Origine Du Bois : Une Importante Diversité Naturelle

11 mars 2009

Le bois de chêne, étant une matière première naturelle d’origine biologique, il comporte une certaine variabilité. Cette variabilité est due principalement à des facteurs génétiques (espèce), écologique (origine géographique) ou liés au mode d’exploitation de la chênaie (type de peuplement). Mais au sein d’une population homogène pour ces facteurs, une diversité entre individus existe encore. Et au sein d’un individu, les gradients liés à l’âge du bois créent encore de la variabilité.

Dans un premier temps, les facteurs connus de cette variabilité sont présentés un à un, toutes choses égales par ailleurs. Dans un second temps, la relation généralement observée entre ces facteurs, liée à la notion de grain, est décrite.

Le dernier chapitre concerne les possibilités de contrôle de la variabilité de la matière première bois.

Variabilité de la matière première bois

Les facteurs de variation

Les facteurs de variation connus sont présentés successivement par ordre d’échelle croissante, de l’arbre aux origines géographiques : au sein d’un arbre ; entre individus ; entre espèces ; entre types de peuplement ; entre origines géographiques.

L’âge du bois

A l’intérieur d’une grume, la teneur en ellagitanins décroît avec l’âge du bois. Le maximum se situe donc dans la partie du bois de cœur le plus récemment formée (située en périphérie à la limite de l’aubier) et le minimum vers le centre (figure 1).

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Figure 1 : Evolution de la teneur en ellagitanins en fonction de l’âge du bois (Heartwood age) – base 100 pour le bois le plus jeune situé près de l’aubier (Mosedale et al., 1996a).

Les individus

Sur une même parcelle, deux arbres de la même espèce peuvent posséder pour l’un de fortes teneurs en cis méthyloctalactone et pour l’autre des teneurs négligeables (figure 2).
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L’espèce (chêne sessile ou chêne pédonculé)

Les chênes européens utilisés en tonnellerie sont en grande majorité des chênes sessiles (Quercus patraea) et des chênes pédonculés (Quercus robur).

Différentes études intégrant des arbres des deux espèces mais de la même provenance ont été synthétisées dans le tableau 1. En général, les chênes sessiles contiennent plus de cis méthyloctalactone et moins de tanins que les chênes pédonculés.

Les types de peuplement (futaie ou taillis sous futaie)

Les arbres de taillis sous futaie possèdent un grain plus lâche (une plus grande largeur de cerne) et sont généralement récoltés plus jeunes (environ 120 ans) que les arbres de futaie (environ 200 ans).

Un cerne correspond à un accroissement annuel. La futaie est un type de peuplement dense d’individus du même âge. Les arbres disposant de moins d’espace, leur tronc grossit plus lentement.

Une étude réalisée à la Station Viticole du BNIC dans le cadre d’un projet piloté par l’INRA de Nancy, a permis de montrer que les arbres issus de taillis sous futaie présentent des teneurs en tanins plus élevées que les arbres de futaie (figure 3). Ce résultat prend en compte une centaine de chênes sessiles provenant de 5 régions françaises. Cette différence a été obtenue en contrôlant l’âge du bois prélevé sur chaque arbre. Ainsi, elle vient s’ajouter à la diminution en tanins liée à l’âge du bois, plus vieux en futaie.

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Figure 3 : Incidence du type de peuplement sur la teneur en tanins de chênes sessiles (DO 280 nm). Le bois analysé est de même âge pour tous les arbres (Snakkers et al., 2000).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’origine géographique

Entre origines géographiques, les conditions environnementales : le sol, le climat… diffèrent. Chaque zone géographique est également peuplée de lignées génétiques particulières. Il est donc difficile de caractériser des effets géographiques spécifiques. Néanmoins, de nombreux professionnels considèrent que des notes particulières correspondent aux bois de telle ou telle origine.

Les liens entre ces facteurs définissent des types de bois

Dans la réalité, les facteurs précédemment cités se combinent entre eux. Par exemple, les arbres de futaie sont plus âgés et plus majoritairement des chênes sessiles ; ceux de taillis-sous-futaie sont plus souvent des chênes pédonculés.

Cette répartition est liée aux exigences écologiques légèrement différentes des deux espèces. Le chêne pédonculé est plus exigeant en lumière et possède une croissance juvénile plus rapide. Mais très fréquemment, les deux espèces coexistent à l’échelle d’un massif forestier ou d’une parcelle.

Certaines zones géographiques présentent des profils spécifiques, combinant l’espèce et le type de peuplement. Ainsi, les forêts du Limousin et de Tronçais qui correspondent à des types bien définis, sont souvent utilisées comme référence, et la largeur de cerne (grain) comme critère de caractérisation des lots de bois (figure 4).

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Figure 4 : Caractéristiques des forêts du Limousin et de Tronçais.

 

 

 

 

 

 

 

 

Des différences analytiques mises en évidence par divers auteurs (tableau 2) entre les bois de ces deux forêts sont imputables aux facteurs précédemment présentés : plus de méthyloctalactones pour les arbres de Tronçais (facteur « espèce ») ; plus de tanins pour les arbres du Limousin (facteurs « espèce », « type de peuplement » et « âge du bois »).

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Figure 5 : Apport de l’espèce dans la caractérisation de la composition du bois de chêne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le contrôle de la variabilité de la matière première bois

En général, un lot de merrains correspond à une parcelle. Ainsi, entre lots de merrains puis entre lots de fûts, trois facteurs varient : la proportion entre les deux espèces ; le type de peuplement, lié à l’âge moyen et au grain ; l’origine géographique.

La relation entre ces facteurs et la composition du bois est résumée dans la figure 6. Par ses choix de matière première, l’acheteur peut orienter les caractéristiques chimiques et sensorielles de ses futurs fûts et mieux maîtriser ainsi la typicité conférée à ses eaux-de-vie.

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Figure 6 : Résumé de l’incidence des principales sources de variation maîtrisables. (S = sessile, P = pédonculé, FUT = futaie, TSF = taillis sous-futaie).

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Tableau 1 : Différence de composition entre chênes sessiles et pédonculés de même provenance.
(a) Somme vescalagine + castalagine.

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Tableau 2 : Différence de composition entre chênes des forêts du Limousin et de Tronçais.
(*) Centre.

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