Un Nouveau Président

24 février 2009

bernard.jpgBernard Peillon, nouveau P-DG d’Hennessy, a pris ses fonctions le 8 janvier dernier. Il remplace Patrick Sauvageot. Se qualifiant lui-même « d’homme de terrain », Bernard Peillon affiche 25 ans de carrière dans les vins et spiritueux dont une bonne part chez LVMH, dans la branche Champagne du groupe.

 

 

 

Homme du sérail, Bernard Peillon ? Sans doute. Alors que ses récents prédécesseurs à la tête de la maison de Cognac – Roland de Farcy (2002-2004), Patrick Sauvageot (2004-2006) – venaient d’univers différents de celui des vins et spiritueux, le nouveau P-DG d’Hennessy a fait l’intégralité de sa carrière dans le secteur et travaille depuis 1994 au sein de LVMH. Christophe Navarre, président de la branche vins et spiritueux du groupe, présent le 8 janvier dernier à Cognac pour accueillir le nouveau dirigeant d’Hennessy, a d’ailleurs parlé de B. Peillon comme d’un « vieux complice ». En guise d’explication à sa venue, il s’est borné à évoquer la promotion interne. Dans la même veine, Bernard Peillon a esquissé la nature des relations qui le liaient à Christophe Navarre et Gilles Hennessy. « Dans le Champagne, j’ai travaillé avec Christophe Navarre et je fus l’adjoint direct de Gilles Hennessy en tant que président de Ruinart. On se connaît. Ils connaissent mes forces et mes faiblesses. Ils savent que je ne suis pas un “tordu”. Je fonctionne en totale transparence. Je fais ce que je dis et je dis ce que je fais, en toute simplicité. Je crois que dans le monde des affaires, c’est une qualité appréciée. »

HOMME DE TERRAIN

Né en septembre 1956, le nouveau P-DG d’Hennessy a donc 50 ans. Ses premières armes, il les a faites auprès de son oncle, qui possédait une propriété dans le Sauternais, château Ruissec. « C’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier. » Bernard Peillon se qualifie « homme de terrain », connaissant bien la vigne. Pas jusqu’au point d’y prendre souche cependant. L’international le apte. Il crée une winerie de vins effervescents dans le nord de la Californie, travaille comme responsable export, directeur commercial et marketing dans de nombreux pays. Cependant, les Etats-Unis restent son point d’ancrage. Il y résidera dix ans, au terme de trois séjours successifs, un laps de temps suffisant pour s’imprégner des codes du premier marché mondial des vins et spiritueux. Après avoir assuré les fonctions de directeur du commerce international de Moët et Chandon, B. Peillon se taille une expérience européenne en Italie, où il pilote le

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Bernard Peillon et Christophe Navarre.

portfolio de Moët-Hennessy. « Même s’il ne s’agissait pas d’un marché majeur, j’ai pu plonger au cœur des marques et comprendre leurs systèmes de valeurs. C’est ainsi que j’ai connu Hennessy de l’intérieur. Je crois pouvoir dire que je possède une bonne vision du réseau d’hommes et de femmes sur lequel repose le développement d’Hennessy. » Depuis trois ans, Bernard Peillon était le président – semble-t-il comblé – de Ruinart, qu’il présente comme « la plus ancienne (1729) et la plus belle des petites maisons de Champagne ». « J’y étais énormément attaché » précise-t-il. De manière assez compréhensible, le nouveau P-DG d’Hennessy n’a pas souhaité commenter le départ de Patrick Sauvageot : « le passé est le passé ». Il a par contre indiqué qu’il « serait beaucoup présent à Cognac ». Quant à son rôle, il a laissé filtrer qu’il le concevait dans sa globalité. « Chez Ruinart, a-t-il dit, je m’occupais beaucoup de la politique d’amont. » A Cognac, il n’a manifestement pas l’intention de se désintéresser non plus de la partie commerciale. « La politique commerciale constitue l’âme d’une maison. Les décisions stratégiques se prendront ici, sinon je serais un polichinelle. » Il a annoncé un ton franc et direct, peut-être dû à son immersion américaine, qui l’incite à « positiver ». Si Bernard Peillon déclare ne pas afficher d’ambitions personnelles – « Je suis marié depuis 24 ans, j’ai 6 enfants. Je n’arrive pas à Cognac pour briller mais avec sérénité » – il n’en manque pas pour la marque. « Hennessy est déjà l’un des fleurons de LVMH. Je suis là pour gagner. Mon but est de conforter la maison Hennessy partout dans le monde. Et de faire qu’ici, en Charentes et à Cognac, elle joue pleinement son rôle de maison citoyenne. Nous voulons une maison forte dans une région forte. Je m’y emploierai, en bon marathonien que je suis, habitué à développer des qualités d’endurance et de volonté. »

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