« On y sera allé »

17 mars 2009

bernard.jpgIl avait boycotté le test de représentativité de 1998. Cette fois, le syndicat protestataire n’a pas voulu courir le risque d’être mal compris. « Au moins aurons-nous fait la démarche. »

Les dernières élections suscitent-elles des regrets à Bernard Goursaud, président du CDVC-MODEF ? « Nous nous doutions du résultat et, de toute façon, que pourra faire l’ADG quand les droits de plantation seront libéralisés ? Mais au moins, aurons-nous participé. On ne pourra pas nous reprocher d’avoir tourné le dos aux élections. En 1998, notre décision avait été mal comprise. Stratégiquement c’était une erreur. Mais on ne refait pas l’histoire. » Bien sûr, le syndicat aurait préféré avoir des délégués, « pour être au courant ». Cela ne l’empêchera pas de défendre sa propre vision. « On continuera de dire les choses en étant logique avec nous-mêmes. Pour le reste, on verra bien ! » Le CDVC-MODEF n’est pas long à revenir sur « sa grande affaire », celle qui l’occupe depuis des années, les dépassements de QNV. Là non plus il n’avoue pas de regrets rétrospectifs. « Si nous n’avions pas agi ainsi, des viticulteurs auraient disparu. » Juste reconnaît-il que son action a pu engendrer de l’incompréhension dans la population viticole. Et de livrer une explication sous forme de justification. « Ce que le MODEF proposait, c’était une société d’intervention, régulatrice de marché, qui garantissait les volumes et les prix. Nous nous sommes fait traiter de ringards et de staliniens. On nous a accusé de tous les maux. L’idée de société d’intervention, sur laquelle s’arqueboutait le syndicat, était démontée systématiquement : « Ce n’est pas possible juridiquement. » Voyant cela, nous avons décidé de pendre la région à son propre piège. Nous avons fait exploser le système de la QNV. Le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui la réserve climatique, en prévoyant un filet de sécurité, poursuit à peu près les mêmes buts que la société d’intervention. Sauf, qu’entre-temps, de nombreux viticulteurs ont disparu, sous l’assaut des quotas a minima. Et maintenant que le Cognac s’emballe, des marchés ne sont pas honorés faute de marchandise. C’est tout et n’importe quoi ! »

Si le syndicat se félicite de quelque chose lors de ces élections, c’est bien qu’aucun candidat individuel n’ait été élu. « Pour qu’un semblant de démocratie s’exprime dans une élection professionnelle, les candidats doivent appartenir sinon à un syndicat, au moins à un courant d’idée. Imaginez que 5 000 viticulteurs convoitent les suffrages. Quelle pagaille ! » Fuyant décidément toute accusation de « ringardise », le CDVC-MODEF considère que beaucoup trop de gens dans cette région se « regardent le nombril », sans voir ce qui se trame ailleurs : développement des brandies… De même il déplore « que les jeunes soient déjà vieux dans leurs têtes ». « C’est tellement plus confortable de ne pas prendre position. Alors autant être du côté du manche ! » Réflexion d’un jeune militant : « Quelque part je les comprends. Ce n’est pas facile de voir les gens te tourner le dos sans même savoir pourquoi. »

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