5 et le 13 mai. Dans l’Epiflash du 6 mai, la préconisation qui conseillait de protéger l’ensemble de la végétation avant d’éventuels épisodes pluvieux était judicieuse.

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Evolution de la courbe de l’EPI à Segonzac.

 

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Evolution de la courbe de l’EPI à Jonzac.

Y.Lefèbvre estime que les informations fournies par le Modèle représentent une source d’information intéressante en matière de risque mildiou en début de saison, mais ensuite c’est le climat de mai et juin qui fait ou défait les épidémies : « Les informations issues de la modélisation nous indiquent cette année que le risque mildiou en ce début de saison est élevé, mais les effets locaux d’absences ou de fortes pluviométries des semaines à venir vont être déterminantes. Actuellement, toutes les conditions sont réunies pour le déclenchement d’une belle épidémie. Si nous avons des niveaux de précipitations de 5 à 20 mm par semaine jusqu’à la mi-juin, la situation mildiou pourrait devenir complexe. A l’inverse, si le temps devenait sec, on retrouverait une situation identique à celle de 2006 où entre début mai et mi-juin, le niveau de risque mildiou élevé au départ s’était effondré au profit de l’oïdium qui avait fait des dégâts. Pour l’instant la succession des pluies est très favorable au mildiou, d’autant que la vigne est entrée dans une phase de croissance active. Le positionnement des traitements et le choix des produits d’ici la fin mai devront être raisonnés en anticipant à la fois les risques de pluies et l’allongement rapide de la végétation. »

 

Bibliographie :

– M. Patrice Rétaud, du SRPV de Cognac.

– M. Yoann Lefèbvre, conseiller viticole de la Chambre d’agriculture de la Charente.

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