Le regard des négociants

3 mars 2009

barique.jpgLeurs propos ne valent pas pour le chiffre sorti du chapeau – durant le temps de la consultation, les négociants ne se sont pas exprimés officiellement sur le niveau de QNV – mais par leurs réflexions face à une problématique donnée, la satisfaction des besoins Cognac. Une problématique qui se prolongera bien au-delà de cette campagne (interviews réalisées avant le 28 juin, date de l’assemblée plénière du BNIC devant proposer un chiffre de QNV aux ministres de tutelles).

Yann Fillioux, directeur général de la maison Hennessy – « Un accord sur le mode de calcul de la QNV a été conclu en février 2005. Ce premier accord a été complété a posteriori par la décision intervenue en juin de la même année, portant sur le rattachement de l’XO au compte 10. A cette occasion, il a été dit que l’on tiendrait compte, dans le mode de calcul, du passage du compte 6 au compte 10, qui amenait à doubler la consommation de certains comptes. Il est essentiel de respecter les accords sinon rien n’est possible. Nous n’avons pas à nous positionner sur un chiffre de QNV. C’est au BNIC d’appliquer les règles de calcul avalisées par l’interprofession. Je n’ai aucune raison de douter que nous parvenions à nous entendre, à partir du moment où il y a respect des termes de l’engagement. »

Jean-Marc Olivier, P-DG de la société Courvoisier – « Les échanges que nous avons avec la viticulture relèvent des discussions normales. Le système instauré l’an dernier est un peu compliqué. Des éléments réclament d’être ajustés. Je suis sûr que le bon sens prévaudra. Nous sommes à peu près d’accord sur 90 à 95 % des paramètres du premier accord. Le point de discussion sur l’XO compte 10 est celui qui souffre de plus d’interprétations. Le négoce a émis des propositions, la viticulture aussi. Les positions des deux familles ne sont pas très éloignées. Une solution va émerger. De l’avis quasi général, les échanges furent empreints d’une bonne tenue, marqués par des apports très professionnels. C’est bien. »

Antoine Cuzange, président de l’Union syndicale – « En plus des besoins normaux de 590 000 hl AP, le passage de l’XO en compte 10 génère un besoin additionnel de 17 000 hl AP par an (170 000 hl AP sur dix ans). Le besoin du négoce s’élève donc à 607 000 hl AP. Ensuite, vous pouvez mettre les ha que vous voulez en face, c’est ce niveau-là qu’il faut satisfaire. Il paraît donc inutile de se focaliser sur le chiffre de QNV qui varie selon le diviseur retenu. A 70 000 ha, la QNV apparaît à 8,7 et à 73 000 ha à 8,3. Les gens qui prônent un chiffre de QNV me semblent de parfaite mauvaise foi. Leur démarche relève de la masturbation intellectuelle. Prendre les mêmes chiffres que le BN, revient à nous entendre sur un même niveau de QNV. Pour établir les besoins liés à l’XO compte 10, je réfute l’idée selon laquelle il serait possible de distinguer selon les opérateurs. La demande exprimée par le négoce est monolithique. Personne ne peut dire qui a besoin de mettre de côté des eaux-de-vie et qui n’en a pas besoin. Ce serait totalement arbitraire de prétendre le contraire. »

Bruno Lemoine, directeur maître de chai de la société Martell – « Un accord sur un mode de calcul de la QNV a été mis en place et signé par l’ensemble des partenaires. La société Martell souhaite vivement que, dans ce cadre-là, une entente soit trouvée. »

Récolte 2004 – Un prix de D.O. article 28 boosté par les dépassements de rendement agronomique

Depuis l’instauration d’un prix de D.O. article 28 à deux vitesses, c’est la première fois que le différentiel entre « prix bas » et « prix fort » est aussi élevé. Sur la récolte 2004, le complément ONIVINS versé en avril-mai 2006 via les distilleries vinicoles s’élève à 116,66 € l’hl AP. Il s’ajoute au 1er acompte perçu 90 jours après la livraison et correspondant au prix plancher de 72,42 €. Au final, la rémunération de la D.O. article 28 au titre de la récolte 2004 s’élève à 189,08 € l’hl AP, soit un « bonus » de 55 € par rapport au prix de base de 134 € l’hl AP. Un niveau de prix jamais atteint depuis 2000, première année d’application du rendement agronomique aux cépages double fin. Ce résultat est la conséquence directe d’une règle arithmétique simple, fondée sur la péréquation entre volumes dépassant le rendement agronomique et volumes ne le dépassant pas. En 2004, la récolte était abondante et de nombreux viticulteurs avaient fait le choix de jouer les volumes plutôt que le prix. Après l’apurement de leurs obligations de livraisons, ils avaient perçu le prix plancher de 72,42 € l’hl AP, un tarif certes faible mais portant sur des quantités substantielles. Ce faisant, ils ouvraient la voie à une D.O. majorée pour ceux qui acceptaient de passer sous les fourches caudines du rendement agronomique. Dénouement un an et demi plus tard.

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