Un francophile dans les vignes

28 juin 2009

Nick Brimblecombe, sa femme Sally, leurs deux chiens et leurs vieilles voitures anglaises ont élu domicile au Logis du Paradis, une belle maison charentaise très bien restaurée à La Magdeleine, commune de Criteuil (16). Ancien tour operator, Nick manie l’accueil en professionnel. La location de voitures anciennes constitue sa « british touch ». Mais le couple n’oublie pas de cultiver son « jardin à la française », amitié avec les voisins, empathie avec l’environnement proche.

 

La porte est fermée (en fait grippée), les chiens aboient. Gisèle sort de chez elle pour aller prévenir Nick. Gisèle, c’est la voisine de Nick et une amie du couple. Quand Nick et Sally Brimblecombe ont acheté la propriété, en 2005, leur premier réflexe fut d’aller frapper à la porte des voisins. « Bonjour, nous nous appelons Nicolas et Sally. » « Le retour a été superbe » raconte Nick.

anglais_1_opt.jpeg« Certaines de nos relations en Angleterre nous disaient : « Vous ne serez jamais bien reçus des Français. Vous resterez toujours des étrangers isolés. » « Les gens qui prétendaient cela ne connaissaient rien à la vraie situation. C’est tout le contraire qui s’est produit. » Selon Nick, un élément déterminant a joué : le recours à la main-d’œuvre locale. « Pour les travaux, je n’ai utilisé que les artisans du coin, les personnes les plus proches possibles. Cette initiative s’est révélée très positive. Ce sont des ouvriers sérieux, pratiquant des prix corrects. En cas de problèmes, ils arrivent tout de suite Et, en terme d’intégration, ils ont fait que nous fûmes acceptés de suite. A l’évidence, un Anglais qui arrive, qui n’essaie pas de parler la langue, qui n’emploie pas les ouvriers du coin et qui ne contacte pas ses voisins aura plus de mal à se couler dans le milieu. » Au sujet de son projet touristique, Nick Brimblecombe exprime un souhait. « Nous serions heureux si nous pouvions créer une fusion entre les visiteurs étrangers et les gens de la région. » Et comme Nick est quelqu’un de pragmatique et d’efficace, ce sas, cette espace de rencontre, il lui assigne un lieu précis, qui existe déjà. Il s’agit de l’ancienne distillerie de la propriété qui, d’un côté, ouvre sur le parc et, plus loin, sur la route et de l’autre renvoi à la cour intérieure, à l’espace résidants. Aujourd’hui cet endroit au bord de la piscine sert de piano-bar, l’été, pour les hôtes du logis. Mais Nick est actuellement en train de négocier une Licence IV pour l’ouvrir au public extérieur. Son idée ! Que les voisins apportent leurs Pineaux et Cognacs et se servent du lieu comme d’une vitrine mais aussi qu’ils s’approprient l’endroit et viennent y rencontrer d’autres personnes. « Dites à vos lecteurs que si l’idée les intéresse, nous pourrons en discuter. » Car si Nick a le sens de l’amitié solidement chevillé au corps, son sens pratique semble rarement mis à défaut. Cet homme de 55-60 ans a exercé durant 35 ans la profession de tour operator en Angleterre, à 150 km de Londres, près de Cambridge. Sa spécialité à lui, c’était d’accompagner les touristes britanniques en France. Il en a ainsi piloté des centaines de milliers tout au long de sa carrière, sur différents thèmes, visites de châteaux, œnotourisme, vacances équestres, tourisme fluvial… De la France il connaît toutes les chambres d’hôtes, gîtes et autres meublés de tourisme. Et puis un jour, il a eu envie de passer de l’autre côté de la barrière. « Quand j’étais tour operator, je recherchais les prestations. J’ai voulu appliquer un peu ce que j’avais appris. Une fenêtre de tir s’ouvrait à nous. Les enfants avaient terminé leurs études, les grands-parents étaient encore en bonne santé. Nous nous sommes dits que c’était le moment de réaliser notre rêve. »

MG modèle 1948

Nick a toujours eu la passion des vieilles voitures de sport britanniques. A titre personnel, il possède plusieurs véhicules de collection dont une MG modèle 1948, sa pièce la plus ancienne. En Grande-Bretagne, il fut l’un des premiers à créer une flotte de location de voitures vintage, activité qu’il exerça pendant huit ans. En tant que tour operator, il était le principal contributeur de visiteurs britanniques sur le circuit des Remparts d’Angoulême. Pendant plus de 10 ans, il y entraîna à chaque édition 120 à 140 amateurs. Normal qu’installé en Charente comme propriétaire de chambres d’hôtes, il fasse de cette location de vieilles cylindrées le signe distinctif de son activité, sa « british touch ». Nick Brimblecombe raconte comment se passe la rencontre typique entre la voiture et le chauffeur d’un jour. « J’assiste au petit déjeuner. La veille, la voiture a été lavée, le plein d’essence fait. A table, je présente au touriste le road book avec l’itinéraire choisi. Je lui remets la carte détaillée, les directives précises, les points d’intérêt, les suggestions de repas. Nos hôtes partent à la découverte, en général pour la journée voire pour plusieurs jours. » Selon le type de véhicule, le forfait journalier coûte de 125 € à 200 €, un petit peu plus cher que la chambre d’hôtes elle-même (110 € par nuit en haute saison pour deux personnes). La côte, le Périgord, le vignoble bordelais, le Limousin… N. Brimblecombe propose différents itinéraires et s’extasie sur la richesse régionale. « A 100 km de distance, vous avez l’opportunité de changer complètement d’ambiance. » Et ne lui dite pas que le pays de Cognac est enclavé. En tant que professionnel du tourisme, il estime que c’est tout le contraire. « Cette partie de Charente est très bien desservie, tant par la route que le train ou l’avion. Imaginez ! A 90 mn, vous avez cinq aéroports assurant la desserte avec la Grande-Bretagne : Bordeaux, Angoulême, Poitiers, Limoges et Bergerac. Quant au TGV, il met Angoulême à 2 h 15 de Paris avec un parking facile d’accès. » « C’est magnifique » conclut Nick qui recommande de valoriser au maximum l’aéroport d’Angoulême, qu’il juge central et pour tout dire incontournable en Charente.

Cinq ans après son arrivée, quel premier bilan Nick Brimblecombe dresse-t-il de son activité ? « Nous avons très bien démarré en 2006, 2007 fut très bon et 2008 encore meilleure. C’est vrai que pour le moment, nous constatons un ralentissement. Mais il faut rester optimiste. Les fondamentaux sont bons, sains. » Plus que jamais, l’ancien tour operator s’applique à cultiver la cible des amateurs de vieilles voitures et, plus généralement, la clientèle britannique. Son ancienne société, reprise par son fils, possède un fichier de 20 000 personnes sur lequel Nick peut appuyer ses mailings. Pourtant, il aimerait bien s’ouvrir à une clientèle française, autant pour stabiliser son activité que pour participer à l’entente cordiale franco-britannique. « Apparemment, la clientèle française apprécie la façon que nous avons de la recevoir. Sans doute sommes-nous un peu excentriques mais l’excentricité britannique n’a pas l’air de les effrayer. » Sa maison, qui peut recevoir jusqu’à 18 personnes, entre les chambres d’hôtes et les deux gîtes, Nick la verrait bien le lieu d’événements familiaux, de séminaires d’affaires. Avec leurs terrasses à l’ombre des tilleuls, les chambres, très confortables, sont aménagées avec goût. Elles appartiennent de plain-pied à ce qu’il est convenu d’appeler « l’hôtellerie de charme ». Nick et Sally cuisinent pour leurs hôtes, quand le nombre de personnes ne dépasse pas 5-6. Au-delà, ils font appellent à un traiteur. Les Brimblecombe pratiquent une cuisine inventive, mêlée d’influences diverses – ils ont vécu en Espagne, en Italie, Sally est née en Inde – mais avec une base charentaise. La mouclade fait partie de leurs spécialités. Nick s’avoue passionné par la région. « C’est une région extrêmement agréable. Ici, j’aime l’architecture, la lumière, le climat. Nous nous promenons tout le temps avec les chiens dans les vignes. J’ai plaisir à voir les cycles de l’activité viticole. En terre cognaçaise, la vie est un peu réglée sur les saisons. J’incite nos clients à venir nous voir en hiver. L’hiver est une saison intéressante en Grande Champagne. Nos hôtes en profitent pour faire leurs achats de Noël. »

Nick a été élu au conseil municipal de sa commune, lors du dernier scrutin. Il considère cela comme un privilège. De même Francine Forgeron, présidente de l’office de tourisme de Segonzac, l’a invité à participer au conseil d’administration de l’OT. « J’ai accepté, en disant à Francine que je ne disposais pas de beaucoup de temps mais que si je pouvais apporter ma contribution, par mes idées et mon expérience, j’en serai heureux. »

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