Prix, approvisionnements, sobriété : Le point sur le gaz

4 janvier 2023

A l’issue d’une année difficile en terme énergétique, GRDF fait le point sur la situation. Les fortes tensions énergétiques sont sources d’inquiétude chez les particuliers, les collectivités mais aussi les entreprises et industriels. Les appels à la sobriété se multiplient et la crainte de coupures, de gaz ou d’électricité, alimente toutes les conversations.

Décryptage d’une situation complexe et réponse aux principales questions qui préoccupent les entreprises et industriels.

Pourquoi le prix est-il élevé sur le marché du gaz ?

La reprise économique qui a suivi la crise du COVID puis l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont engendré la hausse actuelle inédite des prix sur les marchés de l’énergie.

En dépit d’un taux de remplissage des stocks à 100% depuis fin octobre et de la mise en œuvre d’importations massives de GNL (Gaz Naturel Liquéfié), les opérateurs de marché anticipent que la situation pourrait être tendue en cas d’hiver froid, ce qui maintien les prix de marché à un niveau très haut.

Les prix de marché pourraient baisser de manière progressive à partir de la sortie de l’hiver 2022/2023 en raison de la conjonction des campagnes de sobriété, de la diversification des approvisionnements, de la mise en service de terminaux méthaniers supplémentaires, mais également de l’accélération du raccordement de sources d’énergies renouvelables.

Les prix du gaz pourraient retrouver un niveau plus proche de celui avant la crise sous l’effet de plusieurs facteurs, en particulier grâce à la substitution progressive du gaz naturel par le biométhane. La Région Nouvelle-Aquitaine s’est ainsi fixé l’objectif d’atteindre 30% de gaz vert d’ici 2030 et 100% d’ici 2050, et compte même devenir exportatrice à cette échéance !

Va-t-on réellement manquer d’énergie cet hiver ?

La diversité de nos sources d’approvisionnement et la solidité de notre chaîne gazière nous mettent à l’abri d’une crise majeure d’approvisionnement. Aujourd’hui, le principal fournisseur de gaz en France est la Norvège avec 36% des approvisionnements. Lorsque les livraisons de gaz en provenance de Russie ont cessé, il ne représentait déjà plus que 8% du gaz consommé en France contre 17% en février 2022. De plus, avec l’essor du gaz vert, une énergie 100% local et renouvelable, la France réduit progressivement sa consommation de gaz d’origine fossile et in fine sa dépendance énergétique.

La situation du gaz en France est donc plutôt rassurante mais la prudence s’impose. En effet, épuiser nos stocks de gaz dès cette année, ce serait reporter à l’an prochain le risque d’un hiver difficile. Ainsi, le gouvernement français estime qu’en réduisant collectivement de 10% notre demande d’énergie, il serait possible de passer la saison froide sans devoir hypothéquer l’avenir.

Y aura-t-il des coupures cet hiver ?

En cas de situation critique, il existe, en électricité comme en gaz, des dispositifs d’urgence pour moduler la consommation de manière ponctuelle.

Etant donné l’incertitude qui plane sur les capacités de production nucléaires, de brèves interruptions de service sont sérieusement envisagées côté électricité (tournantes ou à heures fixes). Ces coupures concernent aussi bien les entreprises que les particuliers.

Les prévisions indiquent que le système gazier français est bien préparé à affronter un hiver d’une rigueur moyenne. Mais la sobriété doit s’imposer tant aux consommations de gaz qu’aux consommations d’électricité, puisqu’à la pointe électrique, ce sont les centrales à cycle combiné gaz qui assurent la production des derniers GWh.

Aussi, si le gaz venait à manquer en raison de froids exceptionnels, des dispositifs d’urgence pourraient être activés, l’interruptibilité et le délestage.

Mon industrie va-t-elle subir du délestage ?

GRDF fait en sorte d’alimenter constamment en gaz l’ensemble des clients raccordés à son réseau. Toutefois, dans certaines circonstances exceptionnelles (incident sur le réseau ou crise d’approvisionnement) GRDF peut se trouver dans l’obligation de demander à ses gros clients professionnels de réduire ou d’interrompre leur consommation afin de préserver l’alimentation en gaz des particuliers et des sites exerçant des missions d’intérêt général (MIG). Plusieurs dispositifs sont appelés successivement selon la tension subie sur le réseau (cf infographie).

Les contrats d’interruptibilités sont souscrits volontairement par les clients. Ils font le choix d’une consommation journalière plafond et s’engagent à faire baisser leur consommation en dessous de ce seuil en moins de 24h en cas d’activation de la mesure. Si ce dispositif d’effacement de tout ou partie de la consommation des clients de ces clients s’avérait insuffisant, le processus appelé « délestage » pourrait être activé par les pouvoirs publics (décret du 7 avril 2022*).

Ce dispositif d’urgence concerne en priorité 5000 sites industriels dont la consommation annuelle de l’année précédente est supérieure à 5 GWh /an. Il leur impose de réduire ou d’interrompre leur consommation de gaz dans les 2 heures, sur demande des pouvoirs publics et relayée par GRDF.

Afin d’organiser la priorité des délestages en cas de nécessité, tous les clients potentiellement délestables ont été sollicités lors de l’enquête annuelle menée par GRDF en début d’année. Il leur était demandé de s’exprimer sur leur capacité à se délester en moins de deux heures sans conséquence économique pour leur site et les risques et préjudices en cas de délestage. Ils étaient également sollicités pour fournir les coordonnées de personnes pouvant répondre 24/24 et 7/7 à un ordre de délestage. En l’absence de réponse au questionnaire, les entreprises concernées sont considérées comme délestables sans risque.

Enfin, les préfets définissent la catégorie des clients et les préjudices liés au délestage. Les entreprises concernées par cette mesure ont été informées par le préfet de département au plus tard le 1er décembre 2022.

Cependant le scénario du délestage reste peu probable car les stocks de gaz français sont pleins. Malgré tout, il est important de prêter attention à sa consommation car plus que jamais, la meilleure énergie sera celle que l’on ne consommera pas.

Comment consommer plus « sobre » ?

L’adoption collective de mesures de sobriété énergétique, combinée à une nécessaire exemplarité de la part des entreprises et des collectivités, est devenue un enjeu de société majeur.

Pour aider particuliers et professionnels, un nouvel outil, Ecogaz (Ecogaz – Baromètre du gaz (myecogaz.com)), a été créé pour suivre l’état de tension du réseau de gaz sur cinq jours. Cet outil doit permettre à chacun d’adapter sa consommation et ainsi éviter le délestage des grands industriels.

* Décret n° 2022-495 du 7 avril 2022 relatif au délestage de la consommation de gaz naturel et modifiant le code de l’énergie.

Source: GRDF

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