Millésime 2006 : Retour Sur Les Etapes Clés Avant Les Vendanges

20 février 2009

L’ÉVOLUTION DE LA PHÉNOLOGIE

 Après un hiver froid avec des températures moyennes inférieures aux données trentenaires pour tous les mois, le climat est resté frais pour le début du printemps. Malgré ces conditions, les premiers pleurs ont été observés au cours de la première décade de mars. Ensuite, le débourrement s’est généralisé au cours de la première décade d’avril. Aussi, lorsque le 11 avril certains secteurs ont eu à déplorer une gelée avec des températures atteignant – 4 °C à – 5 °C dans certains secteurs des Graves, Entre-Deux-Mers et Castillonais, des dégâts ont été constatés. Sans être très préjudiciables, ils ont surtout provoqué un arrêt de croissance qui s’est traduit par un retard d’évolution dans la première partie de la saison.

Fin avril, après une période de beau temps, la sortie de grappes était prometteuse avec dans certain cas une troisième grappe sur les rameaux. A cette période, l’avance était estimée à 3-4 jours par rapport à 2005. La floraison a débuté dès le vendredi 22 mai sur les secteurs précoces puis s’est généralisée. Elle a été perturbée par une période plus fraîche fin mai, ce qui s’est traduit par un allongement de cette phase. A ce moment, nous constations une hétérogénéité d’évolution surtout sur les Merlot, alors que les autres cépages ayant démarré plus tard montraient une évolution plus resserrée. La mi-floraison a été relevée selon les secteurs entre la fin mai (29-30 mai) et les premiers jours de juin (6 juin). Le début véraison est estimé entre le 17 et 24 juillet, tandis que la mi-véraison était notée dès le 31 juillet sur les secteurs précoces et jusqu’au 15 août pour les Cabernet Sauvignon en zone tardive. Du fait des conditions fraîches d’août, la véraison a été assez lente, ce qui explique en partie la grande hétérogénéité observée et il n’est pas rare de trouver des baies vertes fin août dans certains secteurs tardifs.

LES ACCIDENTS CLIMATIQUES

Il est à noter que des orages accompagnés de grêle et de vent ont causé quelques dégâts le 7 mai au soir (nord Médoc, Saint-Emilion, Coutras, Sainte-Foy) et le 16 mai (nord Médoc) sur les organes herbacés mais sans occasionner de dégâts sur les jeunes grappes. Des orages plus tardifs sur Lussac (4 juillet) et Langoiran (3 juillet) ont blessé plus sérieusement les grappes mais sans entraîner de perte de récolte. Par la suite, la période caniculaire de juillet a entraîné des brûlures sur grappes (échaudage) consécutives ou non aux effeuillages réalisés. Globalement, il faut noter qu’au cours de la campagne, la pluviométrie a été très différenciée d’un secteur à l’autre générant des évolutions de maturité très variées. 

LES RAVAGEURS DE LA VIGNE

Ils n’ont pas posé de problème au cours de la saison. Les populations de cicadelles vertes n’ont pas nécessité d’intervention spécifique hormis quelques parcelles fin août sur le secteur de Sainte-Foy et Gensac pour lesquelles les populations larvaires ont fortement augmenté. Les araignées rouges ont été absentes. En revanche l’érinose a été très présente début mai. Puis à la faveur de la pousse les symptômes se sont dilués pour apparaître à nouveau fin juin-début juillet sur les jeunes feuilles des entre-coeurs. D’autre part, il nous a été signalé des symptômes d’acariose sur jeunes plantes. Le ver de la grappe a été très discret sur le département et seuls quelques secteurs dans le Médoc ont nécessité des interventions en deuxième et troisième générations. Comme souvent lorsque les ravageurs sont discrets, les maladies cryptogamiques ont été présentes.

LES MALADIES CRYPTOGAMIQUES

 La séquence pluvieuse des 26 et 27 avril a assuré les premières contaminations de mildiou qui se sont exprimées dès le 9 mai (Blayais) puis généralisées les jours suivants dans tous les secteurs du département. Les protections ont débuté au cours de la semaine 19 ou 20. Par la suite, les pluies de début mai ont contribué à favoriser le mildiou. Localement les attaques sur feuilles ont pu être fortes. La pression est restée hétérogène. Au plus fort de l’épidémie (fin mai-début juin), plus de la moitié des parcelles présentait des symptômes sur feuilles. Ponctuellement, on pouvait observer du rot gris sur quelques grappes. Malgré tout, le mildiou était sous contrôle grâce au resserrement des cadences des traitements et aucune perte de récolte préjudiciable n’a été constatée.

Le beau temps de juin a alors permis d’assainir la situation. Par la suite à la faveur des pluies de juillet puis d’août, des taches apparaissent sur les jeunes feuilles. Les rognages couplés à une protection phytosanitaire correcte ont permis de maintenir un bon état du feuillage dans la grande majorité des parcelles. Parallèlement au mildiou, l’oïdium a pu être observé précocement sur des parcelles d’un niveau de surveillance (CA33 / INRA) dès le 4 mai. Plus généralement, les toutes premières taches sur feuilles sont observées à partir du 5 mai (secteurs de Bourg et rive droite de la Garonne) puis le 19 mai (Médoc, Libournais). La protection phytosanitaire a généralement débuté au cours de la semaine 19.

Une forte progression de l’oïdium sur feuilles fin mai début juin s’est traduite par l’apparition de symptômes sur grappes, fin juin avec un pic entre le 14 et 21 juillet sur l’ensemble de la Gironde. Malgré cette présence régulière d’oïdium dans une forte proportion de parcelles, les dégâts quantitatifs et qualitatifs sont insignifiants et bien en deçà de ceux observés en 2004 (sauf quelques rares cas particuliers).

Le climat chaud et sec de juin défavorable au botrytis n’a pas empêché ce dernier, dès les pluies de début juillet, d’apparaître. Les premiers foyers de botrytis ont été notés début juillet puis sont régulièrement observés entre le 10 et 13 juillet. Par la suite ils se sont résorbés. Néanmoins les pluies du mois d’août favorisant l’augmentation de volume des baies ont aussi réactivé ces foyers. Les conditions climatiques particulièrement défavorables de ce mois ont entraîné sur une majorité de secteurs un retard de la maturité de plusieurs jours par rapport à 2005.

LES PREMIERS PRÉLÈVEMENTS

Les degrés potentiels des Sauvignon évalués à partir des premiers contrôles de maturité se situaient en moyenne aux alentours de 10,5 à 11,5 % vol., avec des acidités encore très élevées. Les autres cépages blancs (Muscadelle et Sémillon) présentaient des degrés potentiels encore inférieurs à 10 % vol.

prlvements.jpgDu point de vue sanitaire, des foyers de botrytis ont été observés dans certaines parcelles de Sauvignon. Il était donc plus que jamais indispensable de surveiller régulièrement l’état sanitaire des raisins afin de définir les dates de récolte. Au-delà des simples résultats des contrôles de maturité technologique et de la dégustation des baies, la présence de pourriture a pu entraîner des vendanges précoces dans certaines zones viticoles. Pour les cépages rouges, une forte hétérogénéité de maturation a été observée, en particulier sur les parcelles chargées. Le degré potentiel attendu devrait être dans l’ensemble inférieur à 2005. Comme pour les blancs, la mise en oeuvre de toutes les actions au vignoble afin d’aérer les grappes afin de retarder l’apparition du botrytis (éclaircissage, effeuillage manuel) a été déterminante.

Il est intéressant de noter que le décalage global d’une semaine environ par rapport à 2005 ne s’applique qu’à la maturité technologique (sucres et acide). En effet, les premières analyses des composés phénoliques faisaient apparaître un potentiel en anthocyanes très proche de celui mesuré à la même date en 2005.

Le millésime qui se profile en rouge se rapproche vraisemblablement plus par ses caractéristiques d’un millésime « classique » de bordeaux sans la dérive «Méditerranéenne» des degrés exceptionnels observés ces dernières années mais avec un potentiel polyphénolique très intéressant. Le risque majeur des jours à venir résidait dans la dégradation de l’état sanitaire en raison de la forte sensibilité des baies au botrytis. Mais tous les chiffres l’attestaient : le potentiel était là.

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