Trum superman

21 décembre 2016

Le 8 novembre dernier, un mardi, Donald Trump a remporté, avec la désignation de 290 grands électeurs, les élections américaines (il en faut 270 pour être élu). Le 20 janvier 2017 à midi (18 h heure française) il deviendra officiellement le 45 ème président des Etats-Unis.

Faut-il avoir peur de Donald Trump ou, plus exactement, le Cognac doit-il craindre la politique de Donald Trump ? La question n’appelle pas de réponse, tellement la situation est insondable. Le seule chose dont on soit sûr, c’est que Trump représente un grand bond dans l’inconnu. Comment se comportera cet homme qui fait de « l’imprévisibilité » une vertu cardinale ? On sait juste qu’il s’est fait élire comme le porte-voix des marginalisés de la mondialisation. Et que parmi ses « dix projets pour les cent jours » (comprendre les cent premiers jours de son mandat), existe un projet de révision des accords de libre-échange.

Or, quelque part, le Cognac est enfant du libre-échange. Et pas depuis dix ans ni cinquante ans. Depuis des siècles. Pionniers de la globalisation à une époque où le terme n’existait pas, il a fondé sa fortune sur toutes les mers du globe. Les premières expéditions vers les Etats-Unis datent de la fin du 18 ème siècle. Une expédition vers la Chine est répertoriée en 1849. Avant, il y avait eu tout le commerce avec l’Europe du nord, Londres, Bristol, Dublin, Amsterdam, Stockholm, Anvers. Et l’on ne parlera pas des accords Chevalier-Cobden signés entre la France et l’Angleterre en 1860. Précédant le phylloxera, ils signeront un âge d’or du Cognac. Ainsi, toute allusion à de nouvelles barrières douanières, à de nouveaux obstacles au commerce fait hérissé le poil de tout cognaçais normalement constitué.

Dans son discours électoral, Trump n’a pas donné dans la demi-mesure : hausse de  35 à 45 % des taxes d’importations pour les produits provenant de Chine ou du Mexique, tentations protectionnistes avec le reste du monde, logique de rupture avec le multilatéralisme, remise en cause des grands traits commerciaux internationaux (Alena, TTIP, TPP), possible retrait des grandes organisations internationales, OMC (Organisation mondiale du commerce), banque mondiale, FMI, Conférences sur le climat… N’avait-il pas promis que son élection serait « un Brexit à la puissance trois ».

Aujourd’hui, force est de constater que le ton du futur président a déjà baissé d’un cran. « Il n’y aura pas de guerre commerciale » a-t-il résumé. « Nous placerons toujours les intérêts américains en tout premier – « America first » – mais nous traiterons équitablement avec tous. »

Alors, Bad Trump ou Trump light ? A priori les places boursières et le monde économique en général ont déjà tranché, au moins pour l’instant. Exit le scénario catastrophe. « Trump est un businessman et rien n’arrête le business . Il est bien obligé de revenir sur terre et réaliser que gouverner, c’est négocier. » Le président chinois Xi Jinping – dont le pays a  été qualifié voilà peu « d’ennemi » par Donald trump – n’a pas dit autre chose – « La coopération est la seule option possible. » Bref, le monde des affaires compte sur le pragmatisme de Trump pour faire évoluer son programme – « Et il n’aura pas de scrupules à le faire ».

Reste que tous les commentateurs ne partagent pas cet optimisme un peu prédictif – « A force de provocations, il risque de déclencher une guerre commerciale sans même passer à l’acte. » « Etre populiste, c’est être démagogue c’est-à-dire proposer des solutions simplistes à des problèmes complexes. » Les pays émergents seraient les premières victimes mais les autres suivraient de près. « Le choc sur le commerce mondial affecterait tous les participants à l’économie globale, tirant l’activité par le bas. Personne n’échapperait à ce choc » notre Philippe Waechter, directeur de la recherche économique à Natixis (citation reprise des Echos).

Pour revenir à des réalités plus tangibles, les Etats-Unis absorbent aujourd’hui 42 % des ventes de Cognac. Sur l’année mobile arrêtée à fin octobre 2016, sur un total d’expéditions Cognac de 491 511 hl AP, le marché américain a pesé pour 204 727 hl AP, un chiffre d’exportation en hausse de 14,3 % sur les douze derniers mois. A elles seules, les ventes aux « States » ont généré un chiffre d’affaires d’un million d’€. Le deuxième marché du Cognac, Singapour, se positionne à  67 848 hl AP (+ 1%, 450 millions d’€ de CA). La Chine se classe en troisième position avec 52 566 hl AP (+2,3 %, 311 millions d’ de CA).

Ainsi, au-delà de la politique commerciale de Donald Trump, ce qui compte autant voir plus, c’est sa politique économique intérieure. On sait qu’il envisage un ambitieux plan de relance de 900 milliards d’€ (1 000 milliards de $) pour développer les infrastructures, financé par le public et le privé. Sa doxa ! Augmenter les dépenses, diminuer les impôts, compter sur le retour au bercail des bénéfices des sociétés américaines, sans doute recourir aussi à la dette. Et à vrai dire, pro ou anti trump, tous les exportateurs du monde n’ont d’autre choix que de souhaiter bonne chance au futur président des Etats-Unis pour que la croissance soit au rendez-vous, de façon durable. Car dans un pays qui représente  14 % des importations mondiales, une récession signerait une véritable déflagration planétaire.

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