Matériels et technologies : Des innovations de qualité

26 janvier 2017

La 20e édition du salon Vinitech a tenu toutes ses promesses sur le plan de la fréquentation puisque 45 708 professionnels ont foulé les allées du parc des expositions de Bordeaux Lac. Les challenges technologiques et les pôles d’information concernant les aspects de viticulture durable ont représenté des centres d’intérêt majeurs. L’évolution des mentalités sur tous ces sujets est véritable mais les viticulteurs abordent les choses en faisant preuve de beaucoup réalisme. 

     Les débats incessants sur les conséquences de l’utilisation des pesticides jugés polémiques il y a encore quelques années sont désormais pris au sérieux. Le sujet n’est pas simple pour 95 % des propriétés viticoles de nos régions dont le résultat économique est indissociable des bons niveaux de productivité. Le souhait de produire autrement doit être conjugué avec les réalités économiques. Les exigences formulées à la fois par les metteurs en marché et les acteurs commerciaux de la filière (grands négociants et coopératives) commencent à intégrer des critères environnementaux et à terme, ces aspects des choses pourraient représenter un volet supplémentaire des démarches de production qualitatives. Les viticulteurs sont pleinement conscients de cette évolution, d’où leur regard à la fois responsable et intéressé sur toutes les nouvelles pratiques de viticulture respectueuses.

     Ce n’est donc pas un hasard si les conférences sur les sélections de cépages résistants, les démarches alternatives, les présentations d’expériences de conduite de vignoble avec de faibles niveaux d’intrants, ….. ont fait le plein. Les exposants d’équipements de pulvérisation confinée, de matériel de travail du sol, de techniques de semis de couverts végétaux, d’initiatives de recherche sur des bio-pesticides ont connu une affluence sans précédents. Les viticulteurs manifestent un intérêt grandissant pour toutes les pratiques permettant de limiter les utilisations d’intrants dans leurs vignes et réalisent des investissements conséquents dans tous ces domaines d’activité.

     Dans un salon comme Vinitech avec plus de 800 exposants, l’innovation est présente dans toutes les allées. La simplicité côtoie le très sophistiqué sur de nombreux produits et services. Le principal intérêt de ce rendez-vous est justement de pouvoir découvrir des tracteurs et des pressoirs technologiques et aussi des petits produits répondant à des préoccupations simples mais essentielles.

 

Une souche de microalgue très efficace contre le mildiou au laboratoire

 

     Sera-t-il envisageable d’ici quelques années d’assurer la protection du vignoble contre le mildiou, l’oïdium, le Botrytis, … avec des substances d’origine naturelles ayant une efficacité identique aux matières actives de synthèse actuellement utilisées ? Cette idée encore jugée farfelue au début des années 2000 a fait son chemin dans l’esprit de beaucoup de viticulteurs et de consommateurs de vins. Relever un tel défit devrait être une préoccupation des grands fournisseurs d’intrants phytosanitaires mais la vigne ne représente qu’un marché de niche pas suffisamment porteur pour rentabiliser des investissements de recherche conséquents. Le créneau potentiel des bios pesticides était jusqu’à ces toutes dernières années inexploité « faute de combattants ». Cette situation est peut-être en train d’évoluer avec notamment la découverte de la Start-up Immunrise-Biocontrôle. Le petit groupe de chercheurs Laurent de Crastro ingénieur agronome et  œnologue, Odon Thiébeauld biologiste spécialisé sur les interactions plantes Pathogènes, Yan Thomas ingénieur et spécialiste des microalges ont partagé l’envie de travailler ensemble pour créer un bio pesticide de nouvelle génération. Après avoir investi 100 000 € en 2015 dans la création de la société Immunrise-Biocontrôle, ils se sont mis au travail en menant une étude d’efficacité contre les maladies de la vigne sur de nombreuses souches de microalgues. La sélection de nombreux micro-organismes a débouché sur l’identification d’une « perle rare » très efficace au laboratoire sur le champignon Plamospora-Viticola, l’agent responsable du mildiou. Au cours de l’été 2016, des tests en laboratoire conduit par les services de l’INRA ont confirmé l’intérêt de la découverte : De très faibles doses de cette microalgue secrète permettent d’obtenir une efficacité in vitro de quasiment 100 % sur le mildiou. Les connaissances acquises par L de Castro et ses collègues sur cette découverte sont à la fois solides (un mode d’action sur le champignon de type multisite, une efficacité partielle sur le botrytis et aussi sur 4 des 7 champignons responsables de l’esca) et pas suffisante pour finaliser un concept de fongicide. Il faut maintenant passer à la vitesse supérieure en investissant dans un projet scientifique de validation et d’industrialisation de ce futur bio-pesticide. La petite start-up même si elle a été rapidement courtisée par les grands faiseurs, souhaite assumer le développement de ce projet. L De Crastro et ses collègues ont choisi de lever des fonds en s’appuyant sur une démarche de financement participatif par le biais de la plateforme Happy Capital : « Nous souhaitons inviter les viticulteurs à venir soutenir financièrement notre initiative qui a terme répond à leurs attentes et à celles des consommateurs. Il nous paraît important que chercheurs et vignerons soient associés pour porter une démarche dont l’intérêt est validé par les premiers tests scientifiques au laboratoire de l’INRA. Si nous arrivons dans les mois qui viennent à lever suffisament de fonds, nous serons en mesure de conduire des essais au champ en 2017 et 2018 et de travailler la technicité de notre produit pour obtenir une rémanance d’une dizaine de jours».


 

Un film de paillage plastique biodégradable pour les jeunes plantations

 

      La société Agripolyane a développé un nouveau type de film de paillage, le Biovigne qui répond aux besoins des jeunes plantations et présente l’avantage d’être biodégradable. Le produit permet à la fois d’assurer la couverture du sol et se fragmente progressivement au contact de la terre au bout de 3 ans d’utilisation. L’entreprise utilise pour la fabrication de ce produit une matière première biodégradable l’Ecovio mis au point par BASF. Il s’agit d’un plastique biodégradable constitué de deux bio polymères l’acide polylactique (PLA) et l’Ecoflex, un copolyester de BASF. Le PLA est un polymère entièrement biodégradable utilisé dans la fabrication d’emballages alimentaires (pour remplacer les sacs et les cabas en plastiques) et dans le domaine médical (en chirurgie). Il est obtenu à partir d’un processus de fermentation de l’amidon de maïs par des bactéries. Cette matière qui représente une alternative naturelle à de nombreux produits de base issus des énergies fossiles, entre dans la composition de l’Ecovio. La société Agripoliane a développé un process de fabrication spécifique pour concilier à la fois la résistance du film durant 36 mois et ensuite sa fragmentation dans le sol. Ce dernier élément représente un réel avantage vis-à-vis du respect de l’environnement car jusqu’à ces dernières, le devenir des paillages plastiques était un problème sans solution. La pose des films peut-être effectuée avec une machine après une plantation manuelle sans tuteurs. Certaines machines à planter de dernière génération permettent aussi le déroulement des films de paillage aussitôt la mise en terre des greffé-soudés. Le développement du film de paillage Biovigne risque de relancer cette pratique d’entretien des sols durant les trois premières années de vie des plants.


Des manchons de protection des plants souple et plus résistant

 

      La protection des plants de vignes en première, deuxième et troisième années est devenue une pratique courante car cela contribue à faciliter la conduite des jeunes pousses. L’utilisation des manchons de désherbage s’est fortement développée avec une offre de produits large. La société CR distribution qui propose divers produits, a décidé de s’appuyer sur les compétences de 2 fournisseurs pour proposer une nouvelle qualité de manchons plus résistante et en phase avec la réalité économique. Le premier projet a débouché avec la société Samex qui propose une nouvelle gaine renforcée baptisée « Coup de vent ». Il s’agit d’une structure translucide en polyéthylène haute densité traitée contre les UV dont le niveau de résistance a été conçu pour tenir 36 mois Le produit possède une bonne résistance et existe en deux hauteurs de 40 et 50 cm. Le second projet a débouché avec la société Agripolyane qui a conçu un manchon à la fois souple et semi-rigide appelé « Macrobie ». La gaine d’une couleur jaune (translucide) est fabriquée en polyéthylène à haute densité et a subi un traitement anti UV particulier. La société annonce que son produit à une longévité de 36 mois. Le manchon Macrobie est commercialisé en deux hauteurs de 40 et 50 cm. La société Agripoliane va aussi lancer dans les prochaines semaines un autre manchon le Vitiprotect qui sera porteur d’un répulsif au gibier (lapin, lièvre et chevreuil). Ce nouveau produit présente un véritable intérêt dans nos régions ou les dégâts du gibier sur les jeunes plants deviennent importants.


    

Des évolutions au niveau des tracteurs Claas, New-holland et Case-IH

 

Les innovations au niveau des tracteurs vignerons et fruitiers sont nombreuses avec d’une manière générale l’arrivée de nouveaux moteurs répondant à la norme européenne antipollution Stage III B à partir du 1er janvier 2017 et l’apparition de cabine ayant un niveau de protection de catégorie 4. La plupart des Claas, Case-IH, New-holland, Kubota, John Deere, Lindner et Massey Ferguson ont présenté de nouveaux modèles équipés de moteurs aux normes et souvent plus encombrant compte tenu de l’obligation d’intégrer de nouveaux modules de filtration. L’obligation de réduire le niveau d’émission d’oxyde d’azote et de particules fines augmente le gabarit des moteurs et aussi celui des tracteurs vignerons et fruitiers. Claas a sortie une nouvelle gamme de tracteurs Nexos équipé de moteurs Tiers 4i ayant une injection à rampe commune. La gestion automatique du pont avant en fonction de l’angle de braquage permet de travailler avec les 4 roues motrices dans les rangs et ensuite d’effectuer les manœuvres en en deux roues motrices (avec un angle de braquage de 55°). Des cabines de catégories 2 sont proposées en série mais en option, une protection de niveau 3 est possible. Chez New-Holland, la principale innovation se situe au niveau de la cabine avec le montage en série de la cabine de classe 4 avec deux filtre intégrés. Intérieurement, la hauteur du canal de transmission a été un peu réduite. Les performances des circuits hydrauliques ont été améliorées pour atteindre 82 1/Mn. Les modèles fruitiers et vignerons Case-IH, la marque jumelle, bénéficient de mêmes évolutions avec comme différence la présence du pont Supersteer chez NH. Les nouveautés présentées par ces deux constructeurs ne seront malheureusement pas disponibles avant le troisième trimestre de l’année 2017.

 

Landini et McCormick proposent des gammes totalement repensées

 

Des normes encore plus contraignantes rentreront en vigueurs en 2019 et certains constructeurs comme Landini et McCormick ont intégré ces futures contraintes dans la conception de leurs nouveaux tracteurs qui seront commercialisés à partir de fin 2017. Landini et McCormick ont présenté une nouvelle génération de tracteurs vignerons et fruitiers. Le bureau d’études du groupe Argo-Tractors a travaillé avec les distributeurs pour concevoir des produits qui répondent aux attentes des utilisateurs en matière de confort et de performances. Les moteurs possèdent une régulation électronique qui permet de mieux gérer la demande de puissance et d’optimiser les niveaux de consommation. Tous les tracteurs sont dotés d’un pont avant avec des suspensions hydrauliques ce qui améliore le confort de conduite. Un nouveau poste de conduite et une nouvelle cabine ont été développés afin d’apporter aux chauffeurs le maximum de confort . La présence d’un plancher plat et la possibilité d’avoir un niveau de pressurisation de catégorie 4 en série représentent de véritables avancées. Les performances hydrauliques ont été nettement améliorées avec l’implantation d’une triple pompe portant le débit à plus de 100 l/Mn. Au niveau de la transmission, les tracteurs peuvent être équipés d’un inverseur mécanique, d’un inverseur hydraulique de 12, 16,24 et 36 rapports avec un tripleur. Une variation continue est attendue dans le courant de l’année 2018.


Kubota monte en gamme avec les 5 001

 

      Kubota a lancé une nouvelle gamme de tracteurs vigneron et fruitier, les 5 001 Narrow N qui présentent de véritables évolutions par rapport à la génération précédente. La conception générale de ces tracteurs confirme la volonté du constructeur de proposer des modèles vignes plus technologiques. L’obligation d’intégrer des nouveaux moteurs a été l’occasion de repenser l’ensemble de la structure du tracteur sans en transformer le gabarit. Les modèles de la gamme 5 001 sont équipés de moteurs Tiers 4i Kubota à régulation électronique d’une puissance de 78 à 113 CV din. Un système de mémorisation du régime moteur est monté en série. Le constructeur propose deux types de transmissions 18/18 et 36/36 avec un doubleur, un embrayage électrique et un inverseur électrohydraulique. Les tracteurs disposent en série d’une prise de force 540/540 éco et 1 000 en option. La cabine et le poste de conduite ont été totalement reconditionnés avec notamment une console à droite regroupant toutes les commandes, une planche de bord nouvelle, un plancher totalement plat et un montage sur de nouveaux silentblocs (réduit le niveau sonore). La cabine possède un niveau de protection de catégorie 2 et en option un niveau de protection 4 est proposé.


 

Lindner et Carraro créent l’événement

 

     L’arrivée du constructeur Autrichien Lindner sur le marché de la vigne avec un seul modèle semi-standard de 1,60 m hors tout, le Lintrac 90 représente un événement. En effet, ce tracteur bénéficie d’un niveau d’équipements très complet et d’une cabine spacieuse et il est destiné à être utilisé dans les vignes larges (à partir de 2,50 d’écartement) et en arboriculture. Le Lintrac 90 est équipé d’un moteur Tier 4i à rampe commune d’une une puissance de 102 CV, d’une transmission à variation continue et d’une direction sur les roues arrières. Cette dernière innovation confère au tracteur une maniabilité équivalente aux autres modèles fruitiers. Le circuit hydraulique s’avère performant (90 1/Mn) avec des distributeurs nombreux à l’arrière et à l’avant. La cabine suspendue qui est spacieuse, bien agencée permet au chauffeur d’avoir de bonnes conditions de conduite (avec un niveau de protection de catégorie 4). Le constructeur développe progressivement son réseau de concessionnaires dans les diverses régions viticoles et on peut penser que d’autres modèles de tracteurs fruitiers sont à l’étude. Le constructeur Italien Carraro affiche aussi l’ambition de conquérir des parts de marché en France avec une gamme de tracteurs articulés et des modèles fruitiers traditionnels. Les produits proposés par cette société semble avoir des niveaux de performances assez intéressants.


 

Une nouvelle tondeuse intercep à fils pour des végétations denses chez Boisselet

 

      La société Boisselet a présenté la nouvelle tondeuse à fil de gros diamètre Filmatic qui se monte sur le servomoteur et ou sur les châssis de décavaillonneuse. La société propose depuis de nombreuses années un module de tonte intercep à deux couteaux qui correspond à des attentes de sols très caillouteux en surface. L’équipement donne pleine satisfaction en début de saison sur des végétations pas trop denses et le carénage de tôles autour du module de tonte évite les risques de projection. L’intérêt des systèmes de tonte interceps avec des fils réside dans une autre alternative de coupe de l’herbe plus souple et surtout plus adaptée à éliminer des adventices souvent bien développées en cours de saison. L’efficacité des systèmes de coupe avec des fils est directement liée à leur vitesse de rotation. L’expérience prouve que les meilleures performances de coupes sont obtenues à des niveaux de rotation de 5000 à 6000 tr/Mn. La société Boisselet monte sur l’appareil Filmatic un moteur hydraulique de nouvelle génération qui permet de faire tourner la tête à fil à 6 000 tr/mn. La société Boisselet a réalisé en 2016 de nombreux essais du Filmatic dans des chantiers difficiles (sur de la végétation haute et dense) qui ont permis de valider la technique. Le module de tonte à fil est constitué d’une tête à 4 fils indépendants et faciles à changer (en moins d’une minute). Les fils utilisés sont de gros diamètres et dentés ce qui leur confère une aptitude à sectionner des herbes de gros diamètres. Le module de tonte n’est pas enfermé dans un carter pour éviter les phénomènes de bourrage en présence de végétation. Le Filmatic est un équipement destiné à effectuer des tontes à une hauteur plus hautes que les tondeuses à lames afin d’assurer une longévité accrue des fils. Le constructeur conseille d’utiliser le matériel entre 3 et 5 km/h en fonction de la densité de la végétation et les besoins hydrauliques se situent autour de 30 à 35 1/Mn pour les têtes montées en série.. L’appareil se monte sur les servo-moteurs et les châssis des décavaillonneuses. Le prix d’une tête Filmatic se situe autour de 2 500 € HT sans le servo-moteur.

 

 

Un disque mobile intercep pour décompacter les fractions de sols moins accessibles

 

      La succession de périodes humides et sèches au cours de la saison rend parfois l’utilisation des outils interceps à lames ou rotatifs. La capacité de pénétration et surtout leur vitesse d’avancement sont considérablement pénalisées par le compactage des sols. La société Boisselet a développé un module de disque intercep, le Valmatic qui vient en quelque sorte fissurer la couche de sol superficielle entre les ceps. Cela permet de préparer les zones de sol dures pour ensuite utiliser d’autres outils mécaniques dans de meilleures conditions et à des niveaux de vitesses plus élevés. L’intérêt de cet outil est qu’il peut être utilisé à des périodes de l’année très variées, au printemps en tant que première intervention, en cours de saison après des séquences climatiques humides ou sèches et en fin de saison. Le Valmatic est un équipement simple constitué d’un disque mobile cranté de 350 mm monté sur la structure du servomoteur (ou sur le châssis des décavaillonneuses). Le disque s’efface au niveau des souches, fissure les sols compactés avec beaucoup d’efficacité et le matériel est commercialisé à un prix relativement accessible (de 400 à 800 € HT selon les montages).


L’association d’une lame et d’un module rotatif sur un même Outils Chez Terral

 

      La société Terral propose un équipement de culture du dessous des rangs associant une lame intercep et un outil rotatif. L’observation des avantages et des inconvénients des deux systèmes de travail du sol a conduit les responsables de cette entreprise à associer les deux outils au sein d’un même matériel. En effet, les lames interceps effectuent un travail de sectionnement du chevelu racinaire des mauvaises herbes à des niveaux de vitesse élevées mais ne déstructurent pas toujours suffisamment la végétation. Les outils rotatifs permettent eux de bien détruire la végétation quand ils sont utilisés à des vitesses modérées. Le nouvel équipement de travail mécanique de l’intercep des rangs de la société Terral est constitué d’une lame intercep gérée hydrauliquement au-dessus de laquelle est positionné un module rotatif à 3 dents. L’outil réalise simultanément le sectionnement du chevelu racinaire des herbes et la destruction complète en surface de la végétation. L’élément rotatif tourne à des vitesses peu élevées car sa fonction est de finir de déstructurer l’horizon superficiel. Les essais depuis deux ont montré que l’appareille pouvait être utilisé à des niveaux de vitesse élevés. Le constructeur propose un châssis complet équipé des deux interceps, de roues de terrage et d’une centrale hydraulique. L’équipement est extensible hydrauliquement ce qui permet de l’utiliser dans des vignes de 2 à 3 m d’écartement. Le châssis peut-être équipé de dents rigides pour cultiver les interlignes.


Un intercep mécanique innovant mis au point par la société Delorier

 

      La société Delorier à Lignières-Sonneville développe depuis longtemps des fabrications de divers équipements viticoles destinés principalement aux travaux d’entretien des sol. Le partenariat avec la société Arrizza pour la commercialisation d’équipements de travail du sol de l’intercep des rangs depuis 10 ans a permis à Jean-Noël Delorier et ses collègues d’être à l’écoute des attentes d’un public de viticulteurs sensibles aux moyens d’effectuer le travail mécanique. Les performances de la nouvelle génération des châssis interceps avec des lames hydrauliques représentent une alternative rationnelle qui a fait apparaître de nouveaux besoins. En effet, leur utilisation à des niveaux de vitesse assez élevés (de plus de 5 km/h) donne satisfaction en termes de productivité de chantier et permet d’éliminer 80 % à 90 % des herbes présentes en dessous les souches. La destruction de 100 % du couvert végétal est possible avec ces outils quand ils sont utilisés à une vitesse moindre de 3 à 4 km/h. L’idée de la société Delorier a été de créer un outil complémentaire associé aux lames hydrauliques qui permettent en quelque sorte « de finir le travail ». Ils ont décidé de fabriquer une lame intercep entièrement mécanique simple et ayant plus de capacités d’approche des souches. C’est un équipement innovant doté d’un tâteur d’effacement, d’un mécanisme de rappel à deux ressorts indépendants et d’un système de pivotement vertical de l’ensemble de l’outil pour les déplacements routiers. Le mécanisme de rappel de la lame avec les deux ressorts présente la spécificité d’avoir chacun leur propre réglage de tension. Cela permet de doser avec plus de progressivité l’effort de rappel sur les souches et de faciliter la mise en œuvre des réglages. Ensuite, la présence du tâteur limite aussi considérablement les risques de blessures des lames de la base des troncs. La fiabilité des interceps Delorier a été testée avec succès en 2016 auprès d’une vingtaine d’utilisateurs. Les appareils ont démontré leur intérêt à la fois dans les sols compacts, caillouteux et aussi dans les jeunes plantations. Ils sont conçus pour être montés sur tous les vibroculteurs et les cultivateurs existants et le prix de la paire d’interceps est 1996 € ht . Le constructeur a aussi développé un porte-outil extensible (pour vigne de 2 à 3 m) avec des roues de terrage dont la conception d’origine est pensée pour être utilisée soit à l’avant, soit à l’arrière des tracteurs.


La conception originale du tunnel de pulvérisation confiné Caffini

 

      La société Caffini a développé un tunnel de pulvérisation confiné dont la conception est originale. Le Drift Stopper Evo présente la particularité de disposer d’une centrale hydraulique intégrée ce qui rend son fonctionnement indépendant de celui du tracteur. L’appareil est constitué d’un module de pulvérisation 2 rangs implantés à l’avant, d’un ensemble cuve de transport (et d’une centrale hydraulique) situé à l’arrière porté par un double essieu. La cellule de pulvérisation fonctionne selon le principe à jets portés avec une production d’air assurée par quatre petites turbines alimentant chacune un panneau. La diffusion de l’air à l’intérieur de chaque panneau s’effectue par deux rampes verticales l’une située à l’avant et l’autre à l’arrière (un système breveté). Cette ventilation crée un phénomène de turbulence d’air au centre de la cellule confinée que le constructeur considère comme essentiel pour assurer la bonne diffusion de la pulvérisation dans la végétation. Les parois intérieures des panneaux sont recouvertes d’alvéoles triangulaires qui captent et canalisent les volumes de bouillie récupérés vers les pompes de reprises. Les cellules confinées fabriquées à partir d’un châssis inox associé à des matériaux résistants et légers sont suspendues à la rampe par des silentblocs. Les bras télescopiques de la rampe en acier spécial à haute résistance (et la présence de patins spéciaux) facilitent les mouvements d’écartement et de repliage sans qu’il soit nécessaire de réaliser des graissages. Le système de double timon avec sa gestion électronique permet aux utilisateurs en bout de rang d’avoir un rayon de braquage performant et de ne pas être obligé de fermer les tunnels. Un système d’essieu tandem avec deux paires de roues opérationnelles dans les rangs améliore la stabilité durant les traitements. Un incorporateur de produit est proposé en série sur cet appareil. La conduite a été optimisée avec la mise au point d’une petite unité de commande et de contrôle fonctionnelle (dotée d’un DPAE). Cela permet le contrôle automatique des litrages appliqués, le calcul en temps réel de l’autonomie de chantier (en surface) et des quantités de bouillie récupérées. Le chauffeur après avoir programmé les écartements des rangs gère l’ensemble des fonctions du pulvérisateur en intervenants sur une seule commande, la touche d’arrêt et de mise en route du travail. Une pression en bout de rangs sur cette commande unique arrête la pulvérisation et referme les cellules confinées et ensuite une nouvelle impulsion à l’entrée d’une nouvelle interligne remet automatiquement le pulvérisateur au travail. Au cours du cycle végétatif 2016, deux tunnels confinés Caffini ont fonctionné en Charente Maritime. Ces appareils sont commercialisés avec des cuves d’une capacité de 1 000 ou de 2 000 1. Le prix de vente du modèle 1 000 1 est de 50 000 € ht avec un niveau équipement très complet.


Dagnaud élargi sa gamme de tunnels de pulvérisation confinés avec trois modèles portés de 600, 800 et 1 000 1.

 

      La société Dagnaud est devenue un constructeur respecté dans le petit univers des équipements viticoles de traitements confinés. En quelques années, ce pôle d’activité a pris une importance majeure au sein de cette entreprise qui a investi dans de nouveaux ateliers performants. Le constructeur a fait évoluer la structure de ses panneaux confinés en proposant plusieurs hauteurs de tunnel et surtout un nouveau système d’obturation au dessus le palissage. Cette évolution rend les conditions de traitement « plus hermétiques » ce qui permet à la fois d’améliorer l’effet de turbulence du flux de pulvérisation dans la végétation et de diminuer les phénomènes de dérives dans l’atmosphère. L’autre innovation importante présentée à Vinitech était la nouvelle gamme de Turbipano portés de 600, 800 et 1 000 1. Frédéric Dugué, Anthony Dugué et Patrick Guillory ont eu l’idée de proposer aux viticulteurs disposant de tracteurs fruitiers puissants, des tunnels confinés portés dont les performances en matière de confinement et de qualité de pulvérisation s’avèrent équivalentes aux modèles traînés. Les appareils sont équipés des mêmes cellules de traitements. Les deux panneaux récupérateurs comportent chacun un ventilateur centrifuge qui pulse l’air verticalement au sein de la végétation des rangs. Les Turbipano portés dans leur configuration avec 2 cellules pour 2 rangs (avec 4 ventilateurs centrifuges et l’ensemble des autres besoins hydrauliques) demandent un débit d’huile de seulement 40 1/Mn. Ils peuvent donc fonctionner en utilisant les circuits hydrauliques de la plupart des tracteurs récents. Le montage d’une centrale hydraulique indépendante sur ces pulvérisateurs n’est plus nécessaire ce qui a en réduit le coût de façon significative. Les cellules confinées des modèles portés ont une conception classique avec des plans inférieurs incurvés propices à l’effet de turbulence du flux d’air dans le cœur de la végétation. La rampe de pulvérisation s’adapte à des largeurs de vignes de 1,80 à 3 m pour le modèle 600 1 et de 2 m à 3,20 m pour les modèles 800 et 1 000 1. Au cours du cycle végétatif 2016, une grosse dizaine de Turbipano portés de 600, 800 et 1 000 1 a fonctionné principalement en Charentes et les retours d’expérience semblent positifs. Dans des vignes de 2,50 à 3 d’écartement, l’autonomie des Turbipano portés en pleine végétation est de 5 ha pour le modèle 600 1, 7 ha pour le 800 1 et 9 ha pour le 1 000 1. Les viticulteurs semblent aussi sensibles aux prix de vente plus modestes de ces appareils. Le modèle 600 1 est commercialisé au tarif de base de 25 220 € HT, le 800 1 à 25 920 € ht et le 1 000 1 à 26 620 € HT.


Le tunnel confiné à flux tangentiel de la société Wanner

 

      La société Allemande Wanner réputée pour la qualité de ses fabrications de pulvérisateurs en arboriculture propose un tunnel de pulvérisation confiné ayant une conception nouvelle. Le constructeur a le souhait de développer une gamme d’appareil viticole en utilisant des turbines à soufflerie tangentielle. Un premier prototype de tunnel confiné viticole Wanner a été essayé cette année en Charentes et dans le Bordelais. Il s’agissait d’un appareil dérivé des équipements utilisés pour traiter des haies fruitières et le houblon. La cellule de confinement et le module de pulvérisation tangentiel sont deux éléments dissociés. La soufflerie positionnée à l’avant de l’appareil pulse le flux de pulvérisation à travers la végétation des rangs vers le panneau récupérateur (ayant une forme incurvée) qui est situé sur la face opposée à la source d’air. La forme particulière du panneau crée un phénomène de tourbillonnement du flux de pulvérisation qui est redirigée vers la face opposée des rangs. L’homogénéité du flux d’air tangentiel confère à la pulvérisation une bonne capacité de pénétration. La récupération de bouillie s’effectue à la base des panneaux qui sont fabriqués en acier inoxydable. Le constructeur est en train de développer un nouveau produit destiné aux végétations de vignes denses et hautes.


Un nouveau principe de pompage de la vendange mis au point par la société Sthik

 

      La société Sthik s’est construit une solide réputation dans l’univers du transport et du transfert de la vendange. La PME a toujours misé sur l’innovation pour développer de nouveaux produits fonctionnels qui répondent aux attentes des vinificateurs de toutes les régions viticoles. Marc Lefebure considère que la fabrication des bennes à vendange doit être abordée avec de plus en de technicité car les fonctions associées de transport et de transfert des raisins ont pris une importance grandissante sur le plan qualitatif. Le respect de la qualité de la vendange est à l’origine de la fabrication de la nouvelle pompe à vendange tri-lobes. Le matériel est conçu à partir d’un module de pompage entièrement nouveau ou les traditionnelles ogives ont été remplacées par une étoile à trois lobes plein en matériau alimentaire. Ce système présente l’avantage d’aspirer et de pousser la vendange avec progressivité, douceur et en limitant les phénomènes d’écrasement. L’ensemble des matériaux utilisés pour la fabrication de cette pompe sont alimentaires, un corps en inox usiné, une étoile à trois lobes en PEHD (un matériau utilisé pour la fabrication des bouteilles de lait) ainsi que tous les joints et les bagues d’étanchéité. Le système de rappel du clapet de sortie de la pompe n’est plus actionné par un ressort mais par un élastomère incassable (breveté) qui s’avère plus efficace. Une pré-série de 3 pompes tri-lobes a fonctionné pendant durant les vendanges 2 016 et le constructeur considère que les tests ont été concluants. Le matériel existe en deux modèles, la Y 300 adaptée à des vis de 300 mm( une rotation de 52 tr/mn et un débit de 35 t/h) et la Y 350 adaptée à des vis de 350 mm (une rotation de 35 tr/mn et un débit de 35 t/h). Les pompes à vendanges Tri-lobes Sthik sont commercialisées à un prix proche de celui des pompes à ogives ayant des performances équivalentes.

 


Les pompes à chaleur réversible Cryoflex équipés de compresseur Inverter

 

      Le groupe Chalvignac qui est très connu pour ses fabrications de cuverie inox et d’alambic a développé un pôle d’activité de process thermique qui connaît un fort développement depuis quelques années. Philippe Tizon a constitué une équipe technique de 15 personnes dont la mission est de concevoir et de réaliser des installations et des équipements de maîtrise thermiques dédiés à l’univers viticole. Cette activité intégrée dans la filiale Chalvignac-Process-Thermiques est dirigée par Aurélien Coiffard. Les pompes à chaleur réversibles Cryoflex connaissent une évolution importante avec l’utilisation de compresseur de type Inverter. Ce type de compresseur adapte leur vitesse de fonctionnement et leur puissance en fonction de la demande et des conditions de leur environnement (la température de l’air ambiant). La capacité à pouvoir moduler en permanence la puissance du compresseur améliore la souplesse d’utilisation de la pompe à chaleur et réduit de façon significative les consommations électriques. Ce dernier élément est important durant les vendanges ou le cumul d’utilisation de divers équipements électriques peut poser des problèmes. Les 5 modèles de la gamme Cryoflex (20 kw, 35 kw, 50 kw, 70 kw) qui sont entièrement fabriqués dans les ateliers de Chateaubernard sont des équipements très polyvalents utilisés soit directement sur les produits à traiter, soit comme centrale de production d’eau glacée ou d’eau chaude. L’échangeur en inox 316 leur confère une capacité à travailler sur tous les moûts, les vins, les cognacs et les spiritueux.

 

Un nouveau concept de pressurage à l’essai chez Diemme

 

      La société Diemme a développé un nouveau concept de traitement et de pressurage de la vendange qui fonctionne selon un principe nouveau. Le produit QC 620 est en fait une ligne de pressurage en continu qui associe plusieurs équipements, un égouttoir vibrant, une pompe péristaltique, un pressoir hydraulique et des pompes d’évacuation des moûts. La vendange arrive dans l’égouttoir vibrant qui sépare les jus libres et ensuite elle est reprise par la pompe péristaltique. Cet élément technologique alimente la cage du pressoir hydraulique ou se déroule la phase de pressurage proprement dite. Le drainage de la vendange à l’intérieur de la cage du pressoir est en fait piloté par la vitesse de fonctionnement de la pompe péristaltique qui exerce une pression sur la vendange. Les marcs asséchés sont évacués automatiquement à la sortie du pressoir. Cette nouvelle technologie de pressurage est testée depuis deux ans dans plusieurs pays et un premier essai a eu lieu en Charentes au mois d’octobre. Le constructeur considère qu’actuellement, que le développement technologique de la ligne de pressurage en continu doit être poursuivi.

 

 

                  

 

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