« Une lisibilité dans le temps »

11 mars 2009

Une enquête indique que 75 % des exploitations livrant à Manier-Lapostolle via la sica Cognac auraient leur succession assurée dans les dix prochaines années. Ce bon taux de renouvellement des générations, le conseil d’administration de la sica le porte au crédit de la stabilité des relations contractuelles. Tout en continuant d’attirer l’attention sur les prix.  

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Patrick Raguenaud et Jean-Bernard de Larquier.

Fin février, la sica Cognac, coopérative associée à la maison Marnier-Lapostolle, a tenu son 36e exercice. Et fait mentir l’expression du « 36e dessous » qui renvoie à une situation d’échec cuisant. Rien de tel à la sica Cognac. Si la structure nourrissait quelques inquiétudes sur la pérennité des exploitations adhérentes, elle fut plutôt rassurée par les résultats de l’enquête. Parmi les apporteurs de la sica, les trois quarts reconnaissent avoir un successeur dans les dix ans qui viennent. Les livreurs apportent en moyenne 40 % de leur volume Cognac à la sica et leur superficie médiane s’élève à 28 ha de vignes, soit plus du double de la moyenne régionale. Président de la sica Cognac, Jean-Bernard de Larquier a mis ce bon score au crédit de la « lisibilité dans le temps » qu’induisent des relations contractuelles stables. Dans la foulée et au nom du conseil d’administration, il a émis le vœu d’un certain rattrapage des prix. « Aujourd’hui, en francs constants, nous n’avons toujours pas retrouvé le niveau de valorisation des années 70. » Dans son rapport moral, il a évoqué les notions de discipline collective, de valeur ajoutée partagée, en insistant sur la nécessité d’introduire de la « rationalité » à toutes les étapes de la vie professionnelle. Ce terme de rationalité a d’ailleurs servi de fil rouge à ses propos. « Sortons du contexte émotionnel dans lequel nous sommes parfois pour construire une filière durable, respectueuse des intérêts du plus grand nombre. »

des investissements qualitatifs

Directeur du site de Bourg-Charente mais aussi fortement associé à la promotion de la marque sur les marchés en tant que maître de chai, Patrick Raguenaud a redit le plaisir que constituaient pour lui ces assemblées générales. Plaisir à l’évidence partagé par les livreurs qui tous les ans se pressent à la réunion. Cette année, ils se sont retrouvés « chez eux », au château de Bourg avant d’aller dîner à la distillerie de Lartige. P. Raguenaud a brièvement exposé quelques chiffres – pourcentage d’apports entre les crus, répartition par comptes d’âge – pour dire que l’équilibre actuel lui semblait devoir perdurer dans l’avenir. « Nous en sommes satisfaits. » Il a également signalé que les résultats de dégustation étaient fortement corrélés avec les investissements qualitatifs consentis par les apporteurs. « Cela signifie que les efforts que vous avez faits sont payants. » L’autre point fort déjà mis en exergue – le renouvellement des générations – lui a semblé particulièrement positif. « Notre politique contractuelle en ressort confortée. » Pour lui « l’amélioration continuelle de la qualité passe essentiellement par un travail de partage, d’échanges nécessaires, d’écoute ». Au chapitre des prix – « un aspect toujours très sensible » a-t-il reconnu – le directeur du site de Bourg a choisi de mettre en parallèle le besoin de revalorisation exprimé par la viticulture « pour renouveler le vignoble, faire face à l’évolution des charges » et, côté négoce, « la nécessité de dégager des moyens pour financer la promotion, les équipes de ventes, les marchés en développement ». « Comment concilier ces objectifs ? » s’est-il interrogé. « Nous voulons plus de caisses mais bien sûr, cela n’interdit pas une hausse des prix. » Il a rappelé que la société Marnier-Lapostolle avait en moyenne revalorisé le prix des vins d’un peu plus de 2 %, augmentation variable selon les crus pour diminuer l’écart entre les Bons Bois et la Grande Champagne. « Si la situation économique reste sereine et à cette condition, nous envisagerons une politique de revalorisation raisonnable de nos prix. » En ce qui concerne les eaux-de-vie rassises, Patrick Raguenaud a signalé que depuis trois ans, sa maison conduisait une évolution des prix en adéquation avec sa demande qualité. A cet égard, Adeline Loizeau, chargée du suivi qualité des fournisseurs, a indiqué que, tous crus confondus, 82 % des eaux-de-vie des récoltes 2003, 2004, 2005 avaient obtenu une prime qualité. Mieux, le classement des eaux-de-vie selon une grille qualitative retenant trois niveaux – qualité faible, moyenne, supérieure – s’améliore d’année en année. Revenant sur le paramètre de prix, le directeur du site de Bourg a défendu la politique équilibrée « qui fut toujours celle de la maison par le passé ». « Il est normal que votre conseil d’administration demande une revalorisation mais il n’est pas question de tomber dans des excès qui se retourneraient contre la filière. » Il considère qu’un revenu « se construit aussi avec des volumes », volumes largement dépendants de la politique régionale. Patrick Raguenaud a loué la réforme du mode de calcul de la QNV, « projet ambitieux autant que décisif pour la région ». Il a insisté sur le fait que cette nouvelle approche permettrait non seulement de mieux adapter la production aux besoins du marché mais encore pourrait aider les bouilleurs de cru à reconstituer leurs stocks, quelque chose d’essentiel, auquel nous sommes très attachés ».

chiffre d’affaires en légère progression

Sur l’exercice 2005-2006, la sica a dégagé un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros, consécutif à la vente de 5 598 hl AP. Ce chiffre d’affaires est en progression de 1 % en valeur (+ 43 000 €) et de 0,23 % en volume. A noter que sur les deux récoltes précédentes – 2003 et 2004 – la sica avait vu ses volumes progresser de + 4 % en deux ans. En terme de quantités, l’exercice 2005-2006 marque donc un palier. Au plan des comptes d’âges, les volumes livrés durant l’exercice se sont répartis de la manière suivante : 3 370 hl AP en compte 00, 1 114 hl AP en compte 0 et 721 hl AP en compte 1. La légère diminution en compte 00 a profité au compte 0, le compte 1 restant stable. En terme de crus, les apports de Grande Champagne représentent 18 %, ceux de Petite Champagne 19 %, Borderies 38 %, Fins Bois 9 % et Bons Bois 16 %. A titre indicatif, sur l’exercice 2005-2006, le prix moyen de vente s’est élevé à 804 € contre 798 € sur l’exercice précédent (augmentation de + 0,74 %). Sur la même période, la valorisation moyenne des apports est passée de 767 € à 772 € l’hl AP.

En début de réunion, Jean-Bernard de Larquier a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en la mémoire de Jean Bouché, ancien président de la sica Cognac, décédé 15 jours à peine après l’assemblée générale 2006.

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