Millésime 2015 : Un début de cycle végétatif contrasté

29 juillet 2015

La première partie du cycle végétatif 2015 s’est déroulée de façon assez contrastée mais, globalement, l’état du vignoble reste pour l’instant plutôt bon. L’incidence de séquences climatiques locales inégales selon les secteurs géographiques entre le début mars et la fin juin a conduit à la fois à un développement hétérogène de la vigne et à une forte variabilité de l’intensité du parasitisme. Le black-rot a surpris tout le monde en début de saison et le mildiou a encore connu une certaine expansion. La situation sanitaire en cette fin de mois de juin est préoccupante malgré la belle période climatique actuelle.

 

 

Dans toutes les propriétés, les écarts de précocité sont cette année marqués. Les incidences de la nature des sols, de l’exposition des parcelles et des dates de tailles ont été perceptibles dès le débourrement et ne sont pas lissées jusqu’à la floraison. Le millésime a démarré doucement sous l’impulsion d’un réchauffement des sols très progressif, ce qui a favorisé l’expression de la précocité naturelle des différents terroirs.

Un débourrement correct et marqué par les effets terroirs

Le débourrement des ugni blancs est intervenu à une époque normale à partir du 15 au 17 avril dans les situations précoces et jusqu’aux premiers jours de mai dans les zones argileuses du Pays Bas. La nature des sols et les effets microclimat ont eu une incidence forte sur le déroulement de la première phase du cycle végétatif. La frange littorale du vignoble proche de l’estuaire de la Gironde, les îles de Ré et d’Oléron, les secteurs de terres de doucins et argilo-calcaires du sud Charente et de Charente Maritime avaient dès le débourrement une grosse semaine d’avance par rapport au reste de la région. Au sein de beaucoup de parcelles ayant débourré de façon précoce ou tardive, l’hétérogénéité des stades a été assez forte. La qualité du débourrement a été dans l’ensemble plutôt bonne, même si les différences d’état de développement végétatif entre les îlots de terroirs sont demeurées importantes. Les parcelles précoces le sont restées et celles qui étaient tardives n’ont pas rattrapé leur retard. La sortie semble tout à fait correcte mais pas non plus exceptionnelle. La plupart des viticulteurs et des techniciens considèrent que la charge d’inflorescences est plutôt satisfaisante mais pas aussi régulière que celle de 2014. Les vignes très chargées l’année passée, touchées par le mildiou en fin de saison et en moins bonne « forme » sur le plan agronomique, portent une charge potentielle de grappes moindre.

Des vignes grêlées toujours « fébriles »

Dans les secteurs grêlés en 2014, le débourrement été plus difficile et surtout plus étalé dans le temps. Au 10 mai, il était fréquent d’observer que des pousses de 20 cm de long côtoyaient des bourgeons encore au stade 2 feuilles étalées. Les vignes grêlées en 2014 à moins de 50 à 60 % ont jusqu’à présent donné l’impression d’avoir bien récupéré. Leur état végétatif s’est bien équilibré au fil des semaines et l’aspect du feuillage bien vert à partir du 15 mai ne semblait pas extérioriser de difficultés d’assimilation. La présence dans ces parcelles d’une charge d’inflorescences pratiquement normale et régulière atteste de leur bon rétablissement. La situation dans les vignes touchées à plus de 70 % suscite de véritables inquiétudes. Leur débourrement a été très étalé dans le temps et beaucoup de bourgeons sortaient encore entre le 10 et 15 mai. L’hétérogénéité de développement végétatif entre les souches au sein des parcelles est restée forte jusqu’au début du mois de juin. Dans un même rang, des ceps portant une végétation équilibrée et une charge d’inflorescences correcte en côtoyaient d’autres restés plus chétifs et peu fructifères. L’aspect du feuillage des parcelles les plus traumatisées a aussi exprimé courant mai des jaunissements caractéristiques d’une plante fragile. Les propriétés ayant mis en œuvre des stratégies agronomiques préventives cohérentes (chélates au sol, associée à de la fertilisation foliaire) ont été peu concernées par ces problèmes. Les perspectives de production de cette année seront encore affectées par les conséquences du terrible sinistre de juin 2014.

Le 13 juin dernier, un nouvel orage de grêle a occasionné des dégâts dans plusieurs secteurs de la région délimitée, à Saint-Ciers-Champagne, Criteuil-la-Magdeleine, Tauzac, Gensac-la-Pallue, Gourville et à Mons (16). La puissance du vent a amplifié l’intensité des dégâts qui varie entre 30 à 50 %. Il est encore remarquable de voir que ce sont les mêmes couloirs géographiques qui sont touchés, ce qui interpelle une nouvelle fois vis-à-vis de l’efficacité du réseau de lutte anti-grêle.

Une floraison pas trop tardive mais étalée dans le temps

Au cours du mois de mai, la succession de périodes normalement chaudes pour la saison et de pluies a favorisé un développement régulier de la végétation sans phénomène brutal. Les vignes ont poussé à leur rythme en conservant leur précocité ou leur retard. Dans toutes les propriétés, les caractéristiques agronomiques de chaque parcelle ou de chaque îlot sont très perceptibles. Fin mai, les vignes précoces étaient très poussées et bonnes à relever alors que d’autres avaient une croissance plus limitée. Dans les zones traditionnellement tardives comme le Pays Bas, plusieurs techniciens de la distribution ont observé fin mai deux à trois générations de stade de développement des rameaux et des inflorescences. La floraison des cépages précoces (merlot, sauvignon et colombard) a commencé début juin et s’est déroulée dans d’assez bonnes conditions. La floraison des ugni blancs a commencé autour des 8-9 juin dans les parcelles précoces et le 15 juin dans les sites tardifs. L’épisode fortement pluvieux du 10 au 14 juin, avec 60 à 110 mm de pluies selon les endroits, n’a pas facilité la libération des capuchons floraux. Cette séquence climatique plu-
vieuse et la présence d’inflorescences à des stades de déve-loppement très différents ont entraîné un allongement de la période de floraison qui s’est terminée vers le 20 juin. Malgré l’abondance des pluies, les niveaux de températures pas trop bas n’ont probablement pas trop affecté le processus de fécondation.

Une assez forte hétérogénéité de stade des jeunes grappes

À la fin du mois de juin, l’hétérogénéité de stade de développement des grappes au sein des souches est importante. Il est fréquent d’observer des jeunes grappes portant des baies de la taille d’un grain de pois et d’autres encore au stade tous petits grains de plomb. Cet écart de développement entre les baies et les grappes (d’environ 8 à 10 jours) ne va pas se résorber facilement durant l’été, même si le beau temps persiste durablement. La croissance physiologique de tous les organes végétaux des plantes est directement liée à la somme des températures mises en œuvre durant le cycle végétatif. Les jeunes baies possèdent une physiologie comparable à celle des rameaux jusqu’à la pleine véraison. Le climat du début du cycle végétatif a favorisé l’extériorisation de l’hétérogénéité qui continue actuellement de s’exprimer au niveau des grappes. C’est un effet millésime qui sera perceptible au moment de la véraison et durant la maturation.

Des symptômes de chlorose préoccupants en post-floraison

Le sujet d’inquiétude du moment concerne le développement de symptômes de chlorose dans beaucoup de terroirs calcaires de la région. Les phénomènes de jaunissement du feuillage qui sont apparus durant la floraison après la séquence pluvieuse du 10 au 14 juin ne se résorbent pas facilement. Cette situation atteste des difficultés des souches à assimiler
les éléments fertilisants dans une période où les besoins sont importants. La crainte de voir les phénomènes de tri de baies s’amplifier est donc réelle, ce qui peut nuire au potentiel de productivité. Les phénomènes sont bien sûr plus marqués dans les situations où le porte-greffe possède une moindre tolérance au calcaire actif. Les interventions culturales brutales et trop profondes dans des parcelles ayant un historique de non-cultures long ont aussi amplifié l’expression des symptômes de chlorose. À l’inverse, les apports de chélates réalisés dans de bonnes conditions (pas trop tardifs, avec suffisamment d’eau et bien enfouis) et avec des spécialités adaptées démontrent toutes leurs efficacités.

Un black-rot à surveiller de près à partir de la nouaison

L’état sanitaire du vignoble en cette fin de mois de juin devient tout de même préoccupant notamment au niveau du mildiou, mais le black-rot pourrait de nouveau se manifester à partir de la nouaison. Le black-rot, une maladie presque oubliée en Charentes, a été présent dans pratiquement tout le vignoble au début du mois de mai. La virulence de certaines attaques sur feuilles, sur rameaux et aussi sur les jeunes inflorescences a réellement surpris. L’épidémie a atteint un niveau de puissance qui interpelle ! Au cours de l’été dernier, quelques techniciens avaient repéré de tous petits foyers mais leur gravité restait très limitée. Le black-rot avait quasiment disparu de la région délimitée depuis la fin des années 90. À cette époque, certains secteurs du vignoble étaient confrontés à une pression régulière et forte de la maladie. La mise en œuvre de stratégies de lutte préventives en début de saison, avec en général deux traitements précoces de mancozèbe et ensuite l’utilisation durant la période pré-floraison/fermeture de la grappe de fongicides anti-oïdium ayant une efficacité BR, avait réellement permis d’assainir la situation.

Relancer des études pour comprendre la virulence de cette maladie « oubliée »

p14.jpgQue s’est-il donc passé pour que ce champignon retrouve une telle « vigueur » ? Vu l’ampleur des dégâts en 2015, les techniciens s’interrogent. Le black-rot fait partie de ces maladies qui prospèrent à partir de la présence d’un innoculum latent dans les parcelles. Certes, au cours des étés 2013 et 2014, quelques signalements de taches foliaires avaient été repérés mais cela ne laissait pas présager d’un retour en force de la maladie. L’importance des dégâts sur inflorescences en début de saison et la fréquence des taches foliaires confirment qu’il ne faut pas prendre le sujet à la légère. Pourquoi le BR est-il aussi présent en 2015 ? Les efforts de recherche de symptômes n’ont-ils pas été suffisants au cours des étés 2013 et 2014 ? Les fortes réductions d’utilisation dans les calen-
driers de traitements du mancozèbe et des IBS homologués sur le black-rot depuis plusieurs années ont-elles contribué à la remontée en puissance du potentiel épidémique ? Les stratégies de lutte contre le mildiou préconisant des démarrages plus tardifs de la protection en début de saison sont-elles en cause ? La fiabilité des moyens techniques de prévisions des risques et d’observation du cycle biologique du BR est-elle en cause ? La qualité de la pulvérisation en début de saison sur un faible volume de végétation peut-elle être incriminée ? Quelle stratégie va-t-il falloir mettre en œuvre pour faire baisser la pression BR au cours des toutes prochaines années ? Les outils de lutte chimique existants sont-ils devenus moins performants ? Toutes ces interrogations justifient la mise en œuvre de programmes d’expérimentation dans la durée sur cette maladie qualifiée à tort de « secondaire ». Le black-rot doit redevenir une thématique d’étude en Charentes car, dès le printemps 2016, un innoculum dense sera présent dans les parcelles.

Un mildiou précoce et localement très virulent

p15.gifLa situation mildiou en cette fin de mois de juin devient plus préoccupante dans l’ensemble de la région délimitée. Lors du début du cycle végétatif, l’épidémie avait semblé s’être concentrée dans la frange sud et sud-ouest du vignoble, alors que le cœur et l’est de la région semblaient épargnés. Depuis, elle s’est étendue à de nombreux secteurs de toute la région délimitée, suite aux épisodes pluvieux du 9 au 14 juin. Tous les techniciens chargés des suivis de la protection du vignoble sont unanimes : le niveau de risque est désormais élevé dans toute la région délimitée. Des foyers sont présents un peu partout et toutes les périodes humides à venir les feront prospérer. L’attaque de mildiou 2015 se caractérise à la fois par une grande précocité et une forte variabilité de sa virulence et de l’intensité des dégâts.

Dans certains endroits, la maladie est implantée depuis la mi-mai alors qu’ailleurs, à la mi-juin, elle semblait totalement absente des parcelles. Dans les zones touchées, la dynamique de dévelop-pement du mildiou paraît complexe à ana-lyser et à maîtriser. L’état actuel de développement de la végétation avec des jeunes grappes ayant atteint un stade de grande réceptivité laisse craindre une montée en puissance de la maladie, à moins qu’une période sèche ne s’installe pas durablement.

4 millésimes à mildiou consécutifs, du jamais vu !

Le mildiou n’est-il pas en train de devenir un problème majeur et récurrent dans la région de Cognac ? On peut malheureusement le penser ! Le cépage ugni blanc est naturellement sensible au mildiou du fait de sa vigueur dans le contexte de production charentais. En effet, cela fait maintenant 4 ans de suite que la maladie se développe régulièrement avec des niveaux d’intensité variables et aussi une véritable constance. Le mildiou se montre de plus en plus réactif aux événements climatiques, ce qui « dynamise » les premières contaminations et la virulence des épidémies. Les premières attaques de 2015 le confirment avec la taille des premières tâches foliaires et l’importance de fructifications. Des feuilles de 3e ou 4e niveaux avaient parfois 40 à 50 % de leur surface recouverte de taches d’huile et le mycélium était très abondant sur les faces inférieures. Dans les zones infestées précocement, la fréquence et l’abondance des pluies en mai et juin ont littéralement « boosté » l’épidémie qui est devenue très difficile à contenir malgré des calendriers de protection bien resserrés. Les premiers dégâts de rot-gris sur les inflorescences sont apparus dans les parcelles vers les 15-20 mai. Certes, les dégâts restent loca-lisés mais leur intensité a parfois été spectaculaire. Le seul « remède » réellement efficace aurait été du soleil et de la chaleur en continu pendant plusieurs semaines. Malheureusement, plusieurs séquences pluvieuses conséquentes ont entretenu la puissance de l’épidémie.

Un début de saison difficile a appréhender

p16.jpgLes premières attaques de mildiou ont concerné les zones en dessous une ligne Barbezieux-Archiac-Saintes qui avaient été soumises à des précipitations nettement plus importantes les 17 et 18 avril. Depuis, ce vaste secteur a été soumis à une pression de mildiou quasi incessante dont la virulence précoce a surpris les techniciens. Le constat est vraiment préoccupant car le mildiou, une fois implanté dans les parcelles, semble être beaucoup plus puissant qu’il y a quelques années. Les différents prescripteurs de bulletins techniques d’information n’avaient pas réellement prévu le risque potentiel de déve-loppement d’une épidémie aussi précoce. On ne peut pas leur en faire grief car le contexte de début de saison était complexe à appréhender. Les niveaux de pluies à la mi-avril ont été très variables et tout début mai, l’abondance des précipitations (80 à 110 mm en trois jours) a été exceptionnelle. Le débourrement très étalé et fluctuant d’une parcelle à l’autre a rendu plus difficile l’appréciation du stade de réceptivité de la végétation. Avec le recul, il est facile de dire aujourd’hui qu’il fallait démarrer très tôt la protection cette année dans les zones précoces.

L’abondance de la séquence pluvieuse de mi-avril a été déterminante

L’appréciation du top départ des épidémies en début de saison repose sur l’appréciation de la maturité des œufs d’hiver de mildiou, les organes de conservation de la maladie. Dans la zone sud – sud-ouest, les quantités de pluies très significatives à la mi-avril avaient permis aux œufs d’hiver d’atteindre leur maturité alors que dans le reste du vignoble ce n’était pas le cas. Parallèlement, les terroirs plus précoces des doucins du sud Charente et Charente-Maritime et les terres calcaires des bords de Gironde ont favorisé un débourrement plus précoce à partir des 15-20 avril. Lors de l’épisode pluvieux très important du 1er au 3 mai (80 à 110 mm selon les endroits), la végétation était suffisamment développée pour être réceptive à des contaminations potentielles de types primaires et probablement aussi secondaires. C’est à partir de ce moment-là que le top départ de l’épidémie a été lancé. Les viticulteurs qui avaient protégé leurs vignes avant le 1er mai étaient couverts et ont empêché l’épidémie de s’implanter. Par contre, les propriétés non protégées à cette époque ont été contaminées et le mildiou a pu s’implanter très tôt en saison.

Une date de maturité des œufs variable selon les zones

Indéniablement, une suspicion plane cette année autour de la fiabilité des métho-dologies de suivi de la maturité des œufs d’hiver et des prévisions des risques en début de saison ? Les suivis biologiques de la maturité des œufs d’hiver sont réalisés chaque printemps pour déterminer le plus précisément la date à partir de laquelle les contaminations primaires peuvent se produire. La mise en œuvre de ces manipulations mobilise des compétences et du temps. C’est un travail assez lourd. Au printemps 2015, trois échantillons d’œufs d’hiver ont été mis en culture dans la région délimitée. Au 20 avril, un seul échantillon provenant du secteur sud Charente-Maritime était arrivé à maturité alors que les deux autres provenant du cœur du vignoble n’avaient pas bougé. Ces éléments n’ont pas justifié une communication à l’échelle régionale qui, avec le recul, aurait été bienvenue. On peut se demander si la mise en culture de seulement trois échantillons d’œufs d’hiver est suffisante dans un territoire viticole de 80 000 ha de vignes très diversifié ? Par ailleurs, les premières données du modèle EPI révélaient une absence de maturité du mildiou dans la plupart des stations météo, sauf peut-être dans le secteur sud Charente. L’interprétation des calculs de la modélisation n’est pas toujours simple à traiter en début de saison, surtout quand on est confronté à de fortes variabilités des niveaux de pluviométries en avril et début mai. Malgré le bon maillage de stations météo automatisées au sein de l’aire de production, il est difficile aux techniciens d’appréhender les épisodes pluvieux locaux.

Concilier les aspects environnementaux aux réalités de la pression parasitaire

La pression des enjeux environnementaux et d’Ecophyto a aussi modifié profondément les stratégies de lutte de la protection du vignoble. Traiter mieux et moins est devenu un véritable « leitmotiv » que le staff de techniciens de la région s’emploie à mettre en œuvre. Les équipes travaillent de façon réaliste pour concilier les nouveaux concepts de maîtrise de la protection aux exigences fortes de la pression parasitaire. De nouvelles stratégies de raisonnement des traitements se développent et, parallèlement, les structures des exploitations viticoles ont considérablement évolué. La réactivité pour effectuer un traitement dans une propriété de 20 ha et de 60 ou 80 ha n’est pas la même. Le sujet qua-lité de pulvérisation est toujours au cœur du débat : traiter toutes les faces de rangs, c’est mieux mais cela demande du temps, du matériel et des moyens humains. Les attentes des viticulteurs en matière de conseils et de suivi technique sont devenues plus précises et plus complexes. Autre constat, la communauté de techniciens qui travaillent les aspects de protection du vignoble dans la région de Cognac s’est considérablement « amaigrie » depuis le début des années 2000, alors que le complexe parasitaire mildiou, oïdium et black-rot fait preuve de « vitalité ».

Des expérimentations pour piloter efficacement les aspects environnementaux

La montée en puissance d’Ecophyto aurait dû s’accompagner d’un maillage technique du territoire puissant pour, par exemple, comprendre la puissance des épidémies précoces de mildiou et de black-rot, identifier avec fiabilité les conséquences des phénomènes de résistance, mettre en place des expérimentations de stratégies de lutte spécifiques adaptées à l’ultrasensible cépage ugni blanc, quantifier plus précisément la virulence potentielle du mildiou… Or les équipes techniques en place tra-
vaillent avec des moyens trop limités. Est-il normal que dans un vignoble de 80 000 ha après 4 années de pression mildiou consécutives, l’évaluation de la résistance aux diverses familles de fongicides repose sur seulement 4 tests concernant une à deux familles de produits ? Le sous-investissement technique dans les expérimentations et les méthodes de suivis préventives du parasitisme peut conduire à des situations d’échec de protection et à des réactions de sur-traitements des viticulteurs.

Les exigences de productivité élevées de la région de Cognac et les structures spécifiques du vignoble, vigoureux, à basse densité et sensible (effet ugni blanc) constituent un contexte à part de celui des autres régions viticoles françaises. Les travaux effectués dans des vignobles conduits pour produire 50 hl/ha avec 4 000 ceps/ha ne sont pas transposables au contexte charentais. Le développement d’un pôle d’expérimentations plus poussées sur les aspects de protection du vignoble et d’agronomie au sein de la région de Cognac contribuerait à aborder les réductions d’intrants de façon rationnelle et à gérer les aspects productivité et environnementaux avec plus d’efficacité.

 

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