Nouveau président, nouveaux chantiers

13 mars 2009

baillif_opt.jpegChangement à la tête du Syndicat des producteurs de Pineau des Charentes :
Jean-Marie Baillif succède à Jean-Bernard de Larquier, président du syndicat durant six années. S’ouvrent au nouveau président de vastes chantiers encore inédits comme, réforme de l’INAO oblige, l’installation de l’ODG, la mise en place du plan de contrôle ou encore, dans le cadre de l’interprofession, la création d’un mécanisme de régulation de mise en marché, communément appelé réserve de production. Autant de tâches qui, à coup sûr, solliciteront de la part de
Jean-Marie Baillif et de son équipe imagination, sens du collectif, souci de l’appellation.

 

« Le Paysan Vigneron » – Comment envisagez-vous vos nouvelles fonctions ?

Jean-Marie Baillif – Je suis bien convaincu que les tâches vont être nombreuses, complexes et importantes. C’est pourquoi j’ai prévenu d’emblée mes collègues : le président ne fera pas tout tout seul. Une équipe est en train de se mettre en place, des groupes de travail se constituent, au-delà même du conseil d’administration. Nous avons besoin de toutes les compétences, de chacune et de chacun.

« L.P.V. » – La demande de reconnaissance de l’ODG a suscité quelques tensions au sein de la filière Pineau. Qu’en est-il aujourd’hui ?

J.-M.B. – Comme prévu, une seule candidature a été déposée, celle du syndicat (1). Comme dans toutes les autres appellations viticoles de France, nous nous situons dans la logique d’extension du domaine de compétence du Syndicat des producteurs. Nous ne souhaitions pas faire comme le Cognac et créer une nouvelle structure. Surtout, nous voulons que la viticulture soit majoritaire au sein de l’ODG. Car si le négoce est très présent sur la partie commercialisation, il l’est infiniment moins sur les points qui relèvent du cahier des charges, alors même que l’une des principales missions de l’ODG consiste à émettre des propositions sur ce cahier des charges. A 95 %, ce sont les déclarants de récolte, seuls ou en coopératives, qui supportent les contraintes du cahier des charges. Les négociants, quant à eux, se retrouvent en prise directe avec le cahier des charges sur un unique point : l’obligation de mise en bouteille sous verre. Ainsi, nous ne pouvions pas répondre à leur demande de parité. Par contre, nous étions d’accord pour répondre favorablement à leur demande d’ouverture, en contrepartie de certaines avancées. C’est ainsi que le projet de statut de l’ODG prévoit que 25 % des sièges du conseil d’administration du Syndicat des producteurs reviennent au négoce, soit 6 sièges sur 25. Je crois que nous sommes la seule appellation viticole en France à avoir ouvert aussi largement.

« L.P.V. » – En procédant de la sorte, n’avez-vous pas le sentiment d’avoir « bradé » le syndicat ? Etes-vous sûr d’avoir été compris de la « base » ?

J.-M.B. – Le Syndicat des producteurs de Pineau reste toujours le Syndicat des producteurs de Pineau, attaché à la défense des intérêts des producteurs. En tant que président, je suis toujours un producteur de Pineau. Mais je crois qu’il va de l’intérêt de la filière que tous les opérateurs se retrouvent ensemble pour construire de manière intelligente la politique de l’appellation. Il y aura toujours des ayatollahs dans les deux camps pour prétendre que les viticulteurs ne sont pas fréquentables et que les négociants sont « les grands méchants loups ». Cette conception me semble rudimentaire, archaïque. Les gens qui la véhiculent se trompent. Je fais partie de ceux qui considèrent que le mot négociant n’est pas un gros mot. Je pense sincèrement que nous avons à apporter aux négociants comme les négociants ont, en retour, à nous apporter. D’ailleurs, pourquoi chercher à exacerber les différences quand, dans les faits, les frontières s’estompent au sein de la famille du Pineau. Certes côté production, une certaine dichotomie existe entre les producteurs individuels et les producteurs coopératifs, les petits et les gros, les nouveaux et les anciens. Mais certains producteurs individuels sont aussi coopérateurs, d’autres ont créé des Sica pour commercialiser leur production et même quelques-uns, parfois meilleurs commerçants que producteurs, achètent de la marchandise à leurs voisins. Côté négoce, se dessine la même diversité de situations entre le pur négoce, acheteur-renvendeur, le négociant-producteur ou la filiale de coopérative. Au Syndicat des producteurs, des négociants siégeaient déjà autour de la table. La nouvelle composition de l’ODG ne fait qu’officialiser une réalité.

« L.P.V. » – Qui va désigner les six négociants appelés à siéger au Syndicat des producteurs ?

J.-M.B. – En tant que membre du conseil d’administration, chaque personne, viticulteurs comme négociants, sera élue par l’AG et non pas désignée par son syndicat. Ce point nous paraissait très important, pour tout dire innégociable. Nous y avons été particulièrement vigilants lors de la rédaction des statuts. En novembre ou décembre 2007, une AGE sera convoquée pour adopter les nouveaux statuts du syndicat puis, le même jour, l’AGO élira le conseil d’administration dans les proportions déjà signalées, 75 % de déclarants de récolte et 25 % de négociants. A noter qu’au sein du conseil d’administration, nous veillerons à ce que les coopérateurs et les bouilleurs de cru soient représentés au prorata des volumes élaborés dans chaque catégorie, mais de manière assez souple, sans numerus clausus. Traditionnellement, la composition du syndicat reflète aussi la couverture géographique du Pineau.

« L.P.V. » – Demain, qui sera membre du syndicat et donc de l’ODG ?

J.-M.B. – Seront adhérents de plein droit à l’ODG les déclarants de récolte et les négociants. Un déclarant de récolte qui n’adhérerait pas à l’ODG ne pourrait pas être identifié par l’ODG et donc, par voie de conséquence, être habilité. D’où, par effet de cascade, impossibilité de produire en l’absence d’habilitation. Le négociant, quant à lui, aura intérêt à adhérer à l’ODG s’il veut profiter du plan de contrôle interne, dont le financement a toutes les chances d’être mutualisé. Dans le cas inverse, il devra assumer seul et à ses frais le contrôle externe. Un opérateur possédant à la fois la casquette de producteur et celle de négociant fera adhérer les deux structures, pour les raisons déjà dites.

« L.P.V. » – Vous avez parlé tout à l’heure de certaines avancées attachées à l’entrée du négoce dans l’ODG. Quelles sont-elles ?

J.-M.B. – En effet, l’ouverture de l’ODG au négoce dans la proportion de 25 % a été assortie de conditions. La première d’entre elles a trait à l’instauration d’un mécanisme de régulation de la mise en marché dans le cadre de l’interprofession, autrement dit d’une réserve de production, avec les outils de gestion qui vont avec. La deuxième condition concerne le développement progressif d’une politique de contractualisation entre producteurs et négociants.

« L.P.V. » – Avez-vous obtenu des assurances du négoce ?

J.-M.B. – Le 5 juin dernier, le bureau permanent de l’interprofession a accepté à l’unanimité le principe de la création d’un mécanisme de régulation de la mise en marché, c’est-à-dire d’une réserve temporaire. Ce projet fera l’objet d’un avenant à l’accord interprofessionnel triennal qui s’achève en 2007, avant qu’un autre accord triennal redémarre pour la période 2008, 2009, 2010. Quant à la contractualisation, il est évident que l’on ne peut pas l’exiger du jour au lendemain. Mais je pense que les producteurs gagneraient à assurer leur commercialisation et les négociants leur approvisionnement. Les ventes de Pineau s’avèrent relativement stables. Pourquoi, dans ces conditions, ne pas stabiliser l’approvisionnement !

« L.P.V. » – Concrètement, sous quelle forme va se matérialiser la réserve de production ?

J.-M.B. – L’an dernier, le rendement en moût des parcelles Pineau avait été fixé à 50 hl/ha, avec la promesse de repasser à 60 hl dès la prochaine récolte. Aujourd’hui, pour envoyer un signal fort aux producteurs, leur redonner envie de refaire du Pineau, nous disons : « D’accord, allons jusqu’à 70 hl vol./ha mais 60 hl en libre et 10 hl de bloqué. »

« L.P.V. » – Qu’est-ce que doit apporter la réserve de production ?

J.-M.B. – La réserve est faite pour éliminer les excès et les manques. De quoi s’aperçoit-on ? Bon an mal an, la filière Pineau souffre d’un décalage de 10 % de ses volumes. En gros, 15 000 hl vol. se « baladent » en plus ou en moins, avec un effet assez dévastateur sur les prix. L’approvisionnement s’en trouve immanquablement affecté alors que ce même approvisionnement représente une donnée incontournable pour le Pineau. Afin de lisser le marché et donc stabiliser les prix et l’approvisionnement, il convient de mettre en réserve cette quantité, pour la débloquer au fur à mesure des besoins.

« L.P.V. » – Pourquoi dites-vous que l’approvisionnement est une donnée incontournable pour le Pineau ?

J.-M.B. – L’expérience nous montre que la diminution des ventes a toujours été induite par le manque d’approvisionnement. Le cycle infernal débute par des cours bas. Cette érosion, ce grignotage des prix entraîne un décrochage de la production. Deux ans plus tard, le marché n’est plus suffisamment approvisionné. Alors les cours s’envolent et dans les deux ans qui suivent, le marché des Pineaux d’entrée de gamme souffre, faute de marge. C’est le serpent qui se mord la queue, le jeu de montagnes russes auquel nous assistons, impuissants, depuis des années.

« L.P.V. » – Le Pineau serait-il plus sensible que d’autres à ce phénomène cyclique ?

J.-M.B. – Oui. En France, nous sommes sans doute une des rares appellations viticoles à maîtriser aussi mal notre potentiel de production. Car nos surfaces se retrouvent en concurrence directe avec le Cognac et les vins de pays, rouge mais surtout blanc. Et vu les tailles respectives des uns et des autres, un simple battement d’aile de papillon du Cognac fait trembler notre petite appellation. Selon les circonstances, le Pineau se trouve dépouillé ou, au contraire, objet de repli. Imaginez ! Si toutes les surfaces engagées au Pineau devaient produire demain, nous serions à plus de 300 000 hl vol. C’est une épée de Damoclès qui plane en permanence au-dessus de nos têtes. Qui plus est, le rendement Pineau est largement impacté par le niveau de QNV Cognac, Cognac qui rentre dans l’élaboration du Pineau pour au moins un quart du volume final. Entre parenthèses, l’an dernier, beaucoup de gens se sont émus de la baisse du rendement des moûts Pineau de 60 à 50 hl vol./ha. Cependant, compte tenu de la progression de la la QNV Cognac de 7,5 à 8,3 hl AP/ha, le rendement réel n’a pas changé. Il est demeuré le même. Que ce serait-il passé si nous avions monté le rendement à 60 hl vol./ha alors que les ventes affichaient un recul de -1,5 % sur les douze mois de l’année mobile ? A l’époque, la baisse des prix était sur toutes les lèvres. Aujourd’hui, elle l’est un peu moins. Les 50 hl y sont peut-être pour quelque chose. Tout cela pour dire que, puisque nous ne pouvons pas maîtriser notre potentiel de production, essayons au moins de maîtriser notre mise en marché. Ce sera toujours un progrès même si la réserve de production ne réglera pas tout.

« L.P.V. » – Vous parlez plus volontiers de « mécanisme de régulation de la mise en marché » que de réserve de production. Pourquoi ?

J.-M.B. – Dans les autres régions viticoles, c’est quand les ventes vont dans le mur que l’on essaie d’assainir le marché, en retirant de la production. La mécanique joue a posteriori. En ce qui nous concerne, nous cherchons presque à capturer les volumes en amont, de manière quasi préventive, dans la mesure où nous sommes dans l’incapacité de maîtriser notre potentiel de production. Cette régulation de marché par anticipation colle d’ailleurs tout à fait aux mesures de gestion énoncées à l’article 41 de l’actuel OCM, reprises dans la nouvelle mouture. Personnellement, j’ai toujours été un fervent défenseur des mesures de régulation de mise en marché. Voilà déjà deux ou trois ans que la viticulture y travaillait d’arrache-pied au sein du Comité interprofessionnel, en vain, car les négociants nous opposaient toujours une fin de non-recevoir. Si au moins l’entrée de négociants à l’ODG a permis de désamorcer le bras de fer, c’est déjà un grand pas. Mais la vérité commande de dire aussi que la mesure est aujourd’hui favorable au négoce, vu la tendance haussière des prix.

« L.P.V. » – La réserve fonctionnera comment ? Connaîtra-t-elle, par exemple, un déblocage à date fixe ?

J.-M.B. – Non, le déblocage s’effectuera en fonction des besoins, en sachant que techniquement, un même lot ne pourra pas être bloqué plus de trois campagnes, la campagne de production plus les deux campagnes suivantes, quitte à rebloquer entre-temps de nouvelles quantités. Mais, en libérant assez tôt les lots, l’idée est de ne pas altérer la typicité du Pineau ou encore de ne pas créer une crise artificielle sur les Pineau vieux. Ainsi un Pineau des Charentes produit en octobre 2007 ne pourra pas rester en réserve au-delà d’avril 2010. Tous les ans, avant le 1er mars, chaque producteur recevra l’état de son volume libre et de son volume bloqué. En outre, le prix figurera obligatoirement sur toutes les transactions enregistrées par document douanier. Pour savoir s’il faut libérer ou ne pas libérer la réserve, la mercuriale représente un outil indispensable.

« L.P.V. » – Qui décidera du blocage ou du déblocage ?

J.-M.B. – C’est l’interprofession, elle-même saisie par l’une ou l’autre des familles, à n’importe quel moment.

« L.P.V. » – Pour le Pineau, une QNV Cognac à 10,62 hl AP/ha place très haut la barre de la compétitivité prix. Dans ces conditions, la production va-t-elle suivre ?

J.-M.B. – Même si je suis très attaché aux aspects économiques, je ne suis pas sûr qu’il faille raisonner uniquement en ces termes. Le marché du Cognac est tendu actuellement mais pour combien de temps ? Quelle sera la situation dans quelques années ? On ne le sait pas aujourd’hui. Certes une QNV à 10,62 est de nature à inquiéter nos producteurs. Mais ils peuvent aussi se dirent « qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier » et que la diversification Pineau reste une alternative payante. Plus concrètement, notre réponse à la QNV élevée, c’est la hausse de rendement des moûts Pineau à 70 hl vol./ha, avec une partie mise en réserve. Un rendement de 70 hl vol. se traduit par 32 hl vol. de produit fini, occasionnant un chiffre d’affaires honorable, de l’ordre de 6 400 € de l’ha. Nos producteurs ne sont pas naïfs. Ils savent compter. Ils savent aussi que les variations erratiques de prix n’ont jamais rien donné de bon. Ils préfèrent des cours stables plutôt que des cours qui jouent le « yo-yo ». Ce que nous souhaitons ! Tirer les cours du Pineau vers le haut mais avec une certaine stabilité dans le temps.

« L.P.V. » – Ces cours stables à la hausse vous paraissent-ils atteignables?

J.-M.B. – Tout à fait et je dirais même que les négociants ont intérêt à ce que les prix évoluent rapidement dans ce sens. Car moins les prix augmenteront aujourd’hui, plus ils progresseront demain, au nom du cycle maintes et maintes fois décrit : prix bas = baisse de la production = remontée des prix = baisse des ventes.

« L.P.V. » – Ces derniers temps, les cours du Pineau vrac n’ont-ils pas remonté ?

J.-M.B. – Certes, le prix plancher des 150 € est derrière nous depuis quelques mois déjà. C’est vrai qu’à 3 500 € de l’ha – 22-24 hl vol./ha x 150 € l’hl vol. – « ça ne le faisait pas », il en manquait. A 185 € l’hl vol., nous nous rapprochons d’un cours normal même s’il reste un bout de chemin à parcourir. Cependant, des Pineaux se négocient encore en dessous des 185 € l’hl vol. Les acheteurs – et les producteurs qui acceptent de leur vendre – porteront en partie la responsabilité d’une production faible en 2007, en décourageant la communauté des producteurs. Car en la matière, une règle simple existe : pour remplir les tonneaux avec la nouvelle récolte, il faut d’abord avoir envie de les vider. Je dis souvent que si, aujourd’hui, les viticulteurs ont des besoins de trésorerie, ils doivent plutôt aller voir leur banquier que de vendre du Pineau en dessous du cours moyen. Cela leur rapportera plus. Quant aux acheteurs, ils doivent prendre garde à ne pas développer un climat spéculatif, par un manque de prudence et de sagesse sur les cours. Certains de nos producteurs sont suffisamment bien informés des paramètres influant sur les prix pour jouer de la rétention de marchandise. Ce n’est pas de cette manière que nous construirons sereinement la filière.

« L.P.V. » – La revalorisation du prix du Pineau à la production ne bute-t-elle pas sur le prix de vente à la grande distribution ou dans certains autres circuits ?

J.-M.B. – Aujourd’hui, que constate-t-on ? Dans la filière Pineau, personne ne gagne vraiment sa vie, ni le producteur ni le négociant. Nous vivons une situation absurde où les opérateurs se font la guerre entre eux. Il paraît normal qu’une entreprise, petite ou grosse, veuille se développer en essayant de conquérir de nouveaux marchés. Mais il y a les « vrais » nouveaux marchés et les « faux » nouveaux marchés. Ces derniers consistent à essayer de « piquer » la part du voisin. Et sur quel élément est-il le plus facile de se démarquer ? Sur le produit, la marque, la communication ? Non, sur le prix. D’où une désescalade de prix proprement alarmante : « Je te pique le marché avec un prix plus bas, je réplique avec un prix encore plus bas… » Il y a moins de dix ans, en terme de prix, le Pineau faisait jeu égal avec des apéritifs d’origine industrielle. Aujourd’hui il est moins cher qu’eux et ce n’est pas pour autant que ses ventes progressent.

« L.P.V. » – Existe-t-il un remède ?

J.-M.B. – Je garde espoir. J’ai confiance. Quelle que soit la taille de l’entreprise, aujourd’hui aucune structure ne peut se permettre de perdre de l’argent. Personnellement, je ne juge personne. Je regarde ce qui se fait et je me dis que les choses qui ne vont pas bien, il faut les modifier ou plus exactement amener ceux qui les font à pratiquer différemment, soit volontairement, soit sous la pression collective. En tant que syndicat, notre rôle est à la fois important et modeste : entraîner une prise de conscience pour déboucher sur plus de cohérence : cohérence de production, cohérence de prix. Très concrètement, pour nos réunions d’hiver prochain, nous avons en tête un thème, celui des coûts de production. Nous allons présenter à nos producteurs des chiffres précis, argumentés afin que, de retour chez eux, ils les mettent en application. Nous leur dirons qu’en dessous d’un certain prix, il ne faut pas vendre et, même, il vaut mieux ne pas produire. Nous allons nous battre là dessus. Car, nous, producteurs, avons notre part de responsabilité dans le tassement des prix. Pour qu’un négociant vende à bas prix, c’est qu’à l’autre bout de la chaîne, il y ait eu un « couillon » pour lui céder la marchandise à pas cher. Clairement, une des clés de la stabilisation des prix de vente passe par la stabilisation des cours du vrac. Si, à la propriété, le Pineau vrac se négociait 200 € de l’hl, on ne retrouverait pas des bouteilles de Pineau à 5 € en supermarché. Et, en disant cela, je ne souhaite pas stigmatiser particulièrement les opérateurs de la grande distribution. Sur la côte ou ailleurs la cohérence n’est pas non plus toujours au rendez-vous. A l’évidence, nous avons besoin de tout le monde, du petit producteur qui fait les marchés l’été au négociant de la grande distribution en passant par celui qui s’attaque aux nouveaux marchés. Si je suis convaincu d’une chose, c’est bien que l’on ne s’en tirera pas tout seul.

(1) Projet de statuts déposé le 23 mai et demande de reconnaissance le 29 mai.

 Agé de 48 ans, Jean-Marie Baillif exploite un domaine viticole dans le canton de Saint-Genis-de-Saintonge, réparti sur deux sites : Saint-Palais-de-Phiolin, Bois, Champagnole d’un côté, Mortagne et Chenac de l’autre. Le siège d’exploitation est à Saint-Palais-de-Phiolin, chez Jean et Marie-Jo Doussoux avec qui J.-M. Baillif et sa femme Véronique sont installés en GAEC depuis 1993. Le GAEC pratique la vente en bouteille de Pineau, Cognac, Vin de pays charentais. Sur la propriété, la commercialisation du Pineau remonte à 1947, à l’installation de Jean Doussoux. Depuis lors, le Pineau fut absent seulement deux années, en 1956 (gelées) et 1963, autre petite récolte. Vice-président du syndicat depuis 2002, Jean-Marie Baillif partagea alors ce poste avec Christian Baudry et Patrick Brillet, président de la commission dégustation. Aujourd’hui, les vice-présidents sont au nombre de quatre : Jean-Bernard de Larquier, Christian Baudry, Patrick Brillet et Jean-Jacques Enet.

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