Pineau Reynac : Coopérative UNICOOP : « Le pineau, un produit phare pour nous »

24 mai 2017

La coopérative Unicoop (groupe H. Mounier) réaffirme son investissement dans le Pineau. Concernant le rendement des moûts 2017, elle conteste le niveau des 60 hl vol ha. Plus globalement, elle se dit « désappointée par l’attitude de certains collègues du conseil d’administration ». Interview croisée du président Calandre, du directeur Jean-Marc Girardeau, de Jean-Pierre Gouzilh, administrateur.

Que représente le Pineau pour la coopérative Unicoop ?

 

D.Calandre – « le Pineau est un produit important pour Unicoop. La société a toujours essayé de protéger cette production, d’abord en augmentant les prix – ce qu’elle a réussi à réaliser depuis plusieurs années – et ensuite en faisant en sorte que ses adhérents tirent le même niveau de revenu d’un ha Pineau et d’un ha Cognac.  A meilleure preuve, nous recevons beaucoup de demandes de producteurs pour de nouveaux contrats. Cela veut bien dire que la politique Pineau d’Unicoop tient la route.

J.M Girardeau – A 95 %, nos transactions s’effectuent à des prix très élevés – 300 € l’hl vol voire un peu plus – des tarifs conformes à ce qui se pratique actuellement sur les contrats. De manière très marginale, nous avons pu procéder à quelques achats de lots à 250 €, pour des raisons qualitatives  surtout. D’aucune manière il s’agissait « de profiter de la situation de détresse de viticulteurs » comme ont pu le prétendre certains.

 

Ce que ses détracteurs reprochent aussi à Unicoop, c’est sa politique commerciale à l’égard des centrales d’achat de la grande distribution.

 

J.M Girardeau – Nous sommes, de très loin, le premier opérateur Pineau. Par notre taille, nous avons une responsabilité importante. Nous l’exerçons avec beaucoup de prudence. Vis-à-vis de la grande distribution, notre politique est simple : une fois nos coûts de revient établis, la consigne des commerciaux est de ne pas descendre en dessous d’un certain seuil. Quitte à ne pas remporter l’appel d’offres. Chez nous, il n’y a pas d’entente sur les quantités. Nous respectons la loi.  Nous avons même pu passer quelques hausses à l’export, de manière limitée certes. Sinon, nos prix n’ont pas varié. Nous ne pratiquons pas de politique de dumping, surtout pas. Ce n’est pas de cette manière que l’on construit une filière. Une appellation, c’est fragile, ça nécessite de vrais équilibres dans sa gestion. Nous en sommes convaincus. C’est pour cela que nous sommes désappointés de voir l’attitude de nos collègues.

 

Pourquoi contestez vous la baisse de rendement à 60 hl ha pour 2017 ?

 

J.P Gouzilh – La filière a tout fait pour monter son stock. Elle a lancé un plan de sauvetage – je dis bien « sauvetage » et non développement – et aujourd’hui, alors que ce stock arrive à peu près à la normale sans excédents, on voudrait diminuer la production. C’est complètement incohérent. Je ne parlerais pas de la gelée, qui touche nos exploitations. Si certains producteurs n’ayant pas subi ces aléas ont l’opportunité de réaliser des hauts rendements, pourquoi les en priver ? Si on évoque les besoins d’Unicoop, nos ventes export connaissent de fortes croissances, surtout en Chine mais aussi aux Etats-Unis, au Canada. De gros investissements les soutiennent. Veut-on casser cette dynamique ? Quelle image souhaite-on envoyer aux importeurs ? Celui d’un produit déclinant, d’un produit prêt à disparaître ou, au contraire, une image optimiste, positive ? Nous nous interrogeons sur les mobiles qui poussent à ce genre de décision. Ceux qui les prennent sont nos concurrents.

J.M Girardeau – Je n’en tire pas de conclusion mais je ne peux m’empêcher de remarquer que cette décision apparaît concomitamment au résultat de l’appel d’offres grande distribution qui nous a été favorable.

 

Que pensez-vous de la promotion des ventes aux Etats-Unis enclenchée par le Comité de promotion du Pineau des Charentes ?

 

J.M Girardeau – Le développement des ventes à l’étranger – sur le grand export notamment – ne peut qu’être encouragé. Pour une raison simple : la plus-value y est bien plus importante. C’est une façon de soutenir les prix et donc la filière elle-même.

 

La nouvelle segmentation peut y aider ?

 

J.M Girardeau – Je pense qu’elle s’adresse un peu trop au marché national. Elle n’appréhende pas suffisamment  l’effet désiré à l’international. En Asie, aux Etats-Unis, le Pineau est un produit qui plaît énormément. Mais il doit être très qualitatif et très bien présenté. C’est ce que nous efforçons de faire chez H. Mounier, où nous avons la chance d’avoir de très vieux stocks.

D. Calandre – le Pineau n’est pas pour nous un produit complémentaire. Nous le plaçons en tête de liste, au même niveau que nos Cognacs. Nous le défendons avec la même passion, la même vigueur, la même énergie.

J.M Girardeau – Nous sommes d’autant plus chagrinés des propos tenus que, ne serait-ce qu’économiquement, nous ne sommes pas loin d’être les premiers défenseurs de ce produit. Et ça ne date pas d’hier.

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