Maladies Du Bois : Une Année 2007 à Impact Fort

15 mars 2009

bras_de_ceps_touch_pa_opt.jpegL’observatoire aquitain des maladies du bois est circonscrit à la Gironde. Comme chaque année, les notations ont été assurées à 75 % par les techniciens de la chambre départementale d’agriculture ou assimilés (ADAR, URAB, ASCAR). Le reste des notations a été assuré par le SRPV et une technicienne du lycée agricole de La Tour Blanche. La synthèse des données est élaborée par le SRPV.

 

 

 

 

des données toujours délicates à analyser

Les données de synthèse sont portées dans les tableaux n° 1 (proportion de parcelles atteintes), n° 2 et n° 3 (proportions de ceps atteints ou non).

La caractérisation des parcelles est partielle (cépage, mode de conduite, type de sol, pratiques culturales) et trop de données sont souvent inconnues ou difficiles à évaluer (porte-greffe, clones, alimentation hydrique, vapeur…). Ceci maintient toujours délicate l’interprétation des tableaux et graphiques.

Cet observatoire présente cependant toujours le même intérêt quant aux tendances générales qu’il présente. En 2007, certains chiffres sont clairs :

– Augmentation nette de l’impact de l’esca/bda.
– Chute du taux de complantation (de 4 à 1,7 %) et spécialement en Cabernet Sauvignon.
– Diminution par 2 du recépage (0,4 %).
– Disparition (ou effacement) des autres symptômes (0,2 %).

la situation globale par cépage

Les trois cépages observés sont le Merlot, le Sauvignon et le Cabernet Sauvignon.

En 2005, une forte progression des parcelles présentant au moins un pied exprimant les symptômes fut observée.

En 2006, cette progression n’est plus observée que pour le Sauvignon et uniquement en ce qui concerne l’eutypiose. En 2007, toujours plus de parcelles de Sauvignon sont concernées (96 %).

Quand on s’intéresse aux symptômes totaux – c’est-à-dire à la proportion globale de pieds effectivement touchés sur l’ensemble de l’observatoire – la situation doit être encore une fois nuancée. On observe par exemple une diminution sensible du nombre de ceps complètement atteints chez le Sauvignon et inversement une forte augmentation du nombre de ceps atteints partiellement (cf. tableau 3).

En ce qui concerne l’eutypiose, les variations moyennes restent limitées et à priori non significatives, en dépit de fluctuations annuelles toujours très marquées pour le Sauvignon (mais ce sont les parcelles les plus concernées par les travaux de complantation). En revanche, les proportions prises par l’esca deviennent importantes en ce qui concerne le Cabernet Sauvignon (6,2 %, le double de l’année dernière) et très importantes en ce qui concerne le Sauvigno (11,1 %).

Dans le même temps, on note un essoufflement du taux de complantation qui atteint son plus bas niveau depuis 2003 avec un impact direct sur la proportion de pieds sains, également à bas niveau (86 %) et spécialement pour le Sauvignon en fin de campagne lorsque les symptômes d’esca-bda se sont exprimés (81 %).

Un point positif tout de même cette année, la proportion de ceps atteints par d’autres symptômes (viroses, carences…) est en forte diminution (divisée par 5). Le Cabernet Sauvignon qui présente habituellement la plus forte proportion d’autres maladies est très peu concerné cette année dans notre observatoire. Mais cela est à relativiser par le poids de l’esca/bda qui contribue à masquer l’expression des viroses, carences ou excès divers.

quelques éléments d’analyse de l’évolution globale
graphique_1_et_2.jpg
Eutypiose

Depuis 2005, le graphique n° 1 met en évidence une stabilisation de la proportion de parcelles touchées par l’eutypiose en ce qui concerne le Merlot et le Cabernet Sauvignon. En ce qui concerne le Sauvignon, on peut désormais considérer qu’il n’existe pas de parcelle où l’eutypiose ne s’exprime pas sur au moins un cep, sans pour autant que cela impacte significativement la récolte. L’expression des symptômes d’eutypiose est bon an mal an à peu près constante dans les parcelles (graphique n° 4).

Esca et/ou bda

Le graphique n° 2 indique une stabilisation de la proportion de parcelles touchées par l’esca/bda. Le Merlot qui enregistrait une baisse régulière a retrouvé son niveau de 2003 et les deux autres cépages semblent se maintenir au même niveau que les deux dernières années.

Les moyennes pluri-annuelles sont les suivantes : Merlot 56 % de parcelles touchées, Cabernet Sauvignon 74 %, Sauvignon 92 %.

Le Sauvignon confirme toujours son extrême fragilité, la proportion de ceps touchés par l’esca/bda a doublé depuis 2003 (de 5 à 11 %) et l’évolution 2006-2007 est préoccupante pour le Cabernet Sauvignon.

Les pieds sains
graphique_3_4_5.jpg
S’agissant de la proportion de pieds sains, le graphique n° 3 indique une légère augmentation depuis 2003 pour le Merlot et le Cabernet Sauvignon, et même pour le Sauvignon après une forte chute entre 2003 et 2004 (effet sécheresse ?). L’année dernière nous écrivions que ce phénomène n’est pas lié au seul impact du taux de complantation et doit également être analysé avec la saisonnalité de l’apparition des symptômes d’esca/bda.

La forte proportion de pieds sains de Merlot (87 %) indique un bon état sanitaire général pour ce cépage. Mais le fléchissement de cette année doit être pris en compte. Ceci d’autant plus que le Merlot se caractérise par un taux de complantation assez stable. Il est vraisemblable que les pieds plantés les quatre dernières années aient exprimé des symptômes rapidement…

La proportion de pieds sains reste préoccupante pour les deux autres cépages étudiés, avec un impact économique et qualitatif (hétérogénéité de l’âge des ceps) renouvelé.

La proportion moyenne de pieds sains confirme son niveau de 2003. Ce retour est dû à la complantation pluri-annuelle (et au recépage sur Sauvignon) après un « effet sécheresse 2003-2004 » assez net lié à l’alimentation hydrique insuffisante des souches.

Proportions de ceps atteints

Les graphiques 4 (eutypiose) et 5 (esca/bda) mettent en évidence des comportements différenciés des trois cépages.

Le Sauvignon

Il est de plus en plus concerné par l’esca et/ou le bda et la proportion de pieds atteints par l’eutypiose retrouve le niveau de 2005 et 2003. Si « l’effet masque » des autres champignons se confirmait, cela signifierait que ce cépage est sans doute plus marqué par l’eutypiose qu’on ne peut le noter.

La proportion de ceps atteints par l’esca/bda prend des proportions considérables (plus de 10 %). Par ailleurs, contrairement à 2004 où on observait une augmentation des symptômes partiels, en 2006 l’augmentation a porté sur les symptômes totaux (liés à la climatologie orageuse ?), en 2007 c’est à nouveau l’inverse qui se produit.

En outre, la proportion de ceps morts ou manquants est la plus forte pour le Sauvignon : 7,7 %.

Le Cabernet Sauvignon

Il enregistre une progression des symptômes d’esca/bda et une stabilisation de ceux de l’eutypiose.

Mais, à la différence du Sauvignon, on observe une prédominance des symptômes partiels en ce qui concerne l’eutypiose. Ceci conduit à relativiser l’impact de cette maladie.
tableau_1_et_2.jpg
tableau_3.jpgLe Merlot

Les proportions de pieds atteints qui restaient stables (autour de 1 % d’esca/bda et moins de 1 % pour l’eutypiose) ne sont plus d’actualité pour l’esca/bda, les symptômes sur Merlot ont doublé cette année.

Cet affaiblissement peut encore être toléré et compensé, en cas de mortalité effective, par de la complanration (la proportion de ceps morts ou manquants dans les parcelles de Merlot restant la plus basse).

Conclusion

On peut donc conclure, de façon plus franche que l’an dernier, que c’est une fragilité intrinsèque du Sauvignon qui l’expose davantage aux maladies du bois, puisque les fluctuations restent faibles pour les deux autres cépages (les difficultés du Cabernet Sauvignon ne concernent véritablement que 2007).

Il semble assez net que le Sauvignon soit plus sensible aux variations du climat et spécialement de l’alimentation hydrique.

Une étude approfondie des conditions pédologiques, géologiques et hydriques d’implantation de ce cépage (et des porte-greffes qui le supportent) semble derechef opportune.

En ce qui concerne l’eutypiose, elle est globalement stabilisée après des signes de régression et son étude doit être dissociée des syndromes esca/bda. En revanche, l’augmentation de la proportion de parcelles touchées en Sauvignon confirme la fragilité générale de ce cépage.

Le Sauvignon mérite donc une étude toujours plus approfondie.

rappel des règles de prophylaxie

Les mesures prophylactiques contre les maladies du bois consistent à faire disparaître les réservoirs d’inoculum :
– repérer et marquer les souches atteintes en saison ;

– arracher les souches totalement contaminées ;
– recéper les pieds susceptibles de l’être ;
– enlever les ceps et les bras morts hors de la parcelle et les brûler.

La prophylaxie peut également consister à limiter les risques de contamination :
– sélectionner scrupuleusement les plants issus des pépinières ;
– éviter les grosses plaies de taille ;
– hiérarchiser l’ordre de taille des parcelles : des parcelles les plus saines aux parcelles les plus sensibles.

Bulletin technique des Stations d’Avertissements Agricoles (n° 21 du 12 décembre 2007)

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