REVICO – Effluents de distillation : Acteur de la performance environnementale de la filière Cognac

14 avril 2017

Revico dépollue environ la moitié des résidus de distillation (vinasses) de la filière Cognac. Sa méthode : le traitement anaérobie des effluents organiques, par la voie de la méthanisation. Ces dernières années, la production d’électricité  à partir du biogaz issu des digesteurs (cogénération) est venue renforcer la performance environnementale de l’outil. Interview de Nicolas Pouillaude, directeur de Revico.

Comment définiriez-vous votre rôle au sein de la filière Cognac ?

Dés le départ, la feuille de route de Revico fut l’excellence environnementale. Comment faire pour que le fleuve Charente et, plus généralement, les masses d’eau du bassin hydrologique, superficielles comme souterraines, soient dans le meilleur état possible. Revico se veut un peu le chef de file de cette performance environnementale dans son domaine, les effluents de distillation.

En matière de pollution – et de donc de dépollution – les effluents de distillation présentent-ils une spécificité forte ?

Les effluents de distillation, autrement dit les vinasses, présentent une charge en matière organique très élevée. Mesurée en DCO (Demande Chimique en Oxygène), elle atteint 25 g/l, soit une concentration quarante fois supérieure à la DCO que l’on peut retrouver dans une station d’épuration urbaine. Le traitement des vinasses ne s’improvise pas. Il réclame une vraie compétence environnementale, que Revico s’attache à améliorer depuis l’installation des méthaniseurs en 1984, par ses investissements, ses retours d’expérience…

Quelle est votre « part de marché » dans le traitement des vinasses charentaises ?

Bon an mal an, Revico traite une grosse moitié des résidus de distillation de la région délimitée. Cette part de marché est à peu près constante. Ce qui ne signifie pas que nos volumes ne varient pas. En 2005, nous traitions 2,5 milions d’hl vol d’effluents. En 2016, nous en avons rentré 4,5 millions d’hl. En fait, Revico est un peu le thermomètre de la bonne santé économique de l’activité Cognac.

Qu’en est-il de vos capacités de traitement ?

Les investissements réalisés ces dix dernières années confèrent de la marge à l’outil. Le site est capable de suivre l’évolution de la production du Cognac pendant pas mal de temps encore. Colporter le contraire serait de la désinformation pure.

Vos clients sont principalement des bouilleurs de profession.

En effet mais des bouilleurs de crus nous confient aussi la dépollution de leurs vinasses. Leur nombre progresse chaque année. Durant cette campagne, nous en avons encore accueilli une petite dizaine. L’idée, c’est de leur proposer une solution à la carte, ne pas forcément traiter toutes leurs vinasses mais d’en traiter une partie. Un viticulteur possède une capacité de stockage   de x hl mais il s’est agrandi ou, tout simplement, distille davantage.   Va-t-il se lancer dans la construction d’un nouveau bassin, pour  conserver 50 % de ses effluents, comme lui demande la réglementation ? Parfois, il va privilégier la solution du panachage. De plus en plus de gens se retrouvent dans cette logique.

Il y a le problème du transport.

Nous n’avons pas vocation à nous substituer aux transporteurs locaux. Mais, quelques fois, pour simplifier les relations commerciales et favoriser la flexibilité, nous mettons à disposition des clients nos deux citernes de transport. Ainsi, même sans la présence du chef d’exploitation, nous pouvons assurer l’enlèvement.  Par ailleurs, des viticulteurs, souvent dans le pourtour immédiat de l’usine, se servent aussi de leurs tonnes à lisier de 50 hl pour livrer les vinasses à Revico. En fait, le fonctionnement doit être le plus souple et le plus adapatable possible, pour répondre aux besoins des uns et des autres. Des clients  nous livrent quatre camions de vinasses d’un coup quand d’autres préférent travailler en flux tendu. C’est pour quoi l’usine est ouverte chaque jour de 7 h à 20 h et le samedi de 7 h à midi. L’enjeu, c’est vraiment d’être un acteur de la dépollution, au service de tous.

Combien coûte la « solution Revico » ?

En fait, nous distinguons deux périodes dans l’année : le début de campagne jusqu’au 30 mars. Là, le tarif s’élève à 78 cents par hl vol. livré ; et, à partir du 15 mars, le tarif passe à 60 c. par hl vol livré, afin d’inciter nos clients à venir en contre-saison, pour nous permettre de faire tourner l’outil le plus longtemps possible.

Comment évoluent vos tarifs ?

Sans que cela présume de l’avenir, je peux vous dire que nos prix n’ont pas bougé depuis cinq ans. La volonté des associés de Revico n’est pas forcément de gagner beaucoup d’argent. L’objectif visé consiste plutôt à couvrir les investissements nécessaires et proposer un service de dépollution de qualité à la filière. Malgré tout,  Revico demeure une entreprise qui doit, par essence, générer des profits. L’usine bénéficie aussi de l’effet taille. Plus les volumes traités sont importants, plus le coût unitaire se trouve réduit, par l’amortissement des frais fixes.

Que pensez-vous de l’épandage ?

Je ne suis pas un farouche opposant de l’épandage. La solution présente un certain nombre d’avantages, ne serait-ce que sa simplicité. Après, il faut disposer de la surface agricole nécessaire pour épandre et se plier aux conditions météo. Aujourd’hui par exemple (le 6 mars NDLR), on ne pourrait pas épandre. Il pleut trop. Il y a aussi la proximité des cours d’eau, les terrains en pente. Mais un épandage bien conduit – sans se contenter de déverser des vinasses dans un milieu naturel en laissant faire la nature – représente une bonne solution de dépollution.

Des techniques alternatives ont vu le jour ces dernières années, comme les stations de traitement biologique aérobie, à l’air libre. La dernière en date est celle de la Step du bassin de Malémont, à Macqueville. Quel regard portez-vous sur ces initiatives ?

Je ne sens pas très à l’aise pour porter un jugement. Il s’agit de process très différents du nôtre. Je remarque juste que ce type de traitement est très énergivore car il fait appel à de nombreux moteurs, pompes de relevage etc. A une époque de tension sur l’énergie, ce mode de dépollution s’inscrit-il dans la durée ? Par ailleurs, prend-on assez en compte les coûts d’exploitation, les coûts masqués, la casse, le remplacement ? Plus l’outil est technique et évolué, plus les pièces sont soumises au vieillissement. Enfin, de manière générale, pour « abattre » la pollution, nos outils aérobies comme anaérobies produisent des boues. Les bactéries métabolisent la pollution organique en matière sèche. Cela correspond au cycle normal de vie et de mort des bactéries. Or le traitement aérobie présente un ratio de transfert supérieur à celui du process anaérobie (à l’abri de l’air). Autrement dit, quand le système aérobie produit 300 gr de matière en suspension par kg dégradé, les méthaniseurs n’en produisent que 150 gr par kg dégradé. Le fait de générer une quantité importante de boue est une composante qu’il convient de ne pas occulter. Chez Revico, nous avons doublé le poste de déshydration des boues.

Y a-t-il des évolutions à attendre dans le pilotage de la méthanisation ?

En permanence, nous essayons d’optimiser le fonctionnement de l’outil, par de petits réglages, une connaissance plus fine du process. Malgré tout, il n’y a pas de grosses révolutions à attendre. Dans les grandes lignes, l’équipement d’aujourd’hui reste le même que celui installé par Marcel Ménier en 1984. Le vrai changement est venu de la cogénération, c’est-à-dire la production d’électricité à partir du biogaz dégagé par les méthaniseurs. On utilise le pouvoir calorifique du biogaz pour le faire brûler dans des microturbines électriques pas plus grosses que des moteurs d’avions. L’énergie ainsi fabriquée est ensuite réinjectée sur le réseau.

Votre modèle économique s’en trouve-t-il conforté ?

Absolument. Je dirais que le « Business model» de Revico repose sur un triptyque : la rémunération versée par  les clients, la valorisation énergétique – la production d’électricité –  et la valorisation naturelle, c’est-à-dire l’extraction de tartrate de calcium, le précurseur de l’acide tartrique.

C’est ce que l’on appelle ici la « gravelle » ?

Pas exactement. La gravelle qui se dépose sur les parois des cuves de vin après fermentation est du bitartrate de potassium, un sous-prodit de la vinfication , alors que nous extrayons du tartrate de calcium. Mais ces deux composés donnent bien, au final,  de l’acide tartrique, une matière naturelle présente dans le vin. A Revico, nous mettons tout en œuvre pour améliorer le rendement d’extraction de l’acide tartrique.

Pourquoi ?

Parce que l’acide tartrique naturel est une matière première qui connaît une multitude d’usages : tout ce qui est alimentaire, comme additif (E 334), acidifiant, stabilisant, antioxydant ; ainsi le retrouve-t-on dans les bonbons, sodas, levure alsacienne…Les autres utilisations concernent l’œnologie bien sûr, la pharmacie et, plus récemment l’élaboration de composés technique entrant dans la composition de matériau comme le plâtre. Seul problème, le cours de l’acide tartrique est soumis à de fortes variations. Il y a quatre ans, la vente du tartrate de calcium représentait 50 % de notre chiffre d’affaires. Actuellement nous sommes plus proches des 25 %.

Comment s’explique cette volatilité des cours ?

D’abord parce que les acteurs européens du marché de l’acide tartrique sont très peu nombreux. Tous d’origine espagnole ou italienne, ils se comptent sur les doigts des deux mains. Ce sont eux qui transforment en acide tartrique le tartrate issu des sous-produits du vin. Ensuite l’acide tartrique naturel subit la concurrence de l’industrie chimique chinoise qui, elle, extrait l’acide tartrique des sous-produits de l’activité pétrolière et notamment du benzène. A priori, les chinois ont l’intention d’inonder le marché avec ce type de produit de synthèse. En guise de réaction, l’ensemble des acteurs de la filière  acide tartrique naturel s’est fédéré dans une association, l’association Natel. Présidée par Jean-Pierre Faure, dirigeant de la société du même nom à Sérignan du Comtat et plus gros collecteur français de tartre d’origine vinicole, Natel a pour mission de défendre l’origine bio sourcée de l’acide tartrique issu de la viticulture ainsi que de valoriser les circuits courts.

Que pensez vous de l’avenir de la méthanisation ? Cette méthode de traitement des effluents est-elle amenée à se développer ?

Aujourd’hui on peut dire que la méthanisation a le vent en poupe. Cependant, les nouvelles installations font appel à un process un peu différent du nôtre, de part la nature même des effluents à traiter. En général, les installations actuelles mélangent solide et liquide en une sorte de pâte de digestat qui élimine la pollution et produit du biogaz. Notre outil de traitement anaérobie – le même que celui de l’UCVA à Coutras ou de la Distillerie des grands crus à Condom – présente la particularité de traiter 100 % de liquide. C’est assez facile à faire avec un procédé rustique dit de « l’infiniment mélangé ». Je ne vous étonnerai pas en disant que, pour moi, c’est la meilleure manière de traiter les vinasses charentaises. Par contre, cela nécessite de gros investissements de départ. Ainsi la solution ne peut qu’être collective, à l’échelle d’un bassin. Notre filière de dépollution me semble encore relativement méconnue. C’est pour cela que j’invite tous les viticulteurs intéressés à venir découvrir, ne serait-ce que par curiosité, nos installations.

 

   

                                  Des partenaires historiques

 

Fondée dans les années 70, la société REVICO a conservé ses partenaires historiques : Martell, Hennessy, Courvoisier, Camus, Rémy Martin, Marnier-Lapostolle, UniCognac, Tessendier, Tesseron, Thomas (distillateur à Salignac sur Charente). Au plan juridique, Revico est organisé sous la forme d’une structure de droit privé, la SNC (Société en nom collectif), dont l’une des caractéristiques est de faire supporter l’impôt aux associés. Si Revico rembourse ce montant à ses sociétaires, la distribution des résultats s’arrête là. Il n’y a pas d’enrichissement des membres.

 

                                 L’équipe Revico

 

Elle se subdivise en deux « brigades » ou sections : la section exploitation, qui assure non seulement le fonctionnement de l’outil mais aussi sa mise en sécurité. Ses effectifs sont potentiellement disponibles 2 4 / 24. Et l’équipe maintenance, gardienne du bon état de l’équipement. Et puis il y a les services transversaux chargés de la qualité, de la sécurité, de l’environnement, du réglementaire. Revico vient justement de recruter un jeune ingénieur chargé, à 100 %, de l’environnement et du réglementaire. Le site est certifié Iso 14 001. En hiver, Revico compte 27 salariés, en été 25. L’usine s’arrête entre le 15 et le 31 juillet pour redémarrer progressivement avant la campagne de distillation. Certes, pendant cette période de  basse eau, la population de bactéries affiche un certain taux de mortabilité, vite comblé par un vigoureux programme de redémarrage. Les auxiliaires de la dégradation des effluents ont tôt fait de retrouver leur pouvoir méthanogène.

 

Les sources de l’acide tartrique

 

« Gravelle » en Charentes, « sablon » dans la vallée du Rhône, « graille » dans le Beaujolais, « vin-pierre » en Champagne…selon les régions, le nom change mais il s’agit toujours du bi tartrate de potassium, nom scientifique pour désigner ces cristaux de tartre. Naturellement présent dans le vin, le composé est l’un des précurseurs de l’acide tartrique naturel. Connu depuis l’antiquité, il a toujours aidé à la conservation.

L’autre précurseur de l’acide tartrique s’appelle le tartrate de calcium. Il est récupéré, lui, par les distilleries vinicoles grâce à un processus chimique simple appliqué aux effluents de distilleries. C’est ce que font des distilleries comme l’UCVA ou Douence après distillation de leurs marcs et lies ; ou comme Revico, directement à partir des effluents de distillerie collectés. On dit que les deux filières sont « cousines » voire presque sœurs.

Pour revenir à la « gravelle », la filière viticole s’est organisée depuis des lustres pour récupérer cette matière première aux multiples usages (œnologique, alimentaire, pharmaceutique, technique). Traditionnellement, les cuviers ciment subissaient une intervention mécanique, au chalumeau, au burineur au marteleur (futaille) et le réseau des ferrailleurs était mis à contribution pour servir de plateformes de regroupement. C’est toujours vrai, même si le secteur s’est un peu restructuré autour de centres de récupération (métaux, fer…).

Mais surtout, un changement de taille est intervenu avec la multiplication de la cuverie inox. Plus question d’y aller au burineur. Dorénavant, on utilise une solution alcaline saturée (Ph 13 à 14) pour attaquer, avec une boule de lavage perforée, le Ph acide du tartre du vin. Une fois épuisée, cette solution, au lieu d’être rejetée dans le milieu, est récupérée dans des containers. Et, par une réaction chimique mise au point par l’INRA, les sociétés spécialisées (Faure S.A, d’autres…) récupèrent le tartrate de calcium.

 

                                                       Association Natel

                                     Le bad trip de l’acide tartrique synthétique

 

Au début des années 2 000, il n’y avait d’acide tartrique que naturel, issu de la viticulture. Puis est venu de Chine l’acide tartrique de synthèse, tiré du pétrole. Aujourd’hui, la filière européenne de l’acide tartrique naturel se bat, à travers l’association Natel, pour faire reconnaître la spécificité de son produit auprès des autorités réglementaires, européennes notamment.

 

En 2003,  le prix de vente de l’acide tartrique naturel a chuté d’environ 70 % en l’espace de six mois. L’explication de cette dégringolade ! L’arrivée des industriels chinois sur le marché de l’acide tartrique mais avec un produit d’origine synthétique tiré de l’industrie pétrolière et notamment du benzène. « Alors qu’avec 55 ou 60 000 tonnes par an, l’acide tartrique ne représente, au niveau mondial, que 2 ou 3 % de la famille des acides organiques – citrique , malique, lactique – les chinois ont, malgré tout, décidé de s’engouffrer sur ce petit créneau et nous infligent une concurrence sévère. Comme d’autres, notre secteur est victime de la mondialisation» constate Jean-Pierre-Faure, Pdg de la société Faure S.A à Sérignan du Comtat, dans le Vaucluse. Son métier : la collecte et le conditionnement de la matière première avant livraison aux raffineurs européens. Très vite, l’industrie agroalimentaire française et européenne (panification, viennoiserie etc…) adopte la molécule de synthèse. Ou, quand elle retient l’acide tartrique naturel, c’est au prix de la molécule de synthèse, beaucoup moins cher.  Rapidement, tout le secteur est impacté. Le dernier raffineur français d’acide tartrique, la société Legré-Mante, présente à Marseille depuis 1784, ferme ses portes en 2009. Les uns après les autres, les intermédiaires entre collecteurs et raffineurs disparaissent à leur tour. Plus solide sans doute et capable de recapitaliser l’entreprise, la société Faure, en vallée du Rhône, rachète un certain nombre d’établissements.  Au bout de la chaîne, caves coopératives, caves particulières, distilleries vinicoles pâtissent également de la moindre valorisation de l’acide tartrique

 

Informer les usagers

 

Les premières tentatives de contrer la production chinoise d’acide tartrique passent par des mesures antidumping. Mais elles produisent peu d’effet. En même temps, la filière réalise que des failles existent, notamment en matière de détermination – en chimie on parle de « discrimination » – de l’acide tartrique naturel par rapport à l’acide tartrique de synthèse. Les deux produits sont différents mais on a du mal à les distinguer. Surtout, l’utilisateur ne le sait. « C’est sur ce terrain-là qu’il faut se battre » pressent la profession.

En 2013, Jean-Pierre Faure « prend le taureau par les cornes. » « Je trouvais un peu anormal que les raffineurs, qui commercialisent le produit fini, ne bougent pas le petit doigt pour contrer l’hégémonisme chinois. J’ai réussi à convaincre le plus gros d’entre eux, un producteur italien également distillateur et la plupart de ses collègues ont suivi . »

 

les raffineurs européens

 

Présidée par J.P Faure, l’association Natel naît en 2015.   Elle réunit une bonne partie des raffineurs européens (italiens, espagnols) mais aussi un raffineur sud-américain, tous les distillateurs vinicoles français et italiens… L’association regroupe aujourd’hui 80 % de la production d’acide tartique naturel mondial . Parmi ceux qui restent dehors, se retrouvent quelques opérateurs peu scrupuleux qui, au nom d’intérêts économiques, « mixent » le naturel et le synthétique pour vendre au prix du naturel.

L’association Natel intervient de quelle façon ? Au plan scientifique, elle s’appuie sur les travaux d’un docteur en pharmacie, Fabrice Coloma, un ancien de Legré-Mante, aujourd’hui employé de la société Faure. Pour une partie de son temps, il est détaché auprès de l’association. Natel bénéfice aussi de l’expertise de Marie-Florence Grenier-Loustalot, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste en physico-chimie. Longtemps, elle s’est occupée du dopage des sportifs, avec la détermination de testostérone de synthèse. Aujourd’hui à la retraite, elle donne un « coup de pouce scientifique » aux PME/PMI dans le cadre du Pôle compétitivité. Par ailleurs, les adhérents de Natel financent des actions de lobbying en direction des autorités européennes, décisionnaires en matière d’additifs alimentaires. Même chose ou à peu près pour la pharmacopée. L’acide tartrique rentre dans la composition d’environ 300 médicaments et le bon niveau d’intervention se situe aussi à Bruxelles. En janvier 2017, justement, tombe une bonne nouvelle. Dans le cadre pharmaceutique, l’Europe reconnaît deux origines différentes de molécules, une d’origine fossile, l’autre d’origine vinicole, avec la possibilité de porter l’information à la connaissance des usagers. Une première victoire. Quant à aborder le terrain de la sécurité sanitaire, c’est une autre paire de manches. Cela nécessiterait beaucoup de tests en laboratoire. La filière y pense mais reste prudente. «Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Le remède pourrait s’avérer pire que le mal. »

Pendant ce temps, les ambitions chinoises ne fléchissent pas. Alors que la production d’acide tartrique de synthèse était d’environ 5 000 tonnes au début des années 2 000, elle atteint aujourd’hui 30 à 40 000 tonnes et des projets de construction d’usines pourraient la faire grimper à 50 / 60 000 tonnes. Conclusion : le soutien des prix ne se jouera que sur le terrain de la différenciation et pas sur celui de la raréfaction de l’offre.

 

 

 

 

 

 

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