Plateau technique feu d’alcool : Un centre unique en Europe

4 novembre 2016

C’est à Jarnac (16) que va être implanté le premier plateau technique « feu d’alcool » en Europe. Le projet s’insère dans un complexe plus vaste comprenant l’école départementale des pompiers et le centre de secours de la ville. Première pierre posée début 2017.

Le feu d’alcool n’est jamais à prendre à la légère . La région Cognac est payée pour le savoir. De loin en loin des épisodes marquent les esprits. Le dernier en date remonte en 2010, en Charente-Maritime. La distillerie d’un bouilleur de cru s’était enflammée, ravageant le bâtiment. Heureusement, les pompiers avaient pu circonscrire l’incendie avant qu’il gagne les habitations alentour. C’est donc avec une certaine logique qu’un plateau technique « feu d’alcool » va voir le jour à Jarnac. Le plus surprenant peut-être, c’est qu’une telle initiative n’ai pas déjà été prise. Et pourtant c’est vrai. Ni en France ni à l’étranger, une structure de ce genre n’existe. Jarnac et plus globalement la région de Cognac auront la primeur. Demain, les pompiers pourront apprendre à lutter contre un feu d’alcool « réel ». Aussi bizarre que cela puisse paraître, aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Jérôme Sourisseau, président du SDIS 16 (Service départemental d’incendie et de secours ) remonte à la genèse de l’histoire. « Au départ, dit-il, il y avait le projet de créer une école départementale du feu pour les pompiers professionnels et volontaires. Un vieux dossier qui remonte à plusieurs années. En 2013, des contacts sont pris avec la filière Cognac pour essayer de définir les besoins. De là naît l’idée d’un plateau technique feu d’alcool . » Jérôme Royer, alors maire de Jarnac, y voit tout l’intérêt et pour le Cognac et pour sa ville. Sur la zone de Souillac, en sortie d’agglomération, Jarnac et la Communauté de  Communes du même nom disposent de deux terrains contigus, d’une surface totale de 3 ha. Le Conseil départemental de l’époque valide la localisation. Le président actuel du SDIS 16, qui est aussi l’un des dix vice-présidents du Conseil départemental, décrit de manière rapide les équipements qui se retrouveront sur le site : un alambic pédagogique, des cuves, des chais de stockage, des caniveaux pour le dépotage…En tout, entre la caserne, l’école et le plateau technique, l’investissement se soldera par 8 millions d’euros. En tant que tel, le coût du plateau technique se situe plus près des 3 millions d’€. Pour financer l’opération, des subventions sont mobilisées, du département, de l’Europe, de l’Etat, de la Région Nouvelle Aquitaine encore qu’à ce niveau, le changement de fléchage en cours de route se traduise par des points de suspension. Mais les élus charentais ont bon espoir. Ils bénéficient du soutien d’autres charentais, les conseillers régionaux Jonathan Munoz, Véronique Marendat…Malgré tout, sur la partie financement du Plateau technique feu d’alcool manque à l’appel 1,2 million d’€. Jérôme Sourisseau, par ailleurs président du Pays Ouest Charente jusqu’au 31 décembre 2016 (voir encadré), a l’idée de solliciter la filière Cognac et notamment les maisons de négoce, les marchands en gros, bouilleurs de profession, au premier chef intéressés. A ce jour, le tour de table est à peu près achevé. L’engagement proposé aux entreprises porte non pas sur des jours de formation mais sur une participation au financement. L’élu tient beaucoup à cette précision. En participant sous forme de dons à la naissance d’un plateau technique feu d’alcool, les sociétés ne mettent pas le doigt dans un engrenage. Elles ne courent pas le risque de se « brûler les ailes ». Le « plus » réside dans  l’aide à l’émergence d’un outil d’intérêt général mais aussi sur la possibilité de défiscaliser les sommes apportées. Car un projet est en cours, qui consisterait à créer un fonds de dotation entre le Pôle territorial Ouest-Charente, l’Union des maisons de Cognac et le BNIC. Son objet ? Participer au rayonnement de la zone viticole par de multiples aspects, culturels, de formation (pôle des métiers du Cognac, plateau technique…). Comme déjà dit, le fonds de dotation a pour principal intérêt la défiscalisation, en contrepartie d’un mécénat associé à une cause d’intérêt général.

Le plateau technique feu d’alcool, piloté par le SDIS 16, fonctionnera en partenariat avec le SDIS 17. Mais les rapprochements ne s’arrêteront pas là. Langue a déjà été prise avec d’autres SDIS concernés par les feux d’alcool, ceux de l’Armagnac, du Calvados, des Alpes maritimes (parfums) et même avec l’Ecosse, pour ses distilleries de Whiskies. Que Cognac devienne une référence en matière de lutte contre le feu d’alcool parle d’évidence. Mais le président du SDIS 16 ne s’arrête pas là – « Aujourd’hui, pour étalonner les obligations réglementaires, les pouvoirs publics se basent sur les feux d’hydrocarbures. Or le feu d’alcool est bien différent. Si nous arrivons à faire du plateau technique un lieu d’expérimentation et de recherche, nous pourrons espérer alléger la réglementation ou, en tout cas, la rendre plus cohérente avec nos spécificités. »Un vœu louable quand on voit la transformation des paysages viticoles sous la férule des prescriptions liées à la sécurité (sorties de village, réserves d’eau etc…). En tant que président d’un Pays, Jérôme Sourrisseau est aussi responsable d’une charte paysagère. Autrement plus compliquée à faire vivre qu’un plateau technique, serait-ce de feu d’alcool.

 

 

 

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