Trois chiffres après la virgule

22 mars 2009

Pour le non-initié, le mode de gestion de la récolte Charentes peut apparaître comme une création monstrueuse, tout droit sortie du cerveau dérangé d’un savant fou. Il faut dire que s’empilent trois ou quatre strates réglementaires : celle applicable au Cognac, avec ses spécificités (QNV de l’article 28, rendement agronomique, Plan d’adptation…), celle relative à un produit d’AOC, le Pineau (mais avec sa composante double fin), la réglementation particulière aux vins de pays dans un contexte vins de table/vin de pays en pleine évolution. Tout cela s’entremêle joyeusement dans le ballet des cadres I, II, III propres à la déclaration de récolte Charentes, sans parler des contrôles documentaires… trois chiffres après la virgule. Cette année, pour tenter de démêler l’écheveau, nous sommes partis des types d’exploitations en fonction de leurs marchés : 100 % Cognac – Cognac / vin de table – Cognac / Pineau / vin de pays / vin de table – 100 % vin de table. Merci à Janine Bretagne, du BNIC, Jean-François Bertran de Balanda, de l’ONIVINS et Benoît Stenne, du SGV Cognac pour leurs contributions.
Ci-dessous, l’arrêté de campagne publié au « Journal officiel » le 29 septembre 2005.

 

J.O. n° 227 du 29 septembre 2005, page 15605, texte n° 84

Décrets, arrêtés, circulaires – Textes généraux

Ministère de l’agriculture et de la pêche

Arrêté du 19 septembre 2005 relatif à la distillation des vins dans la région délimitée « Cognac »

Le ministre de l’agriculture et de la pêche et le ministre délégué au budget et à la réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement,

Vu le règlement (CE) n° 1493/1999 du Conseil du 17 mai 1999 portant organisation commune vitivinicole, notamment son article 28 ;

Vu le règlement (CE) n° 1623/2000 de la Commission du 25 juillet 2000 modifié fixant les modalités d’application du règlement (CE) n° 1493/1999 du Conseil du 17 mai 1999 portant organisation commune vitivinicole ;

Vu le règlement (CE) n° 1219/2005 de la Commission du 28 juillet 2005 modifiant le règlement (CE) de la Commission n° 1623/2000 du 25 juillet 2000 modifié fixant les modalités d’application du règlement (CE) n° 1493/1999 du Conseil du 17 mai 1999 portant organisation commune viti-vinicole ;

Vu le code général des impôts, notamment son article 407 ;

Vu le décret n° 98-1128 du 14 décembre 1998 relatif à la mise en œuvre de la quantité normalement vinifiée dans la région délimitée « Cognac » ;

Vu l’arrêté du 1er février 2005 relatif au classement des variétés de vignes de raisin de cuve,

Arrêtent :

Article 1

Les vins issus de variétés classées, pour un même département, à la fois comme variétés à raisin de cuve et comme variétés destinées à l’élaboration d’eaux-de-vie à appellation d’origine contrôlée « Cognac », produits en 2005 au-delà d’un rendement de 8,3 hectolitres d’alcool pur par hectare éligible à la quantité normalement vinifiée déterminée par le décret du 14 décembre 1998 susvisé, doivent être livrés à la distillation au plus tard le 15 juillet 2006, en vertu de l’article 28 du règlement (CE) n° 1493/1999 susvisé

Toutefois, pour la production de vin de liqueur à appellation d’origine contrôlée « Pineau des Charentes », ce rendement est ramené au rendement annuel de l’appellation (soit 60 hl/ha à 10 % vol.).

Article 2

Toute quantité d’alcool pur comprise dans le rendement visé à l’article précédent qui n’est pas affectée, dans la déclaration d’affectation visée à l’article 4 du présent arrêté, à la production d’eau-de-vie à appellation d’origine contrôlée « Cognac » ou à la production de vin de liqueur à appellation d’origine contrôlée « Pineau des Charentes » est multipliée par un coefficient :

– égal à 0,964 pour les quantités revendiquées en vins de pays charentais dans la déclaration de récolte ;

– égal à 1,373 pour les autres destinations (soit 114 hl/ha à 10 % vol.).

L’alcool pur correspondant à la majoration de rendement ne peut en aucun cas être affecté à la production d’eau-de-vie à appellation d’origine contrôlée « Cognac » ou à la production de vin de liqueur à appellation d’origine contrôlée « Pineau des Charentes ».

Article 3

L’alcool pur contenu dans les moûts et les vins visés aux articles 1er et 2 ci-dessus est apprécié selon les conditions suivantes :

– pour les vins destinés à l’élaboration de Cognac, en fonction de l’alcool pur contenu dans les vins livrés ou mis en œuvre ;

– pour les moûts destinés à l’élaboration du Pineau des Charentes, sur la base d’un titre alcoométrique volumique en puissance de 10 % vol. ;

– pour les moûts et vins destinés à une autre destination traditionnelle, sur la base d’un titre alcoométrique volumique en puissance de 10 % vol. ;

– pour les moûts et vins revendiqués en vin de pays charentais, sur la base d’un titre alcoométrique de 10 % vol.

Article 4

Au plus tard le 25 novembre 2005 et en vue du calcul des obligations visées à l’article 1er ci-dessus, tout producteur est tenu de fournir aux services de la direction générale des douanes et droits indirects une déclaration d’affectation portant sur les superficies éligibles, au sens du décret du 14 décembre 1998 susvisé, ainsi que sur le volume correspondant de sa production destiné à l’élaboration d’eau-de-vie à appellation d’origine contrôlée « Cognac » ou à la production de vin de liqueur à appellation d’origine contrôlée « Pineau des Charentes ».

Cette déclaration est :

– soit déposée à la mairie du siège d’exploitation, en même temps que la déclaration de récolte ;

– soit directement envoyée au bureau national interprofessionnel du cognac, qui la transmet, après traitement, aux services de la direction générale des douanes et droits indirects.

Article 5

Les quantités excédentaires produites au-delà des rendements visés aux articles précédents :

– pour les viticulteurs et pour les caves coopératives ayant respecté un rendement agronomique à la déclaration de récolte inférieur ou égal à 130 hl/ha,

peuvent faire l’objet d’une vinification en vue de l’exportation avant le 15 juillet 2006 et sans restitution à destination d’un pays tiers à l’Union européenne ou d’une livraison à la distillation obligatoire visée à l’article 28 du règlement (CE) n° 1493/1999 susvisé. Un complément du prix minimal de 72,42 EUR par hectolitre d’alcool pur en puissance leur sera attribué pour cette livraison, dans la limite du volume maximal qui sera déterminé après exploitation de l’ensemble des états de mise en œuvre, afin de respecter le prix moyen communautaire de 134 EUR par hectolitre d’alcool pur en puissance.

Tout négociant qui acquiert des moûts destinés après vinification à l’exportation vers les pays tiers doit effectuer celle-ci avant le 15 juillet 2006. A défaut d’apporter la preuve de cette exportation, il devra livrer à la distillation visée à l’article 28 du règlement (CE) n° 1493/1999 susvisé la quantité de vins en cause avant le 15 juillet 2006. Le prix d’achat de ces vins est fixé à 134 EUR par hectolitre d’alcool pur en puissance :

– pour les viticulteurs et pour les caves coopératives n’ayant pas respecté ce rendement, doivent être livrées sous forme de vin en totalité à la distillation obligatoire visée à l’article 28 du règlement (CE) n° 1493/1999 susvisé au prix minimum de 72,42 EUR par hectolitre d’alcool pur en puissance.

Article 6

Les vins produits en excédent de la quantité normalement vinifiée ne peuvent circuler qu’à destination d’une distillerie, des installations d’un élaborateur de vins vinés, de l’exportation vers un pays tiers à l’Union européenne.

Les documents d’accompagnement devront préciser « distillation obligatoire, article 28 du règlement (CE) n° 1493/1999 ».

Article 7

Le directeur des politiques économique et internationale et le directeur général des douanes et droits indirects sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 19 septembre 2005.

Le ministre de l’agriculture et de la pêche,

Pour le ministre et par délégation :

Par empêchement du directeur des politiques économique et internationale :

Le chef de service, M. Guittard

Le ministre délégué au budget et à la réforme de l’Etat,
porte-parole du Gouvernement,

Pour le ministre et par délégation :

Par empêchement du directeur général des douanes et droits indirects :

Le sous-directeur, J.-P. Mazé

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