Une expérience d’aménagement de la lutte insecticide à suivre

18 septembre 2018

Une expérimentation d’aménagement de la lutte insecticide a été mise en place depuis deux ans sur trois petites zones pilotes, deux situées en Charente et la dernière en Charente Maritime.  L’initiative limitée à seulement 1 600 ha est porteuse d’espoir pour construire d’ici quelques années des stratégies de sorties du PLO insecticide sérieuses, encadrées et pérennes. C’est un challenge ambitieux et en phase avec les attentes actuelles de réduction d’utilisation des intrants phytosanitaires.

  L’expérimentation d’aménagement de la lutte insecticide est supervisé par la FREDON de Cognac (l’interlocuteur en Charentes du SRAL Nouvelle Aquitaine) et est piloté sur le terrain par les chambres d’agriculture de Charente et de Charente Maritime. Le financement de cette expérimentation est assuré par le BNIC. La finalité a été de mettre en place une démarche de suivi des larves et des vols d’adultes exhaustive durant toute la saison pour envisager de raisonner et de réduire la protection insecticide d’une façon rationnelle.

 

Trois secteurs d’études soumis à une couverture à trois traitements

 

            L’expérimentation a en fait commencé en 2016 qui a été une année d’observation de la situation sanitaire des trois zones concernées (soumises à trois traitements). Chacun de ces territoires possède à la fois des spécificités et des points communs. Le premier implanté en Charente dans les communes d’Ars et Merpins couvre une surface de 577 ha. Le second à Triac Lautrait, d’une surface de 209 ha, est contaminé avec la découverte d’1 ceps porteur de la maladie en 2016 et 2017. Le troisième en Charente Maritime sur les communes de Saint Maigrin (une parcelle contaminée), Saint Germain de Lusignan et de Mortiers représente un potentiel de 790 ha. Deux animatrices suivent les populations de larves et de papillons adultes à partir d’un réseau d’observations très dense.

 

Une couverture du territoire par îlots de 20 ha

 

             L’implantation des points d’observation tient compte de la structure des îlots de vignoble dans chaque commune car l’objectif est d’avoir une couverture intégrale du territoire. Ils couvrent une surface de 20 ha et permettent de réaliser, les comptages larvaires en début de saison et les vols d’adultes à partir de début juillet. Des pièges de capture d’adultes sont implantés dans chaque site d’observation. Dans le cœur des secteurs contaminés, les observations sont plus denses avec un site et un piège pour 5 ha. L’aménagement de la lutte insecticide intègre aussi un la réalisation de prospections de symptômes collectives chaque fin d’été avec des objectifs d’exploration des surfaces les plus élevés possible. L’objectif étant d’avoir une parfaite connaissance de la situation sanitaire au bout des 3 années expérimentation.

           

           

Plus de 100 points d’observation pour 1 600 ha

 

            Cette année par exemple, 56 points d’observations sont implantés sur les 790 ha de Charente Maritime et 48 en Charente sur les deux secteurs d’une surface équivalente. L’expérimentation commencée en 2017 doit durer trois ans et sert de base d’étude pour la mise en place de procédures d’aménagement de la lutte insecticides dans les prochaines années. À l’intérieur des secteurs pilotes, la lutte est calée en fonction de principes établis. Le traitement T1 est incontournable les premières années, les traitements T2 et T3 sont raisonnés en fonction de la présence ou pas de larves et papillons adultes de cicadelles. Les relevés de comptages larvaires ont commencé à partir de la fin avril et les comptages de vols d’adultes interviennent chaque semaine à partir de début juillet. Ce travail d’observation rigoureux et indispensable est réalisé cette année par Vanessa Pénisson sur le secteur de Charente Maritime et Mélissa Gecchele en Charente. Chaque semaine, un état des lieux de la présence de l’insecte vecteur propre à chaque secteur est établi et transmis aux viticulteurs par SMS et mail.

 

Mieux positionner le T1 et surtout raisonner le besoin des T2 et T3

 

            Cette organisation rigoureuse de suivi des populations de cicadelles a donné pleine satisfaction en 2017. En 2018, la démarche semble confirmer son intérêt. Les relevés des comptages larvaires de tout début juin juste avant la mise en œuvre du T1 ont révélé un étalement des captures de larves. Au vue de ces éléments, la date régionale d’application du premier insecticide fixée entre 11 et 18 juin a pu être légèrement décalée jusqu’au 25 juin. Ensuite l’absence d’infestation de larves en juin a permis de ne pas réaliser de T2. Ce sont ensuite les captures d’adultes à partir de du 10 juillet qui vont ou pas décider du besoin de réaliser le T3. Si c’est le cas, le dispositif de piégeages permettra de caler la date de ce traitement. Cette année, au 22 juillet aucune capture de papillons adultes n’a été observée dans les trois secteurs sauf dans une commune à Triac-Lautrait. Le traitement T3 sera déclenché uniquement dans ce petit territoire. Lors de l’été 2017, les résultats des comptages larvaires et des captures d’adultes avaient déjà permis de ne pas réaliser le T2 et de n’appliquer le T3 que sur la commune de Triac-Lautrait.

 

Une approche sécurisante pour piloter la couverture insecticide

 

             Après presque deux années de recul, les techniciens pensent que ce type de protocole de suivi de l’insecte vecteur représente une approche plus sécurisante pour moduler les applications d’insecticides et surtout envisager des procédures rationnelles de sortie du PLO insecticides. La mise en place de suivis de ce type  nécessite à la fois un investissement technique et humain pour gérer des réseaux d’observations aussi  denses, indispensables sur presque 5 mois. Le coût des prestations mises en œuvre dans le cadre de l’expérimentation en 2017 a révélé que l’économie du traitement insecticide T2 autofinançait l’ensemble de la démarche. Le suivi des pièges est peut-être en train de connaître une évolution importante grâce aux essais de pièges connectés qui sont conduits  essais de pièges connectés qui sont en cours. L’introduction de cette technologie permettrait d’optimiser le coût les du suivi des vols d’adultes qui aujourd’hui représentent un gros travail .

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