Le pont des arts et des savoirs

22 mars 2009

Jeter un pont entre passé et modernité… Telle est la vocation du nouveau musée des Arts du Cognac, inauguré en juin 2004. Le très actuel concept de design-packaging se frotte aux témoignages d’un savoir-faire ancestral. Objet hybride, objet de son temps, le musée donne autant à comprendre qu’à voir.

architercture_contemporaine.jpgQuand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. D’un musée qui naît, peut-on dire que c’est une bibliothèque qui se construit ? Sans doute et c’est d’autant plus vrai à Cognac que le musée est un lieu de mémoire vivante, où la notion de conservation du patrimoine s’étend aux objets les plus contemporains. Ainsi, dans la section emballage-packaging, les maisons de négoce sont-elles invitées à présenter leurs toutes nouvelles créations, avec mise en perspective des différentes étapes du projet. Dans une première galerie servant un peu d’introduction au musée, le visiteur a pu découvrir une « frise historique » rappelant la saga du flaconnage de Cognac, des premières bouteilles aux formes encore imprécises de 1840 jusqu’au Rémy-Space, le « Cognac de l’espace » édité par Rémy Martin en 2001, avec un flacon conçu pour résister à de très fortes pressions, en passant par l’emblématique bouteille Hennessy de 1948, ornée d’un pampre ou encore par les porcelaines de Camus.

Structuré autour de grands thèmes, l’espace se découpe en plusieurs sections, chargées de narrer autant « d’histoires » : « La promesse d’un terroir » pour illustrer la partie production ; « Savoir et alchimie » pour camper le travail autour de la distillation et des eaux-de-vie ; « De l’emballage au packaging » dont le titre parle de lui-même et enfin une section plus « sensitive » autour des « plaisirs, symboles et images ». A l’empilement des objets, le musée préfère la mise en situation de quelques pièces particulièrement riches, tel ce monumental pressoir à vis verticale datant de 1760, issu d’une propriété de Saint-Preuil, en Grande-Champagne. Pour l’extraire de son ancien emplacement, rue Denfert-Rochereau, il a fallu démonter un pan de mur. Ici le pressoir prend ses aises et gagne tout son sens dans un volume calibré à sa taille. Dans la section « Savoir et alchimie », un alambic charentais dispute la vedette au « bureau du maître de chai » ou encore à un espace ludique où l’on peut « s’essayer » à assembler des douelles de barriques. Un autre espace à « observer, toucher, sentir » permet de jouer avec les arômes de vanille, cannelle, café, amande, qui participent aux notes olfactives du Cognac. Dans la plus belle salle de l’hôtel Perrin de Boussac, le portrait de « Suzzy Vineur au verre de Cognac », peint par Maresté en 1935, veille sur le « paradis » tout proche. Dans le panneau de bois du volet, un petit orifice a été percé. Oh surprise ! Il offre une vue oblique sur la porte des voisins. Par cet habile petit stratagème, les occupants de l’hôtel de Boussac disposaient d’une position stratégique autant que discrète pour observer leur vis-à-vis. Parmi d’autres raretés, la section « emballage et packaging » compte une très belle série d’étiquettes, dont une partie provient de l’impressionnante collection Paul Ronne, donnée au musée en 2003. Plus de 450 étiquettes sont présentées de manière interactive et les expositions sont appelées à « tourner ». Même chose pour la collection d’affiches du Cognac, elle aussi assez exceptionnelle (Cognacs Larsen, Gautier, Roulet & Delamain, Adet, Monnet et sa célèbre affiche « du soleil dans un verre » de 1927…). Le fonds du musée compte environ 400 affiches sur le Cognac, dont une vingtaine est présentée en alternance.

La visite se termine dans un salon, où le promeneur est invité à se détendre, à consulter des livres, des bornes interactives, à visionner des extraits de films où figure le Cognac.

La visite complète du musée dure entre une heure et demie et deux heures. Bilingue, elle est émaillée de propositions diverses, petits films vidéo de quelques minutes, mini-ateliers… La promesse d’un terroir est aussi la promesse d’un fort agréable moment.

A lire aussi

L’appel à l’aide de l’US Cognac Rugby

L’appel à l’aide de l’US Cognac Rugby

C'est un constat qui a fait le tour des médias, sportifs ou non: l'US Cognac va très mal. Malgré les efforts de Jean-Charles Vicard pour tenter de redresser la barre, le club se retrouve dans une difficile situation financière.  La direction a de fait décidé d'envoyer...

error: Ce contenu est protégé