Valérie Lebrec, maître-verrier (vitrailliste)

7 janvier 2015

Valérie Lebrec travaille le verre et le plomb, l’opacité et la transparence, pour faire renaître ou pour donner vie à ces magiciens qui apprivoisent et subliment la lumière, les vitraux.

p38.jpgPour restaurer des vitraux ou pour en créer de nouveaux, Valérie Lebrec fait montre d’un grand savoir-faire, et de beaucoup de créativité, afin de marier des matières premières très simples – du verre et des baguettes de plomb qu’elle travaille à l’aide d’un prosaïque fer à souder – et les orner de ces teintes aux noms énigmatiques, grisaille, jaune d’argent, carnation Jean Cousin, qui laissent ou non passer la lumière, en fonction de la face du verre sur laquelle elles sont posées.

Un professionnalisme indispensable

Est-elle maître-verrier ou vitrailliste… La question est de peu d’intérêt pour Valérie Lebrec. Ce qui lui importe en revanche c’est ce que l’on met derrière ces mots : « Vitrailliste, explique-t-elle, c’est un métier très spécifique, mais on n’a pas besoin de diplômes pour l’exercer. Il existe pourtant des formations diplômantes… mais, sans les avoir suivies, n’importe qui peut ouvrir un atelier et se bombarder vitrailliste ou maître verrier ! »

Avant d’ouvrir l’atelier des vitraux Saint-Louis pour exercer la profession qu’elle avait choisie, Valérie Lebrec a pris le temps de se former, pendant 4 ans. Mais ça c’était dans la « seconde partie de sa vie », car Valérie avait déjà un Bac plus 5 en transport logistique et droit international : « A l’époque où j’ai fait mes études, choisir un métier manuel, même artistique, pour mes parents c’était hors de question ! Mais je ne regrette pas, le droit c’est bien utile quand on dirige une entreprise… » Elle travaille donc quelques années à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle avant de décider de vivre une autre vie, et de faire ce dont elle avait vraiment envie « mais pas comme un loisir et surtout pas en dilettante ». Valérie passe tout d’abord un an dans l’atelier d’un vitrailliste parisien, « Je voulais m’assurer que je pourrais exercer ce métier de façon pérenne » avant d’entamer 3 ans de formations complémentaires (Cycles I, II, III en conservation et restauration du patrimoine. Formation technique, physique et chimique du verre). Un parcours essentiel à ses yeux, mais pas toujours simple : elle vit à Rochefort, les formations se déroulent à Paris et financièrement, elle ne dispose que d’une toute petite bourse pour l’aider. En parallèle elle commence à travailler seule chez elle, pour se perfectionner, mais aussi pour pouvoir montrer ce qu’elle sait faire.

C’est en novembre 2005 qu’elle crée son entreprise et qu’elle commence à démarcher avec les travaux qu’elle a réalisés. « Travailler avec ses propres finances, sourit-elle, ça décuple le culot ». Les commandes arrivent assez vite, et en 2006 elle obtient même un prix de la création d’entreprise. Au début, elle travaille surtout avec les mairies – elle réalise de nombreux chantiers à La Rochelle et Rochefort – puis le bouche à oreille se met à fonctionner et elle commence aussi à toucher des clients particuliers, du nord de la Vendée au sud de la Gironde.

Des statues vivantes

Jusqu’à l’année dernière, c’est à la restauration qu’elle consacre le plus clair de son temps. En 2013, l’envie de créer ses propres œuvres revient en force et Valérie commence à travailler des pâtes de verre et de cristal, desquelles naissent des bijoux multicolores, et des statues qui semblent se libérer de leurs liens de plomb, des visages dont les yeux vous suivent, dont l’expression change, par la magie du cristal et le talent de la créatrice.

Dans les mois qui viennent, Valérie Lebrec souhaite dégager du temps pour ces nouvelles pistes de création, sans pour autant arrêter la restauration qui la passionne et dont elle défend l’indispensable niveau de qualité : « Comme il n’y a pas vraiment de législation, des marchés sont remportés sur des prix très bas par des gens qui n’ont pas le niveau nécessaire et la qualité est très souvent bradée… c’est d’autant plus incompréhensible que la France a la chance de posséder 60 % des vitraux mondiaux ! »

 

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