Au sujet du volet économique

12 mars 2009

Depuis deux ans, le BNIC a décidé d’établir un « tableau de bord » du Projet d’avenir viticole, issu des propositions interprofessionnelles formalisées par la mission Zonta. L’actualisation 2004 de ce document fait débat, pour des raisons de forme mais aussi de fond.

Au plan formel tout d’abord, le président du SGV Cognac conteste la manière dont l’actualisation 2004 du Projet d’avenir viticole (spécialement son volet économique) a circulé avant d’avoir été validée. En préparation de l’assemblée plénière qui s’est tenue au BNIC le 21 octobre dernier, les membres de cette assemblée ont reçu le projet d’actualisation 2004 alors que le document n’avait pas été avalisé par le comité permanent. « C’est une procédure, estime Philippe Boujut, qu’aucune commission de travail ne peut accepter. La viticulture a vigoureusement réagi et l’examen du document a d’ailleurs été retiré de l’ordre du jour de l’assemblée plénière. » Sur la forme encore, Philippe Boujut juge « tendancieuse » la présentation qui était faite du « point d’équilibre » volumique d’un ha Cognac, d’un ha vin de table et d’un ha jus de raisin dans un système d’affectation comparé à un système double fin. Mais bien sûr sa remarque va bien au-delà de la forme. Elle vaut aussi pour le fond. C’est toute la question de savoir comment apprécier la rentabilité du vignoble ? Pour Philippe Boujut, cette rentabilité ne se calcule pas ha par ha mais en considérant le revenu global de l’exploitation. « C’est évident qu’un ha jus de raisin ou un ha vin de table ne sera jamais aussi rentable qu’un ha Cognac. Cela n’empêche pas les viticulteurs de cette région de vendre des jus de raisin depuis très longtemps. Sont-ils à 90 % des imbéciles ? Bien sûr que non. Ils considèrent les jus de raisin voire les vins de table comme des compléments. Et ce n’est pas parce qu’une exploitation arrachera 5 ha de vignes qu’elle vendra son pressoir, qu’elle se délestera d’un tracteur ou qu’elle licenciera son salarié, outre le fait que sans les primes PAC on ne saura pas quoi faire des surfaces arrachées. Les seuls vrais frais supplémentaires concernent les produits de traitements. La suppression d’ha de vignes “non rentables” n’équivaudrait qu’à une seule chose : augmenter le prix de revient des ha restants. Le calcul de la rentabilité unitaire à l’ha ne se justifie que dans quelques circonstances bien précises : sur des exploitations ne comptant qu’un ha (elles sont rares) ou pour des exploitations faisant entièrement réaliser leurs travaux à façon. »

Si demain le régime change et que l’affectation se substitue à la double fin, pourra-t-on toujours continuer à globaliser le revenu ? Réponse du président du SGV : « Ne nous y trompons pas. Dans les faits, aujourd’hui, les vignerons affectent déjà leurs surfaces quand ils décident que tant d’hectos iront au Cognac et tant d’autres aux vins de table. Demain, que se passera-t-il ? L’Ugni blanc restera toujours cépage double fin. La seule chose qui changera, c’est que l’affectation se fera trois ans à l’avance. C’est clair que si le Cognac “tire” davantage, il y aura plus d’ha affectés au Cognac et s’il “tire” moins, il y a en aura moins. Mais même en phase ascendante, 100 % des surfaces n’iront pas au Cognac. L’affectation triennale est la seule façon que nous ayons de lisser les pics et les creux. C’est aussi le moyen d’obtenir des opérateurs jus de raisins et vins de base mousseux qu’ils s’engagent fermement et qu’ils contractualisent leurs marchés, s’ils veulent être présents demain. »

Depuis le 21 octobre, le groupe de travail chargé de l’actualisation du Projet d‘avenir viticole s’est réuni et la présentation du volet économique est en train d’être revu. « Nous avons eu de bonnes discussions » confirme
Ph. Boujut qui parle de l’intérêt que présente par ailleurs le document du BNIC. Il dit faire confiance au « bon sens paysan » pour ne pas se tromper d’objectif.

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