cave des Coteaux de l’Angoumois

21 mai 2010

Première récolte en 2001, premières ventes en 2002… La cave des Coteaux de l’Angoumois s’approche de la date anniversaire des dix ans. Cultivant toujours un lien très fort entre les adhérents, elle a conservé sa consistance et amélioré son outil de travail.

Installée dans ses murs depuis 2007, à Saint-Simeux près de Châteauneuf, après avoir longtemps été une coopérative « SDF », hébergée chez les adhérents, la cave des Coteaux de l’Angoumois poursuit son parcours que d’aucuns pourraient qualifier « d’exemplaire ». Ne serait-ce la rémunération des adhérents, pas encore au rendez-vous, le reste n’a pas pêché : adhésion, engagement, participation, gestion prudente… Toutes ces caractéristiques qui devraient être l’apanage de la coopération se retrouvent à la cave. Encore cette année, où une récolte plus forte que les deux précédentes a fait se télescoper vendanges Ugni blanc et vendanges « autres cépages », Jacques Mounier, le président de la structure, a salué le bon esprit qui avait régné au sein de la cave. « Ce n’était pas facile mais tout le monde a joué le jeu. Ce fut vraiment un bon travail de coopérateurs, dans l’esprit du bien commun. » En terme financier, la cave n’a jamais fait mystère de ses difficultés à rémunérer correctement ses adhérents (à peine 3 000 € de l’ha sur la récolte 2007, mis en règlement cette année). C’était un peu le deal de départ. « Nous nous étions donnés dix ans. En fait, il va falloir sans doute quinze ans pour arriver à une certaine rentabilité nous permettant de dégager plus d’argent. » Déjà, l’arrivée à échéance des premiers emprunts laisse augurer d’une trésorerie meilleure. Durant ces presque dix ans, la coopérative n’est pas restée inactive. Marche après marche, un peu à la manière d’une exploitation individuelle, elle a monté un outil collectif performant. En 2009, alors que la récolte se faisant plus abondante, l’outil de vinification en place a permis d’envoyer 60 % des volumes en moûts de vinification, payés un bon prix. Avant vendanges, ces ventes en gros avaient fait l’objet d’accords contractuels. « La récolte 2009 nous permettra de mieux rémunérer nos adhérents. Il nous faudrait de tels volumes plus souvent » a noté J. Mounier. Grâce à un très bel été 2009, les maturités furent poussées à leurs termes. Ainsi, en matière de vins de bouche, le millésime 2009 s’illustre par un mix qualité/quantité un peu exceptionnel. « Ce qu’il y a de dommage, c’est que tout le monde va faire de bons produits » a constaté en souriant le président.

Comme toujours, Eric Montigaud et Isabelle Clochard se sont retrouvés « aux manettes » pour élaborer les cuvées. Un gros travail de préparation, effectué par la commission technique, avait permis de sélectionner en amont les parcelles. Ce contrôle qualité s’est traduit par une meilleure organisation des apports. Certains jours, plus de 1 000 hl vol. ont transité par la cave. En tout, la structure a vinifié 6 558 hl, répartis entre 1 919 hl vol. pour le Merlot (12,82 ha), 2 225 hl vol. pour le Cabernet (9,48 ha), 1 159 hl vol. pour le Sauvignon (8,98 ha), 822 hl vol. pour le Chardonnay (7,75 ha) et 433 hl vol. pour le Pinot noir (7,90 ha). Les parcelles les plus qualitatives, dotées de petits rendements, ont été affectées à la vente directe en bouteille. Début de printemps, la cave sélectionnait les vins qu’elle allait présenter aux différents concours.

Les Coteaux de l’Angoumois traitent la production de 46,93 ha soit le potentiel de production de départ, à un ou deux ha près. Même chose pour les effectifs : ils sont stables avec toujours 18 adhérents. La cave n’envisage pas d’inciter à la plantation – « le contexte n’y est pas » – comme elle ne cherche pas de nouveaux adhérents. « D’autres structures auraient pu nous rejoindre mais nous ne l’avons pas souhaité car, face à de gros apporteurs, il aurait fallu s’endetter. » Si, au départ, la cave envisageait à terme une consistance de 100 à 120 ha, elle n’est pas fâchée d’en être restée à 40/50 ha. « Il s’agit d’une taille humaine qui permet vraiment de gérer les volumes de manière raisonnable et de bien maîtriser les relations humaines. Nous nous vivons plus comme une grande famille qu’autre chose. »

Les projets immédiats, rappelés par Jacques Mounier, concernent la construction d’un quai de réception, d’un bassin de rétention, subventionné par l’agence Adour-Garonne ainsi que la finition de l’entourage et du bardage du bâtiment « pour rendre la cave plus belle ». La coopérative va également acquérir un peu plus de stockage, pour les rouges notamment. « Il faut arriver à tourner avec au moins deux ans d’avance. » Si le Merlot représente le gros des ventes de la cave, le blanc marche également très bien « et nous avons fait un carton avec le rosé cette année ». Entre le magasin de vente de Hiersac et les différentes foires auxquels ils participent, les adhérents ont généré un montant de ventes qui assurent 36 % du chiffre d’affaires de la cave.

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