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L’outil informatique, facilitateur de l’enregistrement

12 mars 2009

Comment optimiser la gestion des informations sur les exploitations ? Cette question connaît une indéniable actualité face à la « paperasse administrative » qui risque de s’amonceler sur le bureau de l’agriculteur, confronté à des obligations d’enregistrement de plus en plus nombreuses. Comment sécuriser les déclarations, qui représentent souvent des enjeux financiers importants ? Comment les simplifier pour qu’elles ne deviennent pas une tâche trop lourde ? Comment les optimiser pour qu’elles servent aussi à améliorer la gestion des exploitations ? Dans ce contexte, il est clair que l’outil informatique va jouer un rôle essentiel. De par sa nature, il colle parfaitement à la répétition d’informations dormantes ou récurrentes, comme le nom de parcelles par exemple, appelées à être citées maintes et maintes fois. Même chose pour la récupération de référentiels sur supports numériques. Beaucoup d’organismes se sont saisis de la question et certains ont déjà lancé des initiatives. Car, derrière, il y a des services à rendre, des prestations à facturer, des positions à prendre. Les CER 16 et 17, la Chambre d’agriculture 17, Isagri et le CDER informatique présentent leurs solutions.

Tracer, la solution d’accompagnement des CER

Conçu par l’éditeur de logiciels Arcade conseil et adopté par les quatre CER de Poitou-Charentes, Tracer se décline aujourd’hui sous deux formes, une base papier, semblable au « carnet de plaine », et une forme informatique qui, à terme, risque fort d’être la manière la plus usitée d’enregistrer ses pratiques. Objectif : garder en mémoire les interventions par date, parcelle, doses utilisées… Doté d’une extension viticole et des référentiels idoines, Tracer couvre toute la traçabilité de l’exploitation, des céréales à la vigne (production végétale, hors animaux). Derrière Tracer, une gamme plus élaborée (celle du logiciel Plain ciel) embrasse calcul de marge, déclaration PAC, cartographie, plan prévisionnel de fumure… Si Tracer, en tant que logiciel d’enregistrement, ne permet pas d’éditer la déclaration PAC, les assolements de Tracer peuvent être basculés dans la version Plain Ciel. En viticole, Tracer s’arrête à ce jour à la vigne. Les équipes travaillent au développement d’une nouvelle version, pour aller très rapidement jusqu’au chai, afin de prendre en compte les démarches qualité, normes HACCP et autres.

En terme d’offre commerciale, Tracer se positionne de la manière suivante : le logiciel (sur support CD) est remis gratuitement aux utilisateurs, qui peuvent le tester pendant un mois. Par contre, à cette échéance, la participation à une journée de formation est la condition sine qua non pour « débrider » le logiciel. Coût de la journée : 100 euros. A l’issue de cette journée, les participants repartent avec le CD paramétré aux couleurs de leurs exploitations, avec prise en compte de l’ensemble des parcelles, terres comme vignes (transfert de fichier DDA, saisie des données du casier viticole, apporté par les viticulteurs…). Le CD est équipé de référentiels spécifiques aux différentes filières, céréale et vigne. Les mises à jour s’opéreront gratuitement (au coût de la communication téléphonique), à condition de transiter par internet. C’est pourquoi il est demandé aux agriculteurs de venir avec leur unité centrale (installation du portail Cernet gratuite si réalisée le jour de la formation). Restera à la charge des clients le coût du modem. En dehors de ces formations de groupe, l’accès à Tracer est possible mais au coût des prestations individuelles. Le module viticole ajouté à Tracer fera l’objet d’une tarification.

Chambre d’agriculture 17 : un appui adapté à chaque situation

Didier Gauchet, directeur de la Chambre d’agriculture 17, parle de l’offre Chambre comme d’un « couteau suisse », un couteau à plusieurs lames. L’image vaut aussi bien pour l’éventail de possibilités offertes par l’outil que pour l’offre commerciale en elle-même. A la recherche du logiciel le plus adapté à l’enregistrement des informations, l’organisme consulaire a semble-t-il retenu Plain Ciel, le logiciel d’Arcade conseil. Logiciel basé au départ sur l’utilisation du sol, « vous mettez ce que vous voulez dedans » affirme D. Gauchet. Tout dépendra du paramétrage. « Rien n’empêcherait de faire un référentiel Viticulture rouge des coteaux de Gémozac. » Pour la campagne à venir, la Chambre propose trois formules : une première formule consiste à remplir à la main des carnets d’enregistrement fournis par la Chambre qui les ressaisit tous les mois et retourne les documents papiers nécessaires au respect des différents règlements ainsi que des valorisations plus techniques. Formule facturée aux environs de 225 euros par an. Une formule plus autonome, s’adressant aux agriculteurs équipés d’ordinateurs, consiste à saisir les données sur un masque de saisie et à les renvoyer via internet. En retour, réception des documents nécessaires au respect des différentes obligations. Cette formule pourrait être facturée aux environs de 150 euros par an. Pour ceux qui veulent s’équiper individuellement, la Chambre propose un appui pour le choix du logiciel le plus adapté à l’exploitation ainsi qu’un échange de données, afin de bénéficier du traitement de la base des données départementales. Investissement pour le logiciel d’environ 2 300 euros et maintenance annuelle de 450 euros.

Isagri : une traçabilité jusqu’au chai

Isavignoble, Isacuve, Isavigne… Adossé à I’ISAB, l’Institut supérieur d’agriculture de Beauvais, Isagri développe depuis 20 ans des logiciels agricoles. En matière d’enregistrements, son logiciel de base s’appelle Isamarge, logiciel de gestion de parcelles qui possède les modules nécessaires à l’établissement des documents administratifs, en grande culture comme en vigne (déclaration PAC, etc.). Pour les exploitations plus spécialisées vignes cependant, Isavignoble permet de renseigner davantage les paramètres viticoles (densité, écartements, porte-greffes…). Isamarge comme Isavignoble se déclinent en trois niveaux – Tutor, niveau 1, niveau 2 – selon la plage de renseignements qu’ils offrent. Tutor, module de base, permet d’enregistrer l’ensemble des travaux effectués, le temps passé, les produits utilsés… Le niveau 1 renseigne sur le coût des interventions et permet d’aller jusqu’au calcul de la marge tandis que le niveau 2 intègre des données comme les temps de travaux, les investissements et les stocks (produits phytosanitaires, engrais…). A partir de cette base de données, Isagri propose une édition de documents à la carte (HACCP, cahier des charges, environnement…), à partir de paramétrages spécifiques. Pour ce faire, il s’inspire du système de générateur d’états appliqué dans le domaine de la gestion commerciale. Dans les faits, très rares sont les demandes d’édition de documents qui relèvent d’une démarche proprement individuelle. Elles résultent presque toujours d’un groupe de personnes, même restreint. Au chai, la « solution Isagri » repose sur Isacuve, un logiciel de traçabilité du vin. Isacuve va permettre de noter le numéro de lot, enregistrer les pratiques au chai, établir le lien entre la parcelle d’origine (Isavignoble) et la cuve ou le pressoir, suivre les mouvements, retracer l’historique d’une cuve ou d’une barrique… L’extension au Cognac et au Pineau a fait l’objet d’une adaptation locale, pour travailler en AP, avoir la faculté de rentrer les liquides de forts degrés… La gestion commerciale quant à elle sera du ressort d’Isavigne, le logiciel qui gère les stocks, les documents douaniers… Isacuve en est à sa troisième année de vie tandis qu’Isamarge et Isavignoble ont vu le jour il y a une quinzaine d’années. Hors formation, le coût des logiciels Isamarge comme Isavignoble s’élève de 720 euros à 1 520 euros selon les niveaux, la gestion de cuverie Isacuve de 1 200 euros à 1 520 euros selon qu’il s’agisse du niveau 1 ou 2. A ces prix « secs » doivent tout de même s’ajouter celui de la formation, sinon obligatoire, du moins fortement conseillée. Comprise entre une et trois demi-journées chez l’utilisateur, elle va être l’occasion d’effectuer le travail de paramétrage, en concert avec la personne, censée pouvoir faire son propre paramétrage par la suite. Le client Isagri se voit également proposer un service de maintenance mensuelle qui comprend deux volets : une assistance téléphonique par des techniciens spécialisés et l’assurance de disposer toujours de la dernière version.

CDER informatique : le « plus » de la cartographie

Visualiser la parcelle, pouvoir localiser l’information, matérialiser les interventions par des codes couleurs ou autres… Le CDER informatique considère l’infographie comme un moyen essentiel pour raisonner la gestion de son exploitation. C’est pourquoi tous les noms de ses logiciels sont suivis du suffixe map, map signifiant carte : Agrimap, Vitimap, Saisiemap… Sur une base commune, tous ces outils permettent la collecte de l’information, son traitement en interne sur l’exploitation (à des fins technico-économiques et/ou d’obligations réglementaires) et son éventuelle transmission à des tiers (coopérative, négociant…). La spécificité de la société informatique basée en Champagne, à Chalons-en-Champagne mais disposant d’un siège à Bordeaux, est d’inclure dans ses logiciels une base cartographique. Ce « géoréférencement de l’information » sous-entend bien sûr d’avoir réalisé au préalable un relevé des parcelles, soit par reprise des plans IGN, dessin des parcelles, numérisation cadastrale, relevé GPS, relevé de géomètres, photos aériennes… Ce travail engendre forcément un coup, qui trouve sa contrepartie dans le fait de pouvoir cliquer sur la parcelle pour faire apparaître la fiche. Vitimap, la déclinaison viticole d’Agrimap, va servir à enregistrer les itinéraires culturaux, noter ce qui a été fait ou ce qu’il est prévu de faire. Ces notations peuvent être gérées par un Palm ou un pocket PC, grâce à un module « saisie au vignoble ». A côté de la partie viticole, Vitimap contient une partie chai, Viticave pour le suivi des lots de vins, de la vendange jusqu’à la mise en bouteille (ou la distillation) : contenu des cuves, suivi des actions, possibilité d’y associer les analyses réalisées… Un logiciel simplifié, Saisiemap, s’arrête à l’enregistrement des informations à la parcelle. On peut le paramétrer en fonction des cahiers des charges ou des référentiels existant (agriculture raisonnée, terra-vitis…). En terme de tarification, Saisiemap coûte 130 euros d’abonnement annuel, comprenant la mise à disposition du produit et l’assistance. Le prix de Vitimap s’étend de 650 euros au triple, en fonction des modules. Ces tarifs n’incluent pas la formation, d’une demi-journée pour Saisiemap à une journée et demie à trois jours pour Vitimap.

Ordinateurs de poche : Des champs au bureau

Connectables à l’ordinateur de bureau, les agendas électroniques, Palm ou Pocket PC se développent à vitesse V. En agriculture, ils permettent l’enregistrement des données « au champ ». Leur technologie est en perpétuelle évolution depuis 1995.

Au départ, il y avait les Palm, du nom de cette société anglaise, pionnière dans la technologie des ordinateurs de poche, ces « organizers » qui avait pour finalité de renvoyer au rayon des vieilleries les agendas papier. Pari réussi : tous les « managers » en possèdent. Et puis est venu le pocket PC de Microsoft, preuve que le marché s’annonçait juteux. Dorénavant, les deux technologies s’affrontent, Palm d’un côté (sous système d’exploitation H.P), et Pockets PC de l’autre (sous système d’exploitation Windows). Les deux sont à usage de poche – petit format, tenant dans le creux de la main – et permettent à peu près la même chose : rentrer les informations (quantité d’engrais, dose de produit phyto, date d’intervention, état de la vendange…) là où l’on se trouve (à la parcelle, au chai…) et, surtout, ne pas avoir la peine de les ressaisir une seconde fois sur l’ordinateur. Le transfert des données de l’ordinateur de poche vers l’ordinateur de bureau se fait automatiquement par un système de synchronisation. Il suffit de poser son agenda électronique sur un socle conçu à cet effet pour assister au chargement instantané des données et leur incrustation dans le programme ad hoc, grâce à un logiciel de saisie. Cette échange de données peut se faire le jour même ou quinze jours plus tard et fonctionne dans les deux sens. L’ordinateur de poche récupère l’historique de la parcelle, sur une durée plus ou moins longue.

Pour saisir les informations sur l’ordinateur de poche, on aura recours soit à un mode graffiti (une écriture un peu particulière) soit au clavier, actionné à l’aide d’un petit stylet. Le Palm ou Pocket PC peuvent s’agrémenter d’un système GPS pour le géoréférencement des parcelles.

Le prix des ordinateurs de poche (et leurs logiciels de saisie) s’étendent de 120 e (700-800 F) à 1 520 e (10 000 F et plus), avec un cœur de gamme autour de 460 e (3 000 F). Leur solidité ? On dit qu’elle ne dépasse pas celle d’un téléphone portable tombant dans la fosse à vendange.

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