L’espoir et les inquiétudes du cycle végétatif 2017

29 juin 2017

La situation du vignoble deux mois après les matinées gel de la fin avril alterne du beau, de l’espoir et aussi de grosses inquiétudes. L’évaluation des surfaces gelées s’est affinée au fil des semaines et il paraît juste de considérer que 50 % des surfaces de la région délimitée sont touchées avec un gradient de dégâts variable. La proportion de parcelle gelée à plus de 80 % concerne probablement 20 000 ha et 15 000 ha supplémentaires sont affectées entre 30 et 70 %. Il est donc probable que les pertes de récolte seront  importantes mais pour l’instant, elles restent difficiles à apprécier de façon juste.

      Le redémarrage du cycle végétatif dans toutes les zones gelées s’est fait attendre en raison d’une climatologie très fraîche jusqu’au 15, 20 mai. Dans les vignes les plus fortement gelées, la seconde sortie a été très hétérogène selon les parcelles, avec parfois, un redémarrage plutôt homogène et aussi des niveaux de repousse faibles et irréguliers. Dans les mauvaises situations, l’état végétatif de certaines souches à la mi-juin révèle une présence rare d’inflorescences et souvent des absences de sortie sur des lattes entières ou des bras de ceps. Des plantations de première et deuxième feuilles semblent également touchées par des niveaux des mortalités élevés. L’espérance de production dans ce type de vignes semble maigre.

       À l’inverse, d’autres parcelles ont beaucoup mieux réagi avec une sortie de rameaux porteuse d’une charge d’inflorescences plus fortes (6 à 8 inflorescences par ceps) ce qui laisse augurer d’un potentiel de récolte meilleur. Les raisons de telles différences de comportement entre les parcelles semblent diverses et difficiles à analyser. Les niveaux de températures plus ou moins bas, le contexte pédo-climatique de chaque site, le taux de destruction de contre-bourgeons, l’état d’avancement du cycle végétatif au moment du gel, la date de taille des parcelles, leur charge de raisins en 2016, leur niveau de souffrance durant la sécheresse l’été dernier, l’état du stock de réserves, la succession de sinistres de gel et de grêle depuis quelques années….  ont sûrement eu une influence sur la capacité de réaction des souches au « coup de froid » du printemps 2017.

      La situation des parcelles partiellement gelées est également préoccupante. Les parties hautes des rangs semblent peu gelées alors que les fractions basses sont souvent fortement touchées. Dans des parcelles bien « enrhumées », des rameaux épargnés vigoureux avec des grappes au stade grains de pois côtoient des repousses nettement moins développées porteuses d’inflorescences rares et souvent petites. Un tel décalage des stades végétatif pose des problèmes pour la réalisation des travaux de palissage et pour le déroulement de tout le cycle végétatif jusqu’aux vendanges. La floraison des grappes de deuxième génération devrait intervenir durant la deuxième quinzaine de juin à une période finalement pas trop tardive. On peut espérer que le pouvoir de compensation naturel des souches permettra de lisser une partie de l’hétérogénéité des stades végétatif au cours de l’été.

 

      Dans les zones épargnées par le gel, les vignes se sont globalement bien développées malgré quelques phénomènes de filage durant la première quinzaine de mai. Ensuite, la très belle période de beau temps ponctuée de quelques précipitations a accéléré la croissance végétative. La floraison s’est déroulée dans d’excellentes conditions climatologiques. Elle s’est terminée dans les ugni blanc à la mi-juin ce qui laisse augurer de vendanges plutôt précoces. La charge de jeunes grappes semblent être correcte mais pas non plus extrêmement abondante. Par contre, leur structure bien charpentée avec des ailes amples et porteuses de nombreuses petites baies est encourageante. Actuellement , le cycle végétatif présente une bonne homogénéité et une précocité de 10 jours par rapport à la valeur moyenne des 15 dernières années. Le potentiel de récolte dans les vignes non gelées s’annonce donc intéressant.

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