Solidarité

10 février 2009

A coup sûr, l’éclosion d’un nouveau syndicat dans le paysage charentais a été le fait marquant de cette rentrée. Deux choses sont peut-être à retenir. D’abord qu’une telle initiative n’est jamais gratuite. Elle est sans doute révélatrice d’enjeux importants ou perçus comme tels et la preuve même que « l’immobilisme » n’est plus ce qu’il était. Des choses sont en route. Elle répond peut-être aussi à certaines maladresses d’ordre tactique. Dans le syndicalisme comme ailleurs, les erreurs se paient comptant. Ensuite que l’idée d’unité, si positive, a été écornée et que c’est dommage. Il y aura toujours quelqu’un pour s’emparer d’un message de division. Sauf que l’unité pour l’unité, l’unité à marche forcée n’est pas bonne fille non plus. Malgré d’interminables cantilènes, est-on sûr que la viticulture soit encore tout à fait « synchro » sur son destin ? « Les viticulteurs se déchirent sur le volume de la QNV » entend-on. Pas si certain. A meilleure preuve, toutes les sensibilités syndicales se contorsionnent pour arriver aux 8 de pur. La nécessité d’une « rationalisation » de la production semble avoir franchi le mur du son des rangs de vignes. D’ailleurs, à ce sujet, les négociants devraient peut-être faire plus confiance à la viticulture. Non, ce qui continue à faire problème, c’est la question de la solidarité. Solidarité, vilain mot, mot grossier ! Et pourtant, les viticulteurs tiennent à être un tout petit peu solidaires entre eux. Parce qu’ils ont bien compris qu’une société où règne la loi du plus fort n’est pas une société viable. Est-on jamais sûr de faire partie des plus forts ? Accepter de régler cette question d’une solidarité a minima – par quel moyen, comment ? – et les choses iraient tout de suite mieux.

Cette année encore le marché des jus de raisin va représenter en Charentes entre 1,2 et 1,3 million d’hl vol. Malgré des degrés donnés par les acheteurs avant vendanges comme « un peu plus faibles que l’an dernier », les prix à l’hl volume devraient être « les mêmes que l’an passé », signe discret mais signe tout de même de la volonté des opérateurs de soutenir le marché. Quant à leur vision de l’avenir du vignoble charentais, elle demeure intacte et semble même fortifiée par le déroulé de l’actuelle campagne : « Avant même de penser pouvoir en négocier un avantage, il faut que les Charentes se rendent indispensables sur les marchés des jus de raisin et des vins de base mousseux, qu’elles démontrent qu’elles sont incontournables par la régularité de leur production. C’est stratégique pour nous mais aussi pour vous. Arracher 15 000 ha en Charentes, c’est faire planter 15 000 ha dans d’autres pays européens. » Ils mettent le doigt sur un aspect concurrentiel entre vignobles. « Des Charentes, de l’Emilie-Romagne ou du Palatinat, le premier vignoble qui réussira à s’organiser détiendra un avantage sur les autres. On ne pourra plus se passer de lui. » Les acquis de la campagne, obtenus des ministères de tutelle, ils la portent au seul crédit de l’unité régionale. « Chapeau à ceux qui ont su négocier ça. »

Par rapport à la récolte 2001, les prix des moûts de vinif. Ugni blanc s’inscrivent en hausse de 10 à 15 %. Avant le début de la campagne, les acheteurs finaux (les clients des opérateurs régionaux) avaient, semble-t-il, admis une légère hausse, sans doute en partie justifiée par l’assèchement des stocks de vins en France et en Europe via les distillations aidées. L’augmentation de 30 % du prix des MCR – due aux faibles degrés du Penedes, à l’absence de MCR en Charentes à cause de la nouvelle réglementation – fait cependant craindre que ces acheteurs aient du mal à « avaler » deux hausses concomitantes. D’où un bémol mis par les opérateurs régionaux sur le prix des vins à la propriété, sur lesquels, disent-ils, « nous disposons de moins de possibilité de valeur ajoutée ». Au plan des volumes par contre, ils se montrent très confiants : « Nous avions réalisé 2 millions d’hl en 1999. L’an dernier, sur 1 million d’hl disponible, il ne restait plus rien en Charentes au mois de janvier. Que ce soit sur les vins de table ou les vins de base mousseux, nous manquons de marchandise.

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