Martell – Service Communication : Caroline Ricard, l’anti bling-bling

26 décembre 2014

Fille, petite-fille, arrière-petite-fille de maîtres de chai (famille Frugier), de Martell elle possédait toutes les clés. Les hasards de la vie l’ont d’abord amené à s’occuper du circuit de visite puis elle est devenue responsable du service « Accueil, visite et relations publiques locales » de la maison de Cognac. En octobre, Caroline Ricard a fait valoir ses droits à la retraite. Sa fonction, elle l’a incarnée avec naturel et élégance, sans ostentation. Caroline Ricard, l’anti bling-bling par excellence.

 

 

p12.jpgDepuis combien de temps étiez-vous chez Martell ?

Je suis entrée dans l’entreprise en 1984, au mois de mars précisément. Voilà 30 ans. Une carrière, une vie, ça passe vite, très vite. En fait, je suis arrivée ici pour se-conder le responsable du circuit de visite, à l’époque Patrick Hériard (Hériard sans Dubreuil, glisse C. Ricard dans un sou-rire). Normalement, mon parcours initial n’aurait pas dû me conduire chez Martell. J’avais entrepris des études de médecine. Et puis je me suis mariée à Cognac et terminer le cursus s’est vite avéré compliqué. Ensuite, les hasards de la vie firent que je me suis retrouvée seule avec trois enfants. J’ai d’abord travaillé à l’office de tourisme de Cognac puis l’opportunité s’est présentée de postuler chez Martell, après un remplacement maternité. Le Cognac, c’est ma matrice, presque une affaire de famille après sept générations de maîtres de chai. Une vraie passion en tout cas. Alors, quand on m’a proposé de travailler pour le Cognac et qui plus est pour Martell ! D’ailleurs, je ne me serai pas vu intégrer une autre marque. J’aurai eu du mal à conjuguer un autre nom que celui de Martell.

Quand vous arrivez, nous sommes encore sous l’ère de René Firino-Martell ?

Oui, le rachat de Martell par Seagram n’interviendra que quatre ans plus tard, en 1988. Et en 2001 Pernod-Ricard rachètera la maison. Même si de bonnes choses se firent sous l’ère Seagram, nous nous sommes sentis d’emblée plus proches des valeurs d’un groupe français comme Pernod-Ricard. Je me souviens très bien de la première visite de Patrick Ricard, à Chanteloup. Il se dégageait de lui un tel dynamisme, une telle empathie. Ce n’était que du bonheur. Quand on parle de grands patrons, il en faisait partie. Bien sûr, l’analogie de nos noms était rigolote. « On a toujours quelque part une cousine de province » m’a-t-il dit en riant lors de notre première rencontre. De tels moments ne s’oublient pas. D’ailleurs, que ce soit avec M. René, M. Patrick, Jack Drounau, Lionel Breton ou M. Morel, j’ai toujours travaillé en bonne intelligence avec la direction. Et je ne suis pas la seule. Car l’une des choses importantes ici, c’est que les portes de la direction sont toujours ouvertes. Chacun peut être écouté, entendu.

Comment conceviez-vous votre travail ?

Je crois m’être montrée assez exigeante, exigeante sur l’image renvoyée à l’extérieur, la perception que les gens pouvaient avoir de la maison, y compris dans les moindres détails… Pour tout dire, que ce soit sur le circuit de visite ou sur un événement, je ne supportais pas un « boulon de travers ». Peut-être me suis-je montrée trop perfectionniste ? Mais nous sommes le dépositaire d’un savoir-faire, d’un artisanat d’excellence. Il faut que la vitrine soit belle. Notre monde est celui de l’industrie de prestige, de l’industrie du luxe mais sans la dimension « bling-bling ». En tout cas, l’ADN de Martell c’est la convivialité, l’image d’une belle marque française sans ostentation. Vous voyez ce que je veux dire – Martell n’est pas une marque « à la mode ». Cela ne l’empêche pas de cultiver les réseaux sociaux, les nouvelles technologies les plus pointues, mais son image dépasse l’écume des jours.

Cette éthique, cet attachement à la marque, les jeunes générations la
possèdent-elle ?

Bien sûr. Par contre, les parcours, les profils évoluent, inévitablement. Des personnes comme moi, ancrées dans le paysage, l’entreprise en a connu, en connaît encore mais elles ont tendance à disparaître. Par nécessité ou par goût, les jeunes générations expriment le besoin de mobi-lité. Elles changent de poste. Dans ces conditions, je ne parlerai pas de détachement aux marques mais d’une autre manière de fonctionner. Pour moi, c’était trop tard et d’ailleurs, je ne ressentais pas l’envie de faire autre chose.

Le département communication doit porter un regard circulaire sur l’entreprise, bien connaître tous ses rouages.

Quelque part, c’est le propre du service. Il joue un rôle de pivot entre les différents départements de la société. Quand une question se pose, le réflexe de nos collègues est souvent de dire : « On va demander aux relations publiques ! ». A la boutique, dans les programmes de visites organisées pour les journalistes, les commerciaux, les « brand ambassadors », nous voyons défiler toute l’entreprise. Nous de-vons être en bons termes avec l’équipe réceptive de Chanteloup, en bons termes avec les membres des autres services car nous nous appuyons sur eux.

Comment se gère un tel service ?

C’est forcément un travail d’équipe. Sans équipe, on ne fait rien. Et moi, j’étais très très équipe. Au sein du service, voilà des années que nous fonctionnons sur trois postes fixes : une assistante Relations publi-
ques/Evénementiel, Aurore Nadaud, dans l’entreprise depuis 2011 ; Jocelyne Bou-yer, assistante administrative et juridique, depuis longtemps dans le service ; et moi même. Au pic de la saison touristique, nous recrutons une dizaine de salariés temporaires, guides pour la plupart. Et puis nous avons toujours pas mal de stagiaires. Pour eux, nous rejoindre pendant quelque temps représente une opportunité. Pour nous, faire appel à des gens jeunes, dynamiques, actifs correspond à une nécessité dans notre domaine d’activité. Très vite, se révèle le potentiel des personnes, leur réactivité, leur polyvalence.

En tant que responsable du service « Accueil, visite et relations publiques locales », de quoi vous occupiez-vous précisément ?

Comme le laisse entendre l’intitulé du poste, je faisais le lien entre les différentes facettes de la communication locale : circuit de visites, boutique, programmes de visites spécifiques, organisation d’événements locaux, de réunions comme celle de la Sica UVPC, participation au festival Blues Passions… Même si la formule est pompeuse, on va dire que le service a pour mission de veiller « au rayonnement de Martell sur Cognac et sa région ». Ainsi, pour les cent ans de Cordon bleu, nous étions-là, même si c’est une agence parisienne qui se chargea d’organiser les festivités. Mais nous avons assuré l’interface avec les partenaires, les entreprises locales. Même chose pour le lancement, en septembre dernier, de « Premier voyage », l’un des Cognacs du tricentenaire.

Et demain, que va-t-il se passer ?

Si vous parlez du service, l’année 2015 devrait se traduire par une certaine réorganisation, en phase avec une refonte plus globale de la communication Martell. Il est encore un peu tôt pour en parler. Surtout, c’est du ressort d’Élisabeth Ricard qui, depuis 2001, fut toujours mon N + 1, celle à qui j’ai toujours « reporté ». A titre personnel, je vais sans doute bouger un peu, faire de nouvelles choses mais mes racines sont là, à Cognac. C’est dans cette ville, dans cette région que mon « voyage » va se poursuivre.

 

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