Organisation de campagne 2012-2013

23 octobre 2012

La région de Cognac s’attend à une récolte déficitaire, autour de 90 hl vol./ha. Par rapport à l’an dernier, pas de changements notables de la réglementation de campagne, si ce n’est des ajustements à la marge pour compenser la baisse annoncée des rendements. Pour la première fois peut-être, la réserve climatique va démontrer son utilité. La grande question du jour : les conditions de sortie de la réserve climatique.

 

 

p6.jpgLa réserve climatique attire tous les regards, concentre toutes les attentions, déclenche tous les appétits…. Dans une économie du Cognac qui tire fort – encore + 4,3 % fin juillet – comment se résoudre à une « petite » récolte ? Mais d’ailleurs, peut-on parler de « petite récolte » ? A la mi septembre, les techniciens de la Station viticole du BNIC se gardaient bien d’être aussi péremptoires. A quelques semaines des vendanges, comment savoir si une pluie bienfaisante n’allait pas venir gonfler les raisins ? Si un grand beau temps par derrière n’allait déclencher la prise d’un degré ou deux ? Pour autant, en l’état de leurs estimations de la mi-septembre, ce que les techniciens pronostiquaient, c’était une récolte autour de 90 hl vol (entre 80 et 100 vol). En alcool pur et selon les degrés, on pourrait imaginer la récolte se « balader » entre 8 et 9 hl AP/ha. A titre de rappel, pour le Cognac, le rendement annuel maximum autorisé de la récolte 2012 a été fixé de longue date à 10,83 hl AP/ha (sans réserve de gestion). Pour cette campagne, le grand mot d’ordre est donc de com – pen – ser le déficit de rendement constaté entre la récolte réelle et le rendement autorisé. Comment ? Par la mobilisation de la réserve climatique, d’ailleurs faite pour cela.

La réserve climatique mode d’emploi

Un peu d’histoire et quelques chiffres

La réserve climatique a été mise en place en juillet 2008. L’année 2012 coïncidera donc avec sa cinquième récolte.

On sait que, au fil de ces années, 2 800 viticulteurs ont souscrit à l’outil, tant parmi les bouilleurs de cru à domicile que les bouilleurs de cru à façon (qui font distiller leur vin). Toutes ces personnes disposent de réserve climatique, en quantités variables. En cumulé, dans la région, le volume de réserve climatique atteint 176 000 hl AP.

Dans quels cas peut-on libérer de la réserve climatique ?

Le cas de sortie le plus classique – qui colle à la situation actuelle – concerne le déficit de récolte. La réserve climatique sert à abonder le rendement maximum annuel autorisé. En clair, pour cette récolte, il est possible de débloquer de la réserve climatique à concurrence du rendement Cognac de 10,83 hl AP/ha (si tant est que l’on dispose des volumes de réserve climatique suffisants). A noter que le viticulteur n’est pas obligé de tout compenser, même s’il dispose des volumes disponibles.

Comment faire pour débloquer de la réserve climatique ?

Passage obligé. Il faut remplir une demande type de sortie de réserve climatique et l’adresser au BNIC. Il s’agit d’une étape obligatoire. Cette formalité s’assortit d’une date butoir : le 15 décembre 2012. Les ressortissants (bouilleurs de cru à domicile comme bouilleurs de cru à façon) recevront prochainement du BNIC l’imprimé prévu à cet effet (sans doute courant octobre, avec le Schéma d’avenir et l’organisation de campagne). Le conseil de Céline Rayer, responsable du service Viticulture au Bureau national du Cognac : « Même si vous n’êtes pas sûr d’être en déficit, mieux vaut remplir un formulaire pour rien que de ne pas le faire. » A ce stade, les viticulteurs n’ont pas à se préoccuper des volumes. Il s’agit juste de prendre date, en expédiant le formulaire de demande. A noter que les viticulteurs multi-crus devront envoyer une demande par cru.

Calcul du déficit de récolte éventuel – Principe général

Après réception de la demande du viticulteur, les services du BNIC réalisent une première approche, à partir de la déclaration de récolte (déposée avant le 25 novembre). La récolte des vignes Vin Blanc Cognac (quelle que soit sa destination, Cognac, Pineau, Vins de pays, Autres débouchés) est divisée par la surface correspondante. En ressort un volume, exprimé en alcool pur. La comparaison entre ce volume et le rendement maximum autorisé (les 10,83 hl AP/ha) donne le « potentiel maximum à sortir ». Commentaire de Janine Bretagne – « Il s’agit du curseur de départ du calcul de l’abondement possible de la réserve climatique ». Attention cependant ! Ce chiffre n’est pas à prendre « au pied de la lettre ». Il a juste valeur indicative.

Car le déficit de récolte s’apprécie au regard des volumes Vin Blanc Cognac livrés ou mis en œuvre. Ce qui suppose de déduire les pertes de rendement : marcs, lies, « freintes » (pertes de distillation sur le Cognac). Pour sortir son volume de réserve climatique, si le viticulteur se basait sur le chiffre du BNIC, il se retrouverait à coup sûr en dépassement de rendement.

A noter que le déblocage de la réserve climatique se fait sous la responsabilité du bouilleur de cru. Il lui appartient donc d’estimer au plus près son rendement Vin Blanc Cognac livré ou mis en œuvre, avec l’aide éventuelle de son courtier, de son bouilleur de profession…

La problématique des lies

Le problème a été soulevé en janvier-février 2012. Les professionnels se sont engagés à le régler lors de cette campagne, pour éviter des discriminations entre opérateurs. De quoi s’agit-il ?

Par rapport au déblocage de la réserve climatique, le viticulteur livrant ou distillant sans lies se trouve désavantagé par rapport à celui qui livre ou distille avec lies.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui distille ou livre ses vins avec lies. En 2012, il déclare 10 ha à 100 hl vol./ha à 10 % vol. Cela signifie que, potentiellement, il pourra libérer 8,3 hl AP de réserve climatique (108,30 – 100 hl AP).

Si ce même viticulteur, en distillant ou livrant sans lies, ne mettait en œuvre que 9,5 hl AP/ha (95 hl vol./ha à 10 % vol.), par rapport au rendement de 10,83 hl AP/ha, son déficit réel s’élèverait à 1,33 hl AP/ha, soit 13 hl AP sur 10 ha. Mais si le calcul était plafonné à un déficit de 8,3 hl AP (par non prise en compte de la destruction des lies), le viticulteur enregistrerait un manque à gagner de 4,7 hl AP (13 – 8,3) vis-à-vis de son collègue livrant avec lies.

C’est pour remédier à une telle situation que la profession a souhaité intégrer la composante lies dans le calcul des volumes à sortir au titre de la réserve climatique. Se pose maintenant la question de la procédure de traitement de ces lies dans la déclaration de récolte. Faut-il opter pour un volume forfaitaire de lies ou un volume estimé ? Réponse dans le prochain Schéma d’avenir viticole du BNIC, qui publiera la réglementation de campagne. En tout état de cause, pour tous ceux qui distillent ou livrent des vins sans lies, la colonne « lies » de la déclaration de récolte mérite d’être remplie. De quelle façon ? Se référer aux informations complémentaires à venir.

Sortie de réserve climatique

Doivent sortir en priorité les plus anciennes réserves climatiques, c’est-à-dire les 2008 et 2009.

Excédents Cognac : pas de jus de raisin au-delà du rendement Cognac
Pour ceux qui auraient la chance de dépasser les 10,83, le principe veut que ces excédents aillent à la destruction, dans la stricte observance des règles posées par le Plan Zonta, sans possibilité de produire des jus de raisins au-delà du rendement Cognac. Gageons simplement que les volumes envoyés à la destruction seront infinitésimaux cette année. Ils étaient déjà rarissimes les autres années.

 

 

Pineau : possibilité d’utiliser la réserve de gestion Cognac
Ce fut déjà le cas l’an passé. Les élaborateurs de Pineau ont la possibilité d’utiliser la réserve de gestion Cognac constituée en 2011 pour muter leurs moûts Pineau de la récolte 2012. Seule condition : le faire sur la base du rendement Cognac « plein », c’est-à-dire les 11,02 hl AP/ha de l’an dernier (9,52 de rendement libre + 1,5 de réserve de gestion). En terme d’utilisation de la réserve de gestion 2011, cela se traduit par un taux forfaitaire de 13,61 %. (Pour mémoire, sur la récolte 2011, le taux s’élevait à 5,26 %, compte tenu du volume de réserve de gestion 2010 [0,5 hl AP/ha]). Se rapprocher du Syndicat du Pineau pour des explications complémentaires.

 

 

Plan de campagne

Rendement Cognac 2012 : 10,83 hl AP/ha, sans réserve de gestion
L’absence de réserve de gestion signe la grosse différence par rapport à l’an passé. Sur la récolte 2011, le rendement libre, de 9,52 hl AP/ha, s’assortissait de 1,5 hl AP/ha de réserve de gestion (1 hl AP/ha déblocable en compte 4 et 0,5 en compte 10). Cette année, le rendement libre, directement commercialisable, s’élève à 10,83 hl AP/ha.

Rendement Pineau 2012
Le rendement « produit fini » du Pineau des Charentes passe cette année à 42 hl vol./ha (contre 37 hl vol./ha l’an dernier). Par ailleurs, la réserve de gestion est ramenée à 10 hl vol. (contre 15 hl vol. l’an passé). Concernant le Pineau, ce sont les deux évolutions notables. Ainsi :
− Rendement moût Pineau 2012 : 85 hl vol./ha, dont 10 hl vol./ha de réserve de gestion.
− Rendement produit fini : 42 hl vol./ha.

Rendement Vins de pays charentais : sans changement
Les rendements des Vins de pays charentais et de l’Atlantique s’inscrivent dans la continuité.
− Vins de pays charentais blanc, rouge et rosé : 90 vol./ha + 10 hl vol./ha de marcs, bourbes, lies et non-vins éventuels.
− Vins de pays de l’Atlantique blanc, rouge et rosé : 120 hl vol./ha + 10 hl vol./ha de marcs, bourbes et lies.

Rendement des « Vignes autres » : le modus vivendi
Une règle de « bonne conduite » existe sur le rendement des « vignes autres » : 250 hl vol./ha pour les cépages double fin et 180 hl vol./ha pour les autres. Bien sûr, c’est l’état physiologique de la vigne qui sert de curseur.

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Commentaires déclaration de récolte
➊ L’an dernier, la colonne « lies » du cadre Cognac apparaissait en grisée sur la Déclaration de récolte. Le volume des lies n’était
pas à consigner. Cette année, cette colonne est « dégrisée », pour pouvoir intégrer les lies dans le calcul des sorties de réserve
climatique. Sont concernés les viticulteurs qui livrent ou distillent des vins clairs (sans lies). Le protocole de prise en compte des lies reste à préciser.
➋ Dans la mesure où le calcul de la réserve climatique s’effectue cru par cru, la déclaration de récolte s’adapte. Au lieu de retenir un degré moyen des vins de l’exploitation, elle prévoit la différenciation des TAV par cru.
➌ ➍ Selon une modification nationale et douanière, l’intitulé « Lies » est modifiée en « Distillation ou usages industriels ». Cela ne change rien au fond.
➎ ➏ Rappel – Toutes les modifications de structures qui apparaissent dans ce cadre doivent avoir une explication dans le cadre juste au-dessus. 

Rappel concernant la déclaration de récolte

Les surfaces à retenir pour le calcul du rendement Vins blancs Cognac

Pas de changement par rapport aux années précédentes. Comme toujours, il faut viser l’exactitude lors du remplissage de la D.R., au risque de se retrouver hors des clous pour le calcul du rendement et donc de la sortie de la réserve climatique. Rappel :
– Les vignes Cognac, Pineau et Vins de pays charentais sont considérées en production à partir de la 3e feuille.
– Les vignes « autres débouchés » entrent en production dès la 2e feuille.
Attention ! Les plantations anticipées, par nature, ne portent aucune récolte, quel que soit leur nombre de feuilles. C’est souvent source d’erreur sur la déclaration de récolte.

Un TAV moyen par cru

Cette année, la déclaration de récolte évolue. Un nouveau cadre prévoit un TAV moyen par cru, au lieu de l’habituel TAV moyen de l’exploitation. C’est la traduction de la mise en œuvre de la réserve climatique qui se raisonne cru par cru, dénomination géographique par dénomination géographique : Grande Champagne, Petite Champagne, Fins Bois, Bons Bois… s’expriment aussi en alcool pur (volume par le degré). Conséquence : sur de grosses structures particulièrement, le titre alcoométrique volumique est parfois difficile à enregistrer. D’où, par le passé, des degrés parfois « fantaisistes » sur la déclaration de récolte. Par rapport à l’objectif « climatique », il est souhaitable de cerner au plus près le degré de ses vins.

Réserve climatique : la perspective des 7 hl AP/ha
A ce jour, elle ne peut toujours pas dépasser 5 hl AP/ha en cumulé, par dénomination géographique (par cru). Toutefois, l’interprofession du Cognac a émis la demande de la porter à 7 hl AP/ha, pour la campagne en cours. La proposition est à l’étude. Affaire à suivre.
Contenant neutre
Pas de changement sous le soleil. La réserve climatique doit être logée dans un contenant neutre (inox) et non sous bois.
Les possibilités de sortie de la réserve climatique
On en dénombre deux : la sortie pour déficit de récolte et la sortie de réserve climatique pour événements ayant le caractère de « force majeure », par nature imprévisible : décès ou autres. Ces situations doivent faire l’objet d’une demande écrite au BNIC qui les examine au cas par cas.
Rappel – La cessation d’activité ou la cession d’exploitation, totale ou partielle, ne donnent pas lieu à libération de la réserve climatique, dans la mesure où ces événements peuvent s’anticiper. Concrètement, la solution consiste à intégrer la réserve climatique dans le rendement commercialisable des années précédant la cession ou la cessation. Seule exception en cas de reprise de l’exploitation par un ayant droit : la réserve climatique suit l’exploitation.
Climatique livrée en trop
La sortie « en trop » de climatique s’assimile à un dépassement de rendement. Deux manières de le traiter : soit l’on diminue les quantités revendicables l’année suivante, à due concurrence des volumes livrés en excédent ; soit, éventuellement, les volumes en cause sont détruits.
En cas de récidive lourde, le ressortissant se verrait priver de la possibilité de constituer de la réserve climatique sur les cinq campagnes qui suivent (accord interprofessionnel relatif à la réserve climatique).

Déclaration d’affectation 2012 – Les chiffres
Déclaration d’affectation 2012
Les chiffres
• Vignes Cognac : 72 790 ha.
• Vignes « Moûts Pineau des Charentes » : 1 087 ha dont 453 ha CDF*, 33 ha Cépages blancs autres, 601 ha Cépages rouges (1).
• Vignes « Vins de pays charentais et de l’Atlantique » : 1 581 ha, dont 40 ha CDF.
• Vignes « Autres débouchés » : 2 300 ha dont 1 092 ha CDF.
En Charentes, en 2012, sur un vignoble total de 77 824 ha (tous cépages confondus), l’affectation Cognac a concerné 93,5 % des surfaces (98 % des surfaces si l’on ne retient que les cépages double fin).
* CDF : cépages double fin.
(1) L’affectation « moûts Pineau » s’effectue à l’échelon de deux années : 2011 pour 2012, 2012 pour 2013… En 2012, les producteurs ont affecté pour 2013 1 061 ha de vignes « moûts Pineau ». Avec les ha Cognac qui servent à muter les moûts, le Pineau mobilise la production de 3 000 à 3 500 ha.

 

 

 

 

 

 

Prestations viniques
En dépit de la petite récolte annoncée, le principe reste toujours le même : l’obligation de livraison des sous-produits de la vinification (marcs et lies). Cependant, existent quelques cas d’exemption concernant le Cognac et le Pineau.
• Pour ceux qui distillent ou font distiller avec lies, le Cognac continue « d’apurer les lies ». La distillation des lies peut couvrir jusqu’à 10 % de la récolte, soit le taux plein des prestations viniques, qui s’élève à 90 cl d’AP/hl de vin vinifié (10 % de la récolte au degré forfaitaire de 9 % vol.).
• Ceux qui ne distillent pas ou ne font pas distiller avec lies restent assujettis à l’obligation de livraison des prestations viniques. Cette obligation s’applique sans changement : livraison de 8 % de marcs et 2 % de lies.
• A noter que les prestations viniques sont prises à l’intérieur du rendement Cognac pour ceux qui ne dépassent pas ce rendement (sans doute les plus nombreux cette année).
Pour les autres, les prestations viniques peuvent être prises au-delà du rendement Cognac.
• Depuis la récolte 2011, le Pineau est officiellement exempté de la livraison des lies. Par contre les moûts Pineau restent redevables de la livraison au titre des marcs (8 % en blanc, 5 % en rosé).
• Moûts de vinification – Les taux applicables sont les suivants :
– Vins de pays blanc : 8 % de marcs et 2 % de lies
– Vins de pays rouge, 5 % de marcs et 5 % de lies
– Vins « Autres débouchés, 5 % de marcs et 5 % de lies
Quand le viticulteur n’est pas le vinificateur, il n’est assujetti qu’à la livraison des marcs, la livraison des bourbes et lies incombant au vinificateur.

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