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Ils ont voté pour le maintien des 6

19 janvier 2009

tribune_vote.jpgRéunis en assemblée générale le 25 juillet dernier à Cognac, les délégués de crus du Syndicat général des vignerons se sont prononcés, à 63 % des voix, pour un maintien du niveau de QNV à 6 hl AP/ha. Cette réunion faisait suite aux A.G. d’appellations de mai.

Faire les choses telles qu’elles doivent être faites. Même si une tendance s’était dégagée lors des réunions de la mi-mai, Philippe Boujut, président du Syndicat général, souhaitait procéder à une consultation formelle des délégués. « J’ai toujours fait confiance aux responsables élus et je continue ce soir. C’est aux représentants qui ont reçu mandat de leurs pairs de s’exprimer. Ils ont été élus pour cela. » A des viticulteurs qui s’interrogeaient sur les véritables intentions du syndicat – « voulez-vous revenir sur la position des salle_vote.jpgadhérents de base ? » – Yves Dubiny a répondu qu’en procédant de cette manière, le syndicat se mettait non seulement à l’abri des tentations de crus mais encore faisait preuve de démocratie, ce qui était plutôt une bonne chose pour un syndicat sans antériorité. « On ne pêche jamais par excès de démocratie. » Par vote à bulletin secret, les 171 votants (dont 30 pouvoirs) sur les 263 délégués du syndicat ont eu à se déterminer entre trois options : maintien des 6 de pur, passage à 6,5, hausse de la QNV proportionnelle à l’augmentation des prix, cette dernière proposition de dernière minute faisant plutôt office d’option gadget. Les 6 hl de pur ont recueilli 109 voix, les 6,5, 45 et la hausse proportionnelle 17. C’est donc à la majorité, relativement courte, de 63 %, que les délégués ont entériné le maintien des 6, dans le plus parfait silence d’ailleurs. Ni applaudissements ni manifestation d’aucune sorte n’ont accompagné l’annonce du vote. Comme si tout le monde, y compris ceux qui avaient plaidé quelques minutes plus tôt pour le maintien des 6, considéraient comme une drôle de victoire celle qui consiste à s’autolimiter. En préambule au vote, Philippe Boujut a rappelé le contexte dans lequel s’exerçait cette consultation et notamment les rencontres avec le négoce qui avaient eu lieu quelques jours auparavant. « Nous tenions à rencontrer les maisons, pour connaître leurs intentions mais aussi pour nouer ce dialogue que l’on nous reproche régulièrement de ne pas vouloir avoir. » A cette occasion, une motion a été remise au négoce, faisant état « de la crise profonde traversée par la viticulture charentaise ». « Il s’agit d’une crise économique due à la modification des relations contractuelles, à la diminution des prix, à un vignoble inadapté et d’une crise d’identité due à la perte de nos repères… Grâce à l’affectation des ha, la restructuration du vignoble et des relations commerciales saines, nous souhaitons que chaque viticulteur élabore un véritable projet économique sur son exploitation. » Dans sa motion, le syndicat redisait son attachement au partenariat viticulture/négoce, dans le cadre d’une recherche de qualité, aussi importante pour les uns que pour les autres. »

Baisse des prix

En quatre ans, le Cognac a enregistré une baisse des prix de 18 à 20 %, due à la non prise en compte de l’inflation depuis 1998 et à la baisse de 10 % intervenue en 1999. Sur la même période, les ventes de Cognac ont progressé de 16,6 % en valeur et de 2,6 % en volume. En guise de rattrapage, le syndicat a demandé au négoce une augmentation des prix de 10 %. Réponse du négoce : 2 % de hausse, à condition de faire passer la QNV à 6,5. C’est cette réponse qui fut rapportée à l’A.G. des délégués ; mais elle ne le fut pas seule. Pour s’assurer d’une mise en perspective suffisante, gage de sérieux et d’honnêteté, Philippe Boujut s’est attaché à présenter les points positifs et des points négatifs liés à une évolution de la QNV, identifiés au préalable en réunion de bureau. Au titre des risques d’une montée de la QNV en 2002, ont été cités le risque de diminution des achats chez certains viticulteurs et de concentration chez d’autres, celui de déphasage avec l’évolution réelle des marchés et l’évolution réglementaire (augmentation de la QNV sans changement de statut). A contrario, maintenir la QNV à son niveau actuel, c’est, entre autres, prendre le risque d’une surévaluation artificiellement les eaux de vie jeunes, pénaliser les viticulteurs qui se sont engagés dans le Plan, les vendeurs directs, les employeurs de main-d’œuvre, les producteurs de Pineau, avec un danger de division des viticulteurs.

« Pas une fin en soi »

« Nous savons que la QNV n’est pas une fin en soi mais un outil de négociation » a ajouté le président du syndicat. « Le débat sur la QNV a même tendance à pourrir tous les autres travaux qui sont déterminants pour l’avenir de la région : l’AOC Cognac, l’affectation des ha, la construction de relations contractuelles, l’arrachage définitif… Nous devons avoir une vision globale de l’avenir de la région, qui ne se résume pas à la QNV Cognac. » Approbation d’un viticulteur qui a demandé au syndicat d’avoir « un message fort », autour des 35 000 F/ha, revendication de base découlant des coûts de production. A un délégué qui s’inquiétait des risques de division que ferait peser un système d’affection des ha, Pascal Alliat a conseillé de ne pas oublier l’idée de départ du syndicat, qui consistait à mieux valoriser tous les ha. « On n’obtiendra jamais la panacée, la solution parfaite n’existe pas ; mais à craindre une viticulture à deux vitesses, on risque d’enclencher rapidement la 3e ou la 4e. » Raideur plus manifeste de certains viticulteurs qui se sont sentis « bafoués » par la proposition du négoce. « Avec 2 % d’augmentation, ils se moquent de nous. A partir de 10 %, on peut discuter. » « Nous demandons qu’ils nous achètent dans le cru, dans le compte et au prix. Nous ne vendons pas à la casse. Ils nous achètent déclassé. » Le groupe des jeunes vignerons a tenu à exprimer sa position. « C’est vrai que le débat sur la QNV pourrit la situation mais nous sommes tout de même favorables à une QNV à 6 et ce pour plusieurs raisons. On met en balance une augmentation de 2 % contre un passage à 6,5, alors que les cours se sont dégradés de 18 % en quatre ans. La baisse des achats d’une maison comme Martell va se solder par la perte de 7 à 8 000 hl AP. Si des sociétés veulent acheter davantage, elles pourront le faire sur ce volant. Au-delà de la QNV, nous pensons que le véritable problème est structurel. Extournons d’abord 15 % du vignoble et nous pourrons parler d’augmentation de la QNV. » A un viticulteur qui s’étonnait de la contradiction apparente qu’il y avait à associer une augmentation de prix à une progression de la QNV, on lui a répondu que, dans certaines enceintes, on appelait cela du « bon sens paysan ». « Le négoce ne raisonne pas comme cela. Il considère que, dans le monde où l’on est, les prix n’augmenteront jamais très haut. Il faut donc donner la possibilité de produire plus d’hl AP, avec ou sans affectation des surfaces. » Le syndicat a redit son attachement à l’affectation des surfaces, élément incontournable du dispositif.

Le SGV Cognac s’était engagé à donner une réponse aux Pouvoirs publics fin juillet sur la position de la viticulture en matière de QNV. Voilà qui est fait, sachant que ni la viticulture ni le négoce n’ont de pouvoir décisionnaire sur le sujet.

Rendement agronomique Arc-Boutée sur les 120

Signature d’une pétition, mobilisation des politiques, menace de manifestation… La profession viticole enclenche la vitesse supérieure pour sauver le rendement agronomique à 120 hl/ha pour la campagne 2002-2003.

« Vital », c’est le terme qui revient le plus souvent. La région considère le rendement agronomique à 120 hl, sans changement par rapport à l’an passé, comme incontournable. Non seulement pour des raisons évidentes de trésorerie mais aussi à des fins qualitatives. Aussi bien le Cognac que les jus de raisin ou les vins de base mousseux réclament des vins acides et de faible degré. Pourquoi pas 110 et du non-vin par-dessus ? « Parce que la réglementation l’interdit. On ne peut pas faire de non-vin sur du non-vin et ce serait le cas chez celui qui produirait ses 6 de pur. Entre 6 et 110, il ferait déjà du non-vin. » Pourquoi pas 130 ? « Parce que ce n’est pas sérieux et que les 120 seront déjà assez difficiles à décrocher. » Tous les opérateurs régionaux – viticulteurs, négociants mais aussi élaborateurs de jus de raisin, de vins de base mousseux, courtiers – ont été invités à signer une pétition. Les politiques sont rencontrés dans la foulée et une mobilisation syndicale n’est pas exclue à la mi-septembre. La QNV vin de table est annoncée, elle, sans changement, à 105 hl/ha.

La viticulture avait demandé à l’Etat de revoir sa copie sur l’indemnisation de l’arrachage. L’arrachage dans le cadre du CTE ne devait pas être le seul recours. Voilà qui est en bonne voie. Les Pouvoirs publics, dans le cadre d’un co-financement avec la Région et les professionnels, pourraient déclencher une aide complémentaire à l’arrachage définitif pour les plus de 55 ans, à guichet ouvert, à hauteur d’un contingent de 5 000 ha.

Antony Zonta a été chargé par le ministère de l’Agriculture de réfléchir à la faisabilité d’un passage de la double fin à l’affectation de surface, peut-être en 2003 mais de manière plus complète en 2006, après disparition de la QNV d’exploitation. Il a annoncé qu’il rendrait ses premières conclusions à la mi-septembre, en avance sur le programme.

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