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Bilan Phytosanitaire 2001 En Aquitaine

26 décembre 2008

Suite aux conditions météorologiques hivernales douces et pluvieuses, fin mars, la vigne est en avance puisque le débourrement s’amorce à partir du 27 mars alors que généralement les bourgeons sortent vers le 6 avril.

Le printemps débute avec un mois d’avril particulièrement humide et froid, avec 17 jours de pluie. Les températures descendent très bas jusqu’à 1,3 °C le 21/04. Cette situation froide a ralenti l’évolution de la végétation. En mai, la végétation revient à des normales saisonnières, le stade 15 (boutons floraux séparés [cépage merlot]) est atteint aux alentours du 9 mai (moyenne : 7 mai). Une petite canicule d’une semaine s’est installée fïn mai (jusqu’à 34° le 30 mai), ce qui a accéléré la venue de la floraison, qui est entièrement effectuée pendant cette période. Dans certaines parcelles 2 à 3 jours ont suffi entre la chute des capuchons floraux et la nouaison. A noter un épisode de grêle particulièrement violent le 22 mai dans le Blayais.

Les températures sont basses en début d’été, ralentissant ainsi l’évolution du cycle végétatif de la vigne. Le stade 33 (fermeture de la grappe) n’est vraiment atteint que vers le 19 juillet et la véraison début août. La vigne est en général à maturité vers le 20 septembre (Merlot), ce qui est tardif par rapport aux campagnes précédentes, mais conforme aux normales sur 20 ans.

Le mildiou

La période automne-hiver – de novembre à janvier – avec des fortes précipitations et des températures douces est très favorable à la conservation et à la maturation des œufs d’hiver. Seul le mois de février est peu pluvieux, mais le mois de mars reprend la tendance du début d’année et, en conditions contrôlées à l’étuve (21 °C constant, 100 % d’humidité) les œufs d’hiver arrivent à maturité le 21 mars, tandis qu’en conditions extérieures (humidité saturante), cette maturité s’opère le 30 mars, ce qui est un record par rapport aux dix dernières années.

Cette situation est suivie d’un printemps humide qui laisse entrevoir plusieurs périodes favorables aux contaminations en avril. Cependant, les températures descendent brusquement fin avril et retardent l’apparition des premiers symptômes. Ceux-ci apparaissent au compte-goutte dans les parcelles témoins du SRPV. Cette situation perdure jusqu’à la fin du mois. Par ailleurs, les températures nocturnes, particulièrement basses début mai, empêchent Ia sporulation du petit nombre de taches apparues à cette période et donc un premier repiquage de la maladie.

A la mi-juin, les sorties de taches sont significatives en parcelles témoins non traitées et quelques rares symptômes de rot gris apparaissent sur grappes. Un repiquage important sur feuilles et sur grappes se produit les 15, 16 et 17 juin avec un épisode pluvieux généralisé à l’ensemble de la région. Par la suite, un temps chaud et sec s’installe et jusqu’à début juillet, aucun nouvel épisode contaminateur n’est observé. Suite aux fortes précipitations enregistrées début juillet, on observe une remontée de l’inoculum au début de l’été.

Une sortie très importante de taches sur jeunes feuilles apparaît à la mi-juillet, dans les parcelles témoins non traitées du réseau du SRPV Aquitaine. Certains secteurs du vignoble aquitain sont très touchés (Entre-Deux-Mers, Sauternais et Tursan).

Les symptômes de rot brun se généralisent fin juillet, et sur les parcelles témoins non traitées on peut observer jusqu’à 60 % de grappes atteintes, avec une intensité de 5 à 7 %. Les orages estivaux de fin juillet et août entretiennent une pression significative de la maladie dans les parcelles témoins non traitées.

Le mildiou mosaïque apparaît dès la dernière semaine de juillet et ne cesse de progresser sur les feuilles âgées, il est fréquemment observé au vignoble.

En ce qui concerne les traitements, il était judicieux cette année de suivre l’évolution de la maladie, et d’écouter les conseils de lutte raisonnée. On a pu ainsi démarrer un premier traitement fin avril et se lancer à proprement parler dans la lutte sérieuse à la mi-juin. Les viticulteurs cette année n’ont pas dépassé en moyenne les 10 traitements mildiou sur la campagne.

L’excoriose

Avec un printemps très humide, rendant souvent impossible toute intervention au champ de début mars à mi-avril, des attaques significatives d’excoriose ont été enregistrées un peu partout. Une vigilance particulière vis-à-vis de cette maladie sera indispensable en 2002 ; la plupart des parcelles du vignoble seront concernées par les traitements contre cette maladie.

Le Black-rot

Seules de rares parcelles témoins non traitées ont présenté quelques sorties de taches significatives sur feuilles. Au vignoble, la maladie est quasiment absente du fait de l’utilisation de spécialités anti-mildiou autorisées sur black-rot.

OÏDIUM

Comme en 2000, l’oïdium est resté discret en 2001. La protection a démarré aux alentours du 20 mai pour les parcelles ayant atteint le stade « boutons floraux séparés ». Dès fin mai, les conditions sont très favorables aux contaminations par l’oïdium et les premiers symptômes sur grappes apparaissent, en Lot-et-Garonne et Dordogne.

Cette situation se maintient jusqu’à la fin du mois de juin. Début juillet, quelques symptômes sont visibles en parcelles traitées, avec toutefois une fréquence et une intensité très faibles. Le stade fermeture de la grappe est atteint pour la plupart des situations au 19 juillet et la protection anti-oïdium est alors suspendue.

Le Botrytis

Plus présent qu’en 2000, le botrytis s’est installé très tôt sur les grappes, avec un début de mois de juillet très humide. Heureusement, des conditions moins favorables par la suite n’ont pas permis un développement explosif dans la majorité des situations. La qualité sanitaire de la vendange a, dans l’ensemble, été très satisfaisante en Aquitaine en 2001. Seules certaines parcelles vigoureuses et trop chargées ont pu rencontrer quelques problèmes (quelques parcelles de Sauvignon blanc très atteintes malgré les traitements A et C).

Tordeuses de la grappe

Les tordeuses ont été peu présentes en première et deuxième générations, ne nécessitant souvent pas d’interventions particulières. Seuls les secteurs traditionnels à fortes populations de vers de la grappe (Médoc, Sauternais, Graves…) ont connu une troisième génération d’eudémis très importante, avec souvent des difficultés à lutter efficacement contre ce ravageur.

Cochylis

Elle est quasi inexistante cette année, si ce n’est ponctuellement dans le secteur du nord Médoc (Vensac) où les captures atteignent des niveaux record chaque année.

Eudémis

Le premier vol ne démarre que très lentement dans le Bordelais et seule la Dordogne enregistre régulièrement des émergences de la mi-avril à début mai. Par la suite, quelques zones traditionnellement concernées piègent de façon significative : Sauternais, Graves, Libournais, Bergeracois et Jurançonnais.

La première génération (G1) :

– Premières pontes : observées à Pauillac et à Castillon-la-Bataille Ie 15/16 mai.

– Premiers glomérules : visibles dès le 7 juin, leur dénombrement reste en dessous des seuils de nuisibilité. Dans la grande majorité des cas, aucun traitement de rattrapage de la G1 ne se justifie, hormis ponctuellement dans le nord Médoc.

– Le deuxième vol débute le 19 juin, les zones enregistrant les premières captures sont le Libournais, le Sauternais et le nord Médoc.

La deuxième génération (G2) :

– Premières pontes : notées dans le Sauternais (26 juin). Les dégâts liés à la deuxième génération restent limités dans la plupart des situations sauf autour de Margaux et dans le Sauternais.

– Le troisième vol commence le 13 août pour les secteurs les plus précoces.

La troisième génération (G3) :

– les premières pontes sont observées le 13 août et les premières larves apparaissent le 18 août. Seuls les secteurs du Sauternais, des Graves et du Médoc présentent des captures importantes.
stades_phenologiques.jpg

(Source : SRPV Aquitaine)

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