L’adaptation au contexte

9 février 2009

tribune_acv_discours.jpgAméliorer les conditions d’exploitation de son métier de base, le traitement des prestations viniques… C’est la réponse industrielle mise en place depuis plusieurs années déjà par la Distillerie Coopérative de Coutras, pour pallier les mutations en cours : instauration d’un rendement agronomique « Charentes », des distillations communautaires qui font moins recettes auprès des viticulteurs, des prix de produits tartriques en chute libre.

Comment garder le cap ? C’est la question, récurrente, qui se pose à des structures comme l’UCVA dont la vocation est de gérer les excédents, que ces excédents aient une finalité qualitative (prestation vinique) ou économique (distillations volontaires ou obligatoires destinées à soutenir le marché). Véritable « fonds d’usine » de la viticulture, réceptacles des quantités en trop, les distilleries viticoles sont par essence confrontées à une activité en dents de scie. Dans ces conditions, la seule réponse adaptée consiste à privilégier la problématique industrielle, seul élément stable dans un océan d’instabilité. Depuis plusieurs années déjà (1993), l’UCVA a mis à profit ses bons résultats pour investir dans l’outil industriel, notamment sur son métier de base, le traitement des prestations viniques, le moins sujet à fluctuations. Objectif : améliorer les rendements en alcool et réaliser des économies en énergie et dépollution. La bonne surprise, ce fut le retour financier de ces investissements, plus rapide que prévu. Et tant mieux. Il permettra sans doute de « tamponner » deux éléments défavorables à l’activité : le risque de disparition à terme de la distillation communautaire article 28 et l’effondrement d’ores et déjà avéré du prix des tartrates. En trois mois, ces produits ont brutalement perdu 50 % de leur valeur alors que, pendant deux ans, ils avaient concouru de manière significative aux résultats. Un tel revirement ne constitue d’ailleurs pas un objet d’étonnement pour les professionnels du secteur. « L’étrange, c’est plutôt que de tels niveaux de prix aient perduré pendant une période aussi longue » constate Jean-Michel Létourneau, directeur de l’UCVA. Annuellement, les besoins mondiaux en acides tartriques portent sur environ 30 000 tonnes. Si la concurrence des produits de synthèse chinois explique en partie la chute des prix, le marché a toujours brillé par son côté anarchique, difficilement maîtrisable. L’espoir ? Que les prix retrouvent un niveau raisonnable dans les deux-trois ans qui viennent, sans toutefois atteindre de tels sommets. Pour l’heure, l’écroulement des cours des matières tartriques va amputer de plus de 10 millions de francs les comptes de la campagne 2001-2002. Le président de l’UCVA Hubert Burnereau s’est chargé d’exprimer le climat de prudence qui animait le conseil d’administration. « Depuis plusieurs années, les compléments de rémunérations étaient logiquement financés par les excédents de la section “matières tartriques”. Il était naturel que la bonne tenue des marchés des co-produits profite à l’ensemble des associés-coopérateurs. La nouvelle donne nous conduit à aborder l’avenir avec une très grande prudence, en sachant que le conseil d’administration comme la direction de l’Union demeurent attentifs à l’optimisation des conditions d’exploitation. » Le président Burnereau a signalé que la valorisation de co-produits nouveaux ainsi que des travaux sur la post-méthanisation faisaient l’objet d’un programme d’étude, de recherche et développement, en collaboration avec l’Ecole nationale supérieure de chimie de Toulouse. Présent à l’A.G. de l’UCVA, André Camroux, président de la Fédération nationale des distilleries coopératives, a signalé pour sa part les travaux conduits par l’ITV à la demande de la Fédération sur le compost issu des distilleries vinicoles. « Quand on parle de traçabilité, il est très important de pouvoir caractériser notre compost et le certifier sans risque pour l’utilisateur. » Evoquant les résultats de l’UCVA, il a tenu à relativiser l’impact de la chute des prix des co-produits. « Par rapport à l’ensemble de nos adhérents, vos résultats sont excellents. Peu de distilleries traitent comme vous 70 000 tonnes de marcs. Vous disposez d’un outil fonctionnel et rationnel. Si tous les résultats des distilleries n’étaient pas plus “dopés” que les vôtres par les co-produits, il n’y aurait pas grande inquiétude à se faire. »

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