Rendements 2018, maintien pour le pineau, annonce en deux temps pour le cognac

27 août 2018

Les rendements des AOC Cognac et Pineau applicables pour la récolte 2018 viennent d’être annoncés. La filière Pineau des Charentes a fait le choix du maintien sur des bases quasi-identiques à l’an passé. Du côté du Cognac, la prise de décision a été plus difficile car des points de divergence ont été marqués au sein de la viticulture et avec le négoce. Finalement, aucune décision définitive n’a été prise pour l’instant. L’annonce du rendement officiel sera faite à la veille des vendanges et tiendra compte de la charge effective des raisins dans le vignoble.

La fin du mois de juin et la date limite de dépôt de la déclaration d’affectation parcellaire coïncident généralement avec l’annonce des rendements de l’année.

Pour le Pineau des Charentes, ce sera le Statut quo : le contexte contraint la filière à maintenir les rendements à un niveau contenu, soit 72 hl/ha de moûts comprenant une réserve de production de 12 hl/ha bloquée pour 5 ans maximum.

Du côté du Cognac, le rendement définitif n’a pas pu être tranché à ce jour puisque trop d’incertitudes existaient encore sur le potentiel à récolter.

L’objectif est d’atteindre le niveau de "besoin en production" de 914 700 hl ap/ha calculé par le business plan. Ce chiffre est un record pour la région. Il est la conséquence, d’une part, des extraordinaires performances de ventes des négociants ces dernières années (+10,3 % à fin mars) et d’autre part des faibles récoltes accusées lors des derniers millésimes notamment à cause des aléas climatiques.

Pour obtenir la valeur du rendement annuel à appliquer il faut intégrer la notion de dispersion des rendements car sur les 75942 ha en production au 1er avril 2018, tous ne produiront pas le rendement maximum, à commencer par les vignes grêlées. Pour atteindre le niveau de production attendu par les marchés, il convient d’accorder la possibilité aux exploitations à fort potentiel de compenser le déficit des autres sachant que plus le rendement annuel est élevé et moins le nombre d’exploitations susceptibles d’y parvenir est important. Si on tient compte la dispersion moyenne des dernières années, le rendement annuel de 2018 devrait être fixé au-delà de 14,5 hl ap/ha. Et c’est là que les dilemmes se posent…

 

L’ensemble du négoce et une partie de la viticulture affirme sans état d’âme qu’il faut avancer vite et voir loin car les opportunités de développement sont extraordinaires pour la filière et la région toute entière. Le Cognac doit prendre toute la place qu’il mérite sur les marchés mondiaux.

Mais l’autre partie de la viticulture s’inquiète car malgré des chiffres d’affaire historiques, la fragilité structurelle des entreprises viticole est palpable. Les revenus en progression ont induit des investissements et de l’endettement, l’accroissement rapide des superficies et la pression environnementale génère des effets de seuils sur la main d’œuvre et le matériel. « Pour inscrire de hauts niveaux de production reconductibles chaque année à Cognac, il faut entretenir un effectif maximum d’exploitations robustes avec des revenus stables et surtout sans à-coups» soulignait l’un d’entre eux en « off ».

Pour apaiser les tensions du moment, il a été décidé de fixer le rendement de l’AOC Cognac en deux temps. Le premier niveau, de 12,5 hl ap annoncé le 28 juin dernier qu’une vocation d’affichage. Il sera réajusté à la hausse, la veille des vendanges, en fonction du potentiel de récolte et surtout de la dispersion effective des rendements évaluée par la station viticole du BNIC.

Si la charge exceptionnelle des vignes saines va jusqu’au bout, les dégâts sur les exploitations partiellement grêlées pourraient être moins graves qu’imaginés et le dispositif d’achat de moûts prévu par la réglementation pourrait aider les exploitations les plus touchées à compenser leurs pertes. Dans ce cas, l’interprofession décidera d’un faible rendement compensatoire.

A contrario, si la dispersion se confirme ou s’aggrave, le rendement annuel pourrait en théorie avoisiner la valeur calculée par le business plan. Les représentants de la viticulture devront alors faire preuve de persuasion pour convaincre le plus grand nombre de l’intérêt de cette décision et garder l’unité viticole intacte pour les chantiers à venir à commencer par l’augmentation du potentiel de production.

 

Autorisations de  plantation : attribution de surfaces minimales en 2018.


 

A lire aussi

Optimiser la qualité de pulvérisation de son appareil

Optimiser la qualité de pulvérisation de son appareil

Guillaume Chaubenit adhére au Collectif 30 000 Martell. Il a choisi de tester le programme LUMA, un programme phytosanitaire sans DSR, avec des produits 5m pour les ZNT. Changement de pratiques, année à pression forte pour le mildiou, ce jeune viticulteur, confiant...

Du 15 au 30 juin, ce sont les journées de lutte contre les ambroisies

Du 15 au 30 juin, ce sont les journées de lutte contre les ambroisies

Le Ministère du Travail , le Ministère de la Santé et des Solidarités et l’Observatoire des Ambroisies - FREDON France rappellent l’importance des conséquences néfastes de ces espèces envahissantes et allergisantes. Pour rappel, l’Ambroisie à feuilles d’armoise...

error: Ce contenu est protégé