rendement cognac identique à 2013 : 11,70 HAP / HA

23 juillet 2014

11,71 hl AP/ha en 2013, 11,70 hl AP en 2014… La proposition de rendement annuel 2014 – la partie immédiatement commercialisable – se confond avec celle de l’an dernier. Stéphane Roy, secrétaire général de l’UGVC*, commente ce niveau de rendement.

 

 

p19.jpg« Ce chiffre de 11,70 hl AP/ha est positif à trois niveaux, dit-il. Il traduit la confiance du négoce dans l’avenir, même si ce qui se passe en Chine est un peu embêtant. Mais nous produisons aujourd’hui pour vendre plus tard. Il ne faut pas suréagir pour reproduire les erreurs du passé. Les 11,70 hl AP/ha ont aussi pour objectif de combler le retard de production enregistré sur les deux dernières campagnes. Ils vont permettre de reconstituer du stock à la viticulture. Enfin, et c’est peut-être le point le plus important, ce volume de commercialisation va accompagner la dynamique qui s’installe au vignoble, celle du renouvellement des plantations. Il ne faut surtout pas brider cette dynamique. »

Le secrétaire général de l’UGVC indique que les 11,70 sont issus de la formule de calcul de l’interprofession « à laquelle l’on a rajouté comme l’an dernier, un peu de fluidité pour éviter des tensions trop fortes sur les vins et les eaux-de-vie 00. » Ainsi, les volumes sont-ils « légèrement supérieurs à la demande pour qu’il n’y ait pas d’emballement ».

Sur proposition de l’interprofession, la section ODG du BNIC a adopté une série d’autres points complémentaires :

l Le volume de réserve de gestion est fixé à 1 hl AP/ha, libérable en compte 4. Pour mémoire, l’an dernier, la réserve de gestion s’élevait à 1,5 hl AP/ha, dont 1 hl libérable en compte 4 et 0,5 hl libérable en compte 10). En 2014, le rendement maximum autorisé s’élèvera donc à 12,70 hl AP/ha (11,70 + 1), contre 13,21 hl AP/ha en 2013.

l En ce qui concerne l’année N +1 (2015), un rendement plancher a été prévu, de 10,11 hl AP/ha (voir définition ci-contre).

l Toujours pour 2015, un rendement d’orientation est retenu à hauteur de 10,92 hl AP/ha (voir définition).

Sur le niveau de rendement commercialisable, qui peut interpeller en période de décrue des ventes, le secrétaire général de l’UGVC a livré sa vision des choses : « Le rendement 2014 s’inscrit en pleine cohérence avec le Business Plan Cognac et notre projet d’accompagner les ventes des négociants. C’est seulement de cette façon que le revenu des viticulteurs pourra progresser. Et ce ne sont pas des paroles en l’air. Il n’y a qu’à voir l’évolution des revenus viticoles ces dernières années. Ils ont quasi doublé, grâce à l’effet conjugué des prix et des volumes. Ces résultats tangibles sont la conséquence du volet d’« accompagnement » mis en place avant même la création de l’UGVC. De toute façon, la région ne se portera bien que si les deux familles sont conscientes de leur rôle respectif. La viticulture doit produire suffisamment pour que le négoce n’ait pas de mal à s’approvisionner à des prix corrects, afin d’attaquer les marchés et dégager des marges. Quant au négoce, une fois gagner des parts de marché, son rôle est d’assurer un retour de valorisation auprès des viticulteurs. Cela ne peut pas fonctionner autrement. Toute autre politique de sous-production ou de surproduction serait particulièrement contre-productive, tant en termes de vente que d’entretien du vignoble. »

Le secrétaire général du syndicat a cru bon de revenir sur la demande de 8 200 ha de plantations nouvelles : « Ce qui est important de retenir, c’est que ces vignes correspondent à un besoin. Si les viticulteurs les plantent, c’est qu’il y aura un débouché derrière. »

Et puis Stéphane Roy ne serait pas lui-même s’il n’avait pas abordé la question de l’adaptation du vignoble et plus particulièrement du PAPE (Potentiel annuel de production par exploitation). « Dans ce contexte de plantations nouvelles, a-t-il dit, la question de l’adaptation du vignoble revêt une portée capitale. Les négociants proposent une contractualisation pour les ha supplémentaires. C’est un « plus », certes. Mais nous ne sommes pas sur des contrats à dix ans. Le vignoble, lui, est implanté pour au moins 20 ans. C’est pour cela que le maître mot reste l’adaptation. Notre système ne doit pas être figé. Le négoce n’achètera pas ce qu’il ne veut pas acheter. D’où la nécessité d’un outil de régulation qui nous permette d’adapter notre vignoble. Personnellement, je préconise le PAPE mais il existe d’autres solutions comme d’être conscient, à titre individuel, de ses débouchés et d’adapter son potentiel en fonction de cela. »

Rendement plancher : c’est le niveau en dessous duquel le rendement de l’année suivante ne peut pas descendre. En principe, il correspond à 85 % du rendement de l’année en cours.
Rendement d’orientation : c’est le rendement qui s’appliquera l’année sui-vante, si les objectifs sont remplis, tant en termes de production que de ventes.

 

 

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